La traditionnelle foire s’est déroulée dimanche : Au paradis des fleurs

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C’est tout un village qui s’est mis en émoi ce dimanche 1er mai à l’occasion de la 27ème foire aux fleurs. Tôt le matin déjà, une centaine de bénévoles se pressait pour les derniers préparatifs. À 11 heures, ils étaient rejoints par tous les enfants du village pour le traditionnel lâcher de ballons, marquant officiellement le début des festivités. Comme toujours, cette foire aux fleurs a fait ses heureux, notamment les jardiniers en quête d’idées nouvelles pour décorer terrasses et jardins.

Outre les floralies, on retrouvait à travers les allées des artisans aux savoir-faire incontestables ainsi que des viticulteurs locaux. Le fruit de la vigne se retrouvait alors dans le verre, à l’instar de ces producteurs de clairettes de Barsac. Mais on était là avant tout pour les fleurs et les nombreuses variétés proposées. C’est que la foire aux fleurs de Granges-lès-Beaumont, c’est une référence! Le jeune horticulteur Rémy Florentin n’en démord pas “Il y avait beaucoup de monde. La journée fut intense et la notoriété de l’événement a une nouvelle fois fait ses preuves”. Pourvu que ça dure!

A. TOURNIER

Le jeune horticulteur Rémy FlorentinArticle paru dans Drôme Hebdo – Édition du 05 mai 2011

Le festival “Couleur jazz” a eu lieu samedi : Ça a envoyé du lourd!

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Génissieux, le 23 avril 2011. Le temps ne présageait rien de bon, mais pourtant la foule était bien présente pour ce deuxième rendez-vous, jusqu’à atteindre le nombre des 200 personnes pour le concert de clôture! Cela a commencé aux environs de 16 heures, les groupes se succédant tour à tour. De jolis préambules avant les pointures régionales de la soirée. Et tandis que le Cri de la hyène avec son jazz un peu olé olé ou encore la famille Laurent au complet et son jazz manouche monopolisaient toutes les attentions, des artistes présentaient leurs œuvres dans une salle attenante. Certaines avaient un lien direct avec la musique, d’autres non mais les organisateurs tenaient justement à cette diversité. Parmi elle, l’artiste locale Valérie Normand présentait ses toiles. L’art n’était point la musique mais l’élégance. Colorées, ces créations respiraient les couleurs et la fraîcheur.

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Mais peinture et jazz sont au final intimement liés. Tout est question d’inspiration et d’audace : il faut se lancer tout simplement, sans aprioris et sans craintes. Le jazz, tu le sens, tu le vis, on l’a bien compris! Sur scène, un frisotté au saxo, un jeunot à la guitare ou encore un chauve à la contrebasse. Il faut de tout pour faire un monde. Et il faut le reconnaître, il est plutôt bien fait! Au fil des morceaux joués, chacun prend part à un trip commun. Le piano posent par ses accords plaqués l’univers dans lequel ses compères opèrent et avancent. Et à tour de rôle, chacun offre de belles improvisations. Les prouesses sont saluées par le public, connaisseur. Tous se lâchent, en témoignent leurs expressions. On nous emmène loin, très loin. Et quel plaisir! Cela se lit sur les visages. Pour autant, le spectateur n’y est pas étranger. Non, c’est une bulle où l’on nous invite à pénétrer avec humilité et générosité. Et quand ils partent dans leurs délires, on est bien loin d’imaginer comment ils vont revenir. Casquette, chemise, jean et converse, le look à toute épreuve. À chacun, on leur reconnaît une grande dose de talents. Sur scène, Benoît le jeune prodige était venu rejoindre ses aînés. Son regard témoignait envers eux d’un immense respect. Mais toi aussi tu étais un véritable chef!
La fin peut être en apothéose comme dans la plus grande simplicité. Dans tous les cas, les couleurs musicales ne laissent indifférents et reflètent un véritable enchantement. Dans cette ambiance tamisée et nuancée, les jeux de doigts ont offert une bonne dose d’évasion et de sentiments. Des compo’ et des reprises, toutes étaient le fruit d’une belle complicité. Et quand on croit que c’est la fin, voilà que cela repart de plus belle. Quand soudain, claquement de doigts et tout s’arrête. Respect.

A. TOURNIER

Une foire aux fleurs à Granges-lès-Beaumont le 1er mai

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Affiche 2011

Le comité des fêtes de la commune organise sa traditionnelle foire aux fleurs. A l’occasion de cette 27ème édition, près de 150 exposants sont d’ores et déjà attendus!

