Nous sommes vendredi soir, exactement 17:41. Le train vient à peine de quitter la gare de Lyon Perrache. Car eh oui, vous en conviendrez chers amis, je suis encore dans un train! D’ailleurs, pour le moment, rien à signaler de ce côté. La SNCF, ter ou tgv, c’est avec moi une grande histoire. Non d’amour. Avançons plutôt le terme « détestable ». Peut-être bien que cela pourrait être un autre billet d’humeur. A prendre en note certes. Mais pour le moment, alors que tout le monde pointe son nez dans les « gratuits » distribués un peu plus tôt (comprenez « les journaux gratuits », je vous propose de faire un point sur mes engagements dans l’association « Empi et Riaume » et le journal Drôme Hebdo. C’est un fait : je suis administrateur du groupe d’arts et traditions populaires et je couvre pour le journal d’Empi et Riaume les événements d’Empi et Riaume. Y aurait-il conflits d’intérêts ou manque d’objectivité? C’est souvent ce que l’on me reproche. Alors, à l’approche de leur fameux gala qui se déroulera ce week-end, je vous propose ma version.
Vous en conviendrez, la limite entre publicité gratuite peut être mince. Pourquoi alors continuer de prendre le risque de ne pas franchir cette limite? Tout simplement parce que la presse locale n’est pas là pour « casser les gens ». Je soutenais d’ailleurs un mémoire sur le sujet en septembre dernier (81 pages ou le traitement de l’information locale dans le journal Drôme Hebdo). Alain Besson dans son ouvrage « la presse locale en liberté surveillée » montrait du doigt cette « information déguisée ». En d’autres termes, la presse locale n’est pas là pour prendre réellement position contre une institution. La seule chose à retenir véritablement de cette information est qu’elle rend compte de « l’extraordinaire parmi les banalités de la vie quotidienne » et qu’elle se doit de proposer des informations utiles. Et dans ses colonnes, le journal Drôme Hebdo relate et explique toutes sortes de sujets mais ne prend position que lorsque cela est nécessaire et surtout justifié. L’exemple que l’on m’avait donné un jour est celui-ci : on ne peut se permettre de critiquer un petit événement, qui sera peut-être inintéressant : en revanche, il faut davantage penser au travail des bénévoles qui ont du trimer pour l’organiser. Par respect pour l’événement donc et leurs organisateurs, le journaliste va en quelque sorte s’autocensurer. Alors, au final, que ce soit moi ou quelqu’un d’autre. On dira toujours des choses « bien » sur « Empi et Riaume ». Mais il n’y a pas que cela. Voyez plutôt la suite. Après les théories, je vous propose la pratique…
Je suis entré en 1993 dans ce groupe, un certain mercredi du mois de septembre. Danseur puis musicien, petits-moyens-adultes, j’ai grandi avec cette sauvegarde du patrimoine, les valeurs du groupe ainsi qu’avec l’enrichissement des multiples rencontres durant voyages et sorties. Mieux encore, j’ai validé le « niveau 1 » de l’Union des Groupes d’Arts et Traditions Populaires (UNGTP). Vous vous fichez peut-être totalement de ce début de paragraphe. Mais vous allez comprendre où je veux en venir : en 17 ans de folklore, je pense être une de ces personnes qui reste des plus qualifiées et compétente pour relater et traiter ce sujet. Car c’est ce point là qu’il faut tout d’abord prendre en considération lors de la couverture de l’événement. Cette expérience se révèle dans les articles pour le plus grand plaisir du lecteur et c’est ceci qu’il faut prendre en compte en premier lieu. Ne croyez-vous pas ? De plus, en tant qu’administrateur, je vais regarder les articles de mes confrères journaleux. Je vais regarder les aspects traités, et parfois, m’aventurer sur d’autres angles, pour une information diversifiée.
Vous pensez bien entendu aux scoops potentiels… Bien sûr qu’il y en a. Drôme Hebdo en a mais aussi les autres journaux, citons les : Le Dauphiné Libéré ou l’Impartial de la Drôme. Là encore pour cette diversité, mais aussi et surtout pour ne pas (trop?) profiter de la situation. Chaque journal devrait avoir accès à l’information de la même façon. En agissant de cette manière, je ne prive ainsi personne de rien.
Ah si c’est facile pour lui devez-vous penser… Pas si simple. Car être dans le groupe « Empi et Riaume », c’est aussi savoir se taire, même si l’envie de crier haut et fort ce qui se passe est certaine. Il y a tant de choses que je dirais… Mais non, c’est le principe même de la presse locale qui me l’interdit. Mais à ce moment-là, c’est entre les lignes qu’il faut savoir lire. Car lorsque je n’adhère pas, je m’efforce tout de même à un clin d’oeil subtil.
Alors ce week-end, je serais sur scène, assis au milieu des musiciens, caché derrière mon accordéon. La semaine prochaine, vous aurez beau parcourir les pages du journal, vous n’en trouverez mention quelque part. Quoique peut-être, s’il se passe des choses intéressantes. Ce week-end, nous serons tous à pied d’égalité, avec peut-être un petit désavantage me concernant. Comment vais-je pouvoir, tout en étant sur scène, prendre la fameuse photo?
Aurélien Tournier (toujours dans le train, il est 18:21. Le train ralentit. Nous ne sommes qu’en gare de Saint-Rambert-d’Albon).
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