SAINT-JUST - Un village protohistorique découvert
« C’est un chantier archéologique important qui va nous apporter des connaissances sur cette période pour la région », explique Audrey Pranyies, archéologue, responsable de l’opération. Et c’est la taille du site - 2,6 hectares - qui lui confère une telle importance par rapport à ceux déjà découverts dans la région lyonnaise.« On ne s’attendait pas à quelque chose d’aussi important. Nous avons ici une partie d’un petit village ! », ajoute Lionel Orengo, directeur de l’agence Rhône-Alpes Archeodunum, en charge du chantier. Deux mois et demi durant, une petite dizaine de spécialistes a travaillé sur le chantier situé au lieu-dit Chantelarde à Saint-Just. Des diagnostics ont été effectués pendant les travaux sur la rocade Nord-Est de Bourg-en-Bresse. Des traces intéressantes ont été trouvées. Et les archéologues ont eu la surprise de découvrir un nombre important de bâtiments : des vestiges de l’âge de bronze et de fer (entre 1350 et 700 avant JC) et plus précisément ici des vestiges datant de 950 à 700 avant notre ère.Organisation socialeDe cette période, les archéologues connaissent mieux les sépultures que les habitations. Et notamment celles des notables, puisqu’elles contenaient des matériaux qui se conservent (bronze, fer). Les habitations à l’époque étaient surtout construites en bois, en torchis, en pisé, parfois avec des colombages, avec du chaume. Des matériaux qui résistent mal aux assauts du temps. Or le site de Chantelarde a la particularité de présenter de nombreuses traces de bâtiments : des trous dans lesquels étaient insérés les piliers en bois qui soutenaient les constructions. Il est en réalité plus étendu que les 2,6 hectares qui ont été étudiés. Mais grâce à cette parcelle déjà importante, Lionel Orengo aimerait comprendre l’organisation sociale des villages. « Comprendre l’articulation des bâtiments les uns par rapport aux autres, voir s’il y a une cohérence ou si les choses se font de manière spontanée. J’espère que nous arriverons à faire la transition de la fin de l’âge du bronze au début de l’âge du fer ». Une fois le chantier archéologique arrêté, les spécialistes vont continuer à travailler pendant environ six à sept mois. À l’issue de cette période, « nous pourrons écrire une histoire, contextualiser ce que l’on a trouvé. »Un fourLes chercheurs ont également trouvé une grande quantité de pièces de céramique : anneaux en terre cuite, lissoirs en pierre, rebuts de cuisson, petites pièces de vases. Or celles-ci, par leurs formes et la manière dont elles sont fabriquées, permettent de dater un site. « La plupart du temps, ce que nous trouvons dans ces fosses, ce sont les poubelles. Elles nous apprennent le nombre de personnes qui vivaient dans la maison, ce qu’elles mangeaient, leur position dans la société », commente Audrey Pranyies. Avant de servir à stocker les déchets, ces fosses avaient une autre utilisation. Elles ont pu, par exemple, être créées pour récupérer de la terre qui a ensuite été travaillée et cuite afin de fabriquer des récipients. « L’une des plus belles découvertes du chantier en terme de conservation est un four », précise la jeune femme. Le site en compte plusieurs qui n’ont pas tous la même fonction ni le même fonctionnement. L’un d’eux est particulièrement en bon état, il s’agit d’un four artisanal possédant une chambre de chauffe qui repose sur une sole en terre cuite perforée, et une voûte en argile. Les spécialistes supposent qu’il servait à cuire les vases. « Nous commençons à avoir des éléments qui nous confirment la production de vases en céramique sur le site : des fours, des ratés de cuisson, des éléments servant de support », souligne Audrey Pranyies.Caroline Guérin


ain-blog
Laisser un commentaire