Cette foire aux fleurs, c’est l’occasion de préparer ses plantations qui décoreront dans les semaines à venir les terrasses et jardins. Chaque année, l’événement attire de nombreuses personnes de la Drôme, comme de l’Ardèche.

Toute la journée, de nombreuses animations associatives et musicales sont également à découvrir (lâcher de ballons à 11 heures, sculptures sur bois dans l’après-midi, etc).

Romans : deux « Cyclo’butineurs » vont parcourir près de 20 pays

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Mardi 15 février à 9 heures précises, deux passionnés de vélo couché s’élanceront sur les pistes cyclables européennes et méditerranéennes. Un périple à la force des mollets sur des chemins où le vélo est roi. Le départ est un prévu en deux temps : un à Romans, un autre à Challes-les-Eaux (région de Chambéry), avant d’arriver en Suisse. Ils emprunteront alors l’EuroVelo6, cette véloroute européenne reliant Nantes à la Mer Noire. Sachez-le, on l’appelle aussi la véloroute des fleuves. Puis direction l’Ukraine, la Syrie, la Tunisie, l’Algérie, le Maroc et l’Espagne. Au total, ce seront près de 20 pays traversés. Un projet « généreux et génial » nous rapporte Jean-David Abel, l’adjoint délégué à l’urbanisme et au développement durable. Un voyage qui parait fou, mais pensé depuis déjà quelques années. Une promenade que vivront deux jeunes, mais une expérience enrichissante qui sera partagée.

Qui sont-ils ? Régis Oriol et Pauline Vandromme, alias les Cyclo’butineurs. Agés de 27 et 28 ans, tous deux étaient étudiants à l’Université de Savoie. Le jeune homme est Romanais, sa compagne est de Challes-les-Eaux. Lui est accompagnateur en montagne et intéressé par l’apiculture. Elle est médiatrice scientifique et aime ainsi vulgariser ce monde qui paraît si compliqué. Musicienne, sa flûte traversière sera aussi de l’expédition. Tous deux ont le goût du voyage : l’ingrédient essentiel avant de se lancer dans une telle traversée.

Mais ils ne partiront pas seuls dans l’aventure. Il seront tout d’abord accompagnés d’Ernest et Célestine, leurs deux vélos couchés. « C’est notre mode de transport quotidien. Mais nous utilisons parfois la voiture, notamment lorsque nous allons parfois dormir en montagne. Le vélo couché, c’est confortable, pratique, facile à réparer et non-polluant. Il suscite aussi la curiosité des personnes qui nous croisent ».

Deux paires d’yeux et quatre jambes, mais pas seulement ! Car ce sont aussi deux classes de primaire qui les suivront tout au long de leur voyage. Apprendre la géographie, découvrir les modes de vie et les savoir-faire du bout du monde, apprendre à concrétiser ses rêves : cela ne se passe pas que dans les livres mais aussi dans la vie réelle. L’une est bien sûr de Challes-les-Eaux, l’autre est la classe de CM1 de la Pierrotte à Romans. Le départ romanais est même fixé dans la cour de celle-ci ! Le voyage à vélo devient alors un véritable programme pédagogique, de la préparation du projet au franchissement de la ligne d’arrivée. Les vélocyclistes rencontreront en effet les enfants avant leur départ, resteront en contact avec eux pendant et témoigneront ensuite de leurs expériences.

50 kilomètres par jour

Et bien d’autres personnes pourront découvrir cette formidable aventure. En effet, la ville de Romans a décidé de soutenir ce projet dans le cadre des « appels à projets citoyens pour le développement durable ». Dès lors, des expositions à la médiathèque, un duplex lors de la semaine du développement durable ou encore une participation à la biennale internationale de la solidarité et des échanges sont envisagés. Est également partie prenante l’entreprise Lafuma d’Anneyron qui a habillé les jeunes voyageurs.

Ils comptent faire au moins cinquante kilomètres par jour, six jours sur sept. Pour le moment, le trajet est estimé à près de 13 000 kilomètres pour une durée d’au moins 260 jours. Mais ce n’est pas la performance qui est ici recherchée. C’est véritablement les rencontres et les échanges qui en découleront. Des échanges, il y en aura puisqu’ils espèrent être hébergés chez les autochtones tout au long de leur trajet. Régis a déjà un contact en Hongrie : il souhaite découvrir avec un apiculteur son mode de vie et son métier. Mais aussi apprendre l’arabe et voir plein d’oiseaux ! Pauline espère quant à elle échanger autour des musiques, découvrir des langues et des savoir-faire agricoles. Une formidable leçon de vie et de partages en tous genres. Leur curiosité est sans limite. Ouvert au monde et à toutes les surprises, des détours seront certainement au programme pour en profiter un maximum et revenir ainsi les mollets bien affûtés et les sacoches pleines de merveilleux souvenirs.

A. TOURNIER

Article paru dans Drôme Hebdo – Edition du 10 février 2011

et également en ligne sur www.drome-hebdo.fr

Les arts et traditions populaires catalanes à Montignac

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Le 30ème festival international de folklore de Montignac (Dordogne) accueillait la semaine dernière des groupes folkloriques venus du monde entier. Parmi eux, la Catalogne et la ville de Perpignan était fièrement représentées par « El Foment de la Sardana ». Ce groupe d’arts et traditions populaires est d’ailleurs labellisé par le CIOFF (Conseil international des organisations de festivals de folklore et d’arts traditionnels), preuve de sa qualité artistique.

Ambassadeur d’un folklore riche et varié, représentatif de multiples provinces de la Catalogne, ce groupe a semble-t-il véritablement conquis le cœur du public. Au programme des 20 ballets, au rythme des castagnettes et tambourins, s’ajoutent des chants interactifs interprétés tour à tour par les enfants et musiciens. Les danses ne sont pas seules représentatives de la beauté et de l’originalité d’un pays. Le langage d’un peuple fait également partie de ses traditions. Quoi de plus expressif que le chant, quand il puise ses origines au plus profond de la verve des poètes catalans… Le spectateur se sent alors submergé d’une certaine émotion et apprécie d’une manière différente la prestation qui lui est proposée.

El Foment de la Sardana

 

 

El Foment de la Sardana – Photo Festival de Montignac

 

 

 

« Fidèle à ses traditions, groupe dynamique, qualité artistique et musicale indéniable. Ils portent haut et fort le drapeau catalan et ils méritent bien leur label ». Tels sont les mots de Bernard Criner, président de ce festival et ancien président du CIOFF France. Les qualificatifs pour désigner ce groupe ne manquent pas. Anne-Marie Ciolfi, l’actuelle présidente de l’organisation, souligne quant à elle « des liens forts qui les unissent depuis déjà plusieurs années, un fort ancrage dans leur paysage local, un orchestre de qualité, un travail chorégraphique poussé et recherché tout en gardant l’esprit traditionnel ». Les années passent mais les traditions perdurent. C’est dire la passion et l’engagement des adhérents de cette association.

Clin d’œil qui mérite d’être cité, la reine du festival 2010, élue parmi toutes les danseuses, était catalane. Comme quoi, la beauté n’est pas que dans la danse…

Jusqu’au 8 août, le groupe de Perpignan « El Foment de la Sardana » est présent au festival international de folklore d’Amélie-les-Bains (Pyrénées-Orientales). Renseignements au 04 68 39 20 76.

Aurélien Tournier

Article paru le jeudi 05 août 2010 sur www.enviedecatalogne.fr

Retour en images sur le 33e festival international de folklore

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Pleins feux sur le patrimoine de nos régions

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Donner un lien entre le passé et le futur en passant par le présent, c’est ce que s’emploient à faire ces jeunes enfants. On entend davantage parler des prestations de leurs aînés. Mais les enfants du groupe “Empi et Riaume sont aussi là et tiennent véritablement à le souligner. Malgré le jeune âge, ils sont les ambassadeurs de témoignages d’antan, garants de toute une authenticité. L’art traditionnel est bien vivant et lors de leur gala de Printemps, ils comptent bien le rappeler! À l’heure de la mondialisation, il est d’un atout majeur que de savoir d’où l’on vient, pour mieux comprendre et se situer dans le monde qui nous entoure.

Aujourd’hui, pour continuer d’exister, il faut se tourner vers d’autres horizons. C’est donc sur fonds de comptines, de saynètes et de Tour de France que s’articuleront ce nouveau spectacle. Une étape entre le Var et la Drôme comme fil rouge, puisque le groupe d’enfants invité n’est autre que « La Farigouleto » de La Garde. Mais attention, on ne fera pas que regarder. En effet, le public prendra lui aussi part à la danse lors d’une initiation. Une initiative couronnée de succès l’an dernier par un public passionné et enthousiaste et qui rendra davantage accessible ces fabuleux trésors d’antan à la portée de tous.
Aurélien Tournier

> Le Dimanche 11 avril 2010. Dès 15 heures à la salle Jean Cocteau. Ne soyez pas en retard, le peloton risquerait de partir sans vous. Entrée gratuite. Rens. au 04 75 02 30 52.

Article paru dans Drôme Hebdo et l’Hebdo de l’Ardèche – éditions du 08 avril 2010

Ça va jazzer au village…

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L’association Arts-Maniac organise pour la première fois son festival « Couleur jazz ». Avec comme tête d’affiche les groupes Miss White & the druken piano et Ziline. Deux univers bien différents mais donnant au public des plaisirs semblables.

Le premier n’est autre qu’un trio formé en 2008. Un tout jeune groupe donc, mais comptant déjà à son actif une bonne cinquantaine de dates, pour un show promettant d’être mature et original pour un public éclectique. Le second résulte d’une belle rencontre musicale, entre une chanteuse Guinéenne et des musiciens Varois. Elle, marie avec subtilité les délices de la langue de Molière avec des sons venus d’Afrique. Les musiciens mêlent les sonorités d’instruments traditionnels tels le sitar indien mais pas de manière traditionnelle. Un savant dosage de notes et d’épices orientale, d’influences indiennes et africaines pimentent les compositions, donnant ainsi un goût universel au travail et au talent des artistes.

Le public n’a plus qu’à se laisser aller et respirer la vie. Fermons les yeux, tapons dans les mains et n’ayons peur d’ouvrir nos cœurs.

Aurélien Tournier
> Le Samedi 10 avril 2010. Dès 17 heures à la salle polyvalente de Génissieux avec des expositions de peintures et sculptures animées de formations musicales. Concert dès 21 heures.

Article paru dans Drôme Hebdo et l’Hebdo de l’Ardèche – éditions du 08 avril 2010

Des milliers de personnes prises en flagrant délire

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Tout a commencé là. Dès 11h près du vieux kiosque, aux sons doux, charmants et entraînants de la pizzika. Une danse italienne invitant à se laisser porter dans un autre univers. La synergie de plusieurs instruments, tel l’accordéon diatonique, le tambourin, la guitare ou plus simplement la voix, ont véritablement donné l’envie aux personnes présentes de se lâcher. Alors, toutes s’étaient mises à danser. D’un côté, les Français s’exerçant à cette noble danse. De l’autre, les trois musiciens de Corsano (de la région de Pouille). Le tempo était rapide, la danse était rythmée. Certes, il y a un pas de base mais facilement perceptible et intuitif. La tarentelle, c’est tout de même une grande part d’improvisation. Tel l’esprit du carnaval, non ?
Non, en fait, c’est pas vraiment là que ça a commencé. Comment dire… c’est plutôt dès le mois de septembre que la pression a commencé à monter. Oui, en fait, le début, c’est plutôt ça. L’objectif de la municipalité était de faire participer les Romanais le plus possible, avec la volonté de ne point présenter « un spectacle ficelé ». Et ces derniers l’ont bien compris. Le carnaval de Romans est un événement à vivre plutôt qu’à voir. Ainsi, depuis 6 mois, certains s’exerçaient aux échasses, à la tarentelle, à la confection de costumes, aux arts de la rue ou encore à celui du maquillage…
Non. En fait, tout a vraiment commencé quand il a dit ça. « Peuple de Romans, de la communauté de communes et de Génissieux réunis, je vous remet les clefs de la ville ». C’est par ces mots, prononcés par le premier magistrat de la ville Henri Bertholet, que tout a vraiment commencé.



Après tout si, ce dont on est sûr, c’est que ça a commencé à Romans. Quand exactement? Cette question importe peu. Ce que l’on retiendra au contraire, c’est l’engouement de la population. C’est ce cocktail de toutes les initiatives qui ont fait le succès de l’événement. Et qui a su donner à la ville, le temps d’une journée, cette ivresse de folie qui semblait couler à flot et contribuer à ce que des milliers de gens oublient leur train-train quotidien et se libèrent totalement.
Tout le monde dans le même panier
Dans les rangs des nombreux carnavaleux (près de 15 000 personnes cette année), le vent de folie était bien présent. Chacun était différent. Il y avait certes ceux qui se mêlaient au groupe, n’ayant participé aux ateliers proposés, et justement ces groupes défendant une certaine identité. On y repérait ainsi des associations telles que Tribalatam et ses tambours, Des balles ton cirque, les écoliers du quartier des Balmes, camouflés en planteurs de bananes qui s’exécutaient sur des airs endiablés du Brésil, les maisons de quartiers de la cité Romanaises déguisés en oiseaux, et bien d’autres encore.
Et puis, il y avait réellement un panier, réalisé par les élèves du lycée horticole de Romans. Au fil des semaines, la structure a pris forme. Pourquoi un panier? Tout simplement parce qu’il n’y a pas meilleur moyen pour symboliser le lien. Et les élèves de 4ème, 3ème et 2nde professionnelle ont réellement pris conscience de son sens lors des longues séances de tissage par exemple, lorsque appliqués, ils ont dû manier bambou et osier. Ce lien, ils l’ont aussi senti lorsqu’ils se sont rapprochés d’autres associations, pour participer ensemble à cet incontournable rendez-vous Romanais.
Multitude d’identités, mélange de genres : à Romans, le carnaval se vit en grand, et parfois en très grand. Depuis 1580, les festivités carnavalesques mettent la ville en émoi et en effervescence. Fort d’un tel succès, les participants redoublent de créativité et d’ingéniosité pour que la fête soit à nouveau une réussite. Camouflés derrière de sublimes masques ou habits de fortune, tout est fait pour que cette journée soit chaleureuse, synonyme de joie et de bonne humeur.


Et outre les personnes défilant à pied, il y avait comme d’habitude les chars réalisés avec beaucoup d’audace et d’imagination, tel l’éléphant monté sur une 2CV. Les marionnettes géantes semblaient venir d’un autre monde. C’étaient notamment elles qui, cette année, menaient cet étrange cortège. Ou comment désigner la dernière promenade du condamné. Comment l’appelle-t-on déjà celui-ci? Le Diable? Méphistophéles. Et celle-ci? Sa femme, la sensuelo-diabolissime Lilith. D’autres suivaient, elles venaient du monde entier, toutes invitées par le Diable et sa diablesse. En fait, c’était l’opposition entre le Nord et le Sud, entre les pays riches et les pays pauvres. Le procureur représentant le Nord (le démon), l’avocat du condamné, le Sud. Chaque géant était accompagné d’une association aux couleurs du pays ou du continent qu’il représentait.
Oui, l’histoire était celle-ci. Sa majesté Méphistophélès et son épouse Lilith ont convié, ce samedi 27 février 2010, les géants du monde à l’infernal jugement de l’épouvantable Caramantran. Autour d’eux, leurs chimères (les échassiers). Suit la cour impartiale, le détestable procureur Polichinelle, et le charitable avocat. Vient enfin le supplicié, montre gigantesque, grotesque et hideux, entravé et en cage. Autour de lui, ses bourreaux l’accusent et scandent les doléances. La lutte s’engage alors entre ceux désireux de le brûler et ceux qui ne veulent pas en faire un bouc émissaire.


Romanais, vos paroles ont compté !   
« Peuples de Romans, des alentours et des ailleurs », « Peuple des avenirs et des passés », vos doléances ne seront pas tombés dans les oreilles d’un sourd. Au contraire! Notre bon vieux Jacquemart, avocat du condamné n’aurait rien pu faire face à tant de reproches. Cette année, vous en avez eu assez d’en avoir plein les bottes, de ces enfants qui n’obéissent pas à leurs parents, du carnaval en hiver (que voulez-vous, le monde est mal fait!), des décisions ministérielles de privatisation et de démantèlement du service public, de voir M. le Président tous les jours à la télé… Dans vos chaussons, vous voudriez… un toit pour tous et plus de misère ; que le monde soit un jardin public ouvert à tous.
L’infâme Caramantran ayant été brûlé, ces vœux ont dû sans doute être exaucés. Ultime promenade pour un personnage accablé dans les rues du centre ancien, avant de rejoindre le bûcher.


Jacquemart, star incontestable de l’édition 2010
Cette année, il est descendu de sa tour. Non, les stars n’étaient ni le diable, ni sa femme, ni encore Caramantran. Symbole de la ville et du temps, ce grand personnage a osé prendre la défende du terrible accusé. Et il était bien accompagné. Fier de leur idôle, bon nombre de Romanais lui avaient enboîtés le pas. On observait ainsi toute une bande de Jacquemarteaux! Ou autrement dit, plein d’adultes et d’enfants, habillés du bicorne et vêtus du costume du volontaire dans l’armée en 1792. D’habitude, on ne voit ces habits d’aussi près. Ce jour-là, tout était permis.
Un final tout feu, tout flamme
« Caramantran brûlera-t-il? » Le vent aurait pu l’en empêcher, il est vrai. Mais aussi violent qu’il était, il a su a un certain moment se calmer. Le bourreau a profité de cette courte accalmie pour mettre le feu à l’hideux personnage. Non, il n’aura pas fait long feu. Les organisateurs avaient parlé d’une ambiance enflammée, cette promesse a bel et bien été tenue. La petite étincelle était bien là. Que dis-je! C’était bien chaud, dans tous les sens du terme. Dans un premier temps, les grandes marionnettes ont dansé aux sons idylliques de la harpe. Puis, les jongleurs ont occupé l’espace. Point de balles ou de ballons. Ils jouaient là avec du feu. Enfin, d’un seul coup, les yeux et la bouche de l’innommable et gerbatoire Caramantran prirent feu, avant que celui-ci ne se glisse dans toute l’installation cartonné. En quelques secondes, son destin fut à jamais brisé. Puis, place aux artificiers. Pour clôturer la funeste cérémonie, le ciel s’illumine lors d’un somptueux feu d’artifice.
Une organisation renforcée
Parce que le plaisir du spectateur doit prévaloir sur tout le reste, la Ville de Romans et plus particulièrement sa direction des affaires culturelles dirigée par Laurence Lopez, a renforcé ses effectifs pour le jour J. Ils étaient près de 55 agents communaux (volontaires) au moment de la crémation, à surveiller le public pour que tout se passe le mieux possible. Tout au long de la journée, ces gilets orange ou jaune ont occupé des postes bien différents : une « brigade » de 10 maquilleuses, des pousseurs de char, la sécurités, la logistique, le point Information, etc.
Sous les chapiteaux du village du carnaval, on s’affaire
Donner son sang, c’est agir pour la vie. La banderole apposé au-dessus du stand des donneurs de sang en disait beaucoup. Mais samedi, les donneurs de sang (déguisés pour l’occasion en globules rouges) agissaient surtout pour nos estomacs! Comme c’était aussi le cas chez l’association des Tunisiens ou à la PSR par exemple. Tous étaient là certes pour faire la fête, rassasier les carnavaliers ainsi que ramener quelques deniers dans leurs caisses respectives et mener à bien leurs activités. Ainsi, la Persévérante Sportive Romanaise essayait par ce biais de financer le voyage de leur équipe poussin pour un tournoi international à Barcelonne en avril prochain.
Des actes écologiques pour une édition durable
Depuis plusieurs années déjà, la ville édite ses supports de communication sur du papier recyclé. Cette fois-ci, elle est allé plus loin en mettant en place les verres « Ecocup ». Le principe est simple. Tous les verres mis à disposition pour les utilisateurs sont consignés : la caution s’élève à 1 euro. 
A tout moment, chaque utilisateur peut récupérer sa caution en rendant son verre à l’endroit prévu à cet effet. Il récupère alors 1 euro. Tout en œuvrant pour le développement durable, le geste qu’il a accompli ne lui a rien coûté. Certaines fois, l’utilisateur décide de garder son verre, en souvenir. Dans ce cas, il ne récupère pas de caution. L’organisateur l’encaisse alors définitivement.
En France, 80 % des biens vendus sont jetés après une seule utilisation. Ainsi, la Ville a souhaité cette année introduire une dimension « développement durable » en mettant en place ces gobelets. Qui plus est, étaient à l’effigie du carnaval 2010. En fin de carrière, le verre réutilisable trouve une seconde vie. Fondu, il est recyclé en cendriers de plage, en porte-verres, en grattoir à givre pour voiture… Comme quoi, on peut tout de même faire la fête tout en respectant l’environnement.

Le village du carnaval a clôturé l’édition…
… Ça commence là ou ça doit se terminer : là. Retour au village du carnaval place Jules Nadi. Où résonnent les sons des violons du Trad Band et les pas improvisés de la Tarentelle. Ils n’étaient plus des milliers mais plus que quelques centaines à fouler cette place. La nuit tombait, les ruelles se vidaient peu à peu. Seule une poignée d’irréductibles fêtards avait investi la place Jules Nadi et plus particulièrement les abords du kiosque. Tous se sont mis à danser. Ce n’était ni des cuivres, ni de bruyantes percussions. Mais pour autant, ils avaient leur public et les musiciens avaient cