Rugby Pro D2 - La réponse de Jean-Marc Séguin
Rugby - Après que le comité d’administration de l’US Bressane ait tenté de l’écarter la semaine dernière
Jean-Marc Séguin réplique

Le co-président de l’US Bressane, Jean-Marc Séguin, s’est livré aux journalistes ce week-end.
Quelle est votre vision sur les événements de la semaine?
- Il s’est passé beaucoup de choses dans la semaine. Je ne me suis pas exprimé. J’ai voulu prendre le temps de la réflexion. Aujourd’hui, le club est en danger. Je me dois de réagir mais aussi d’appeler à la sérénité, au calme et au rassemblement. Je suis co-président de ce club depuis 3 ans en charge du sportif. Il est donc de ma responsabilité seule de m’occuper du secteur sportif et Philippe Duc s’occupe du financier, même si l’on est amené à croiser nos réflexions. Cette année, je n’ai pas travaillé tout seul mais avec une commission composée de trois membres du comité directeur et le manager général. Nous avons rencontré des entraîneurs. Parmi ceux-ci, il y a la piste Eric Catinot. Nous nous rencontrons deux fois, trois fois… L’avantage de Catinot, c’est qu’il est un bâtisseur. Lui, étant spécialiste des lignes arrières, il était d’accord pour travailler avec un pur Bressan, Franck Maréchal. Nous avions un binôme extraordinaire. Cela a été remis en cause.
Pourquoi prenez-vous la parole si tard?
- J’interviens car j’ai l’impression que l’on voudrait me faire porter l’irresponsabilité financière. Je ne suis pas responsable du financier. Je peux comprendre que l’on ait plus envie de piloter à vue - et je partage cet avis -. Mais il faut savoir que la piste Catinot - Maréchal coûterait moins cher que la solution Thubert avec son staff. Il n’y a pas un co-président responsable et l’autre irresponsable. Personne n’a de monopole. Je n’ai pas le monopole du cœur et il n’y a pas le monopôle de l’ingénierie de l’autre.
Que s’est-il passé concrètement?
- Vincent Frédière, que j’ai fais venir - ce que je ne regrette pas - est entré dans la danse. Il connait bien son métier. Il a presque fait tripler le budget de la communication. Mais Vincent a un défaut, c’est qu’il veut intervenir sur le sportif. Il ne veut pas rester dans son rôle de collecteur de fond. Et comme lui ne peut pas voir Eric Catinot car celui-ci l’a viré d’Oyonnax. Du coup, certains fomentent un coup d’Etat, ils annoncent qu’ils vont prêter 200 000 euros e que cela autorise Vincent Frédière à poser le diktat de l’entraîneur. Mardi au comité directeur, Philippe Duc annonce qu’il veut être seul président, qu’il a trouvé une solution financière et que la piste Catinot est balayé d’un revers de main, qu’il faut prendre contact avec Thubert. Les mêmes qui levaient leur verre le jeudi précédent dans un restaurant avec Eric Catinot pour lui souhaiter la bienvenue le « fusillait » quatre jours après. Ces gens là n’ont pas l’esprit rugby.
Comment vous sentez-vous?
- On m’a sali. J’ai donné depuis neuf ans beaucoup de mon temps, de mon argent. J’ai donné d’ailleurs, pas prêté (plus de 200 000 euros pendant ses années de co-présidence ndlr). Et je ne pensais pas être écarté de cette manière. Ce qui me fait le plus pitié, c’est que l’on a oublié les joueurs, l’entraîneur, les sponsors et ces centaines de supporters qui font des efforts pour venir au stade à l’heure actuelle. Certains se sont comportés comme les membres d’un petit Rotary mais l’USB n’est pas un jouet. L’USB a 105 ans. Je veux défendre ce club. Je dois dire que j’ai eu un soutien énorme. Je suis moralement atteint. Je vais prendre le temps de la réflexion. Certains supporters et dirigeants demandent une assemblée générale extraordinaire du club. La solution qui nous est proposée nous mène dans le mur. Je n’imagine pas que Franck Maréchal et sa filière de jeunes nous quittent, que les sponsors ne nous suivent plus, que les joueurs soient résignés. J’ai peur que le club soit détruit. Je n’en veux à personne car je sais que Philippe Duc aime aussi ce club. Mais ils n’ont pas mesuré l’ampleur du mal. Il faut calmer le jeu.
Etes-vous toujours dirigeant de l’US Bressane?
- La situation du comité de direction de mardi soir (21 avril, ndlr) est ubuesque. Les associations ont un statut. Mardi, il n’a pas été respecté. Ainsi, je considère que je suis toujours le co-président de l’US Bressane. Je n’ai pas envoyé de lettre de démission… Je suis sorti de la salle, j’ai pris du recul car j’avais beaucoup d’émotion mais je suis toujours co-président et je voulais donner ma vérité.
Que va t-il se passer maintenant?
- Il faut sauver ce qui peut l’être. Je vais suivre l’équipe. Pour ce qui est de la situation de l’entraîneur. Je ne m’en occupe plus. Philippe Duc se considère comme le seul patron alors qu’il ne l’est pas. C’est une situation de blocage. La seule façon de s’en sortir c’est de convoquer une assemblée générale extraordinaire car nous sommes encore sous statut d’association et pas encore de SASP.
S’il fallait repartir à la présidence après une assemblée, le feriez-vous?
- Aujourd’hui, je n’en sais rien. Ce que je sais, c’est que beaucoup de personnes, sponsors, joueurs et politiques m’ont adressé des messages de soutien. Je ne pensais pas avoir un tel capital sympathie. Je pense que si je montais une liste avec de vrais Bressans, nous passerions à 90%.
Développement jeudi dans Voix de l’Ain
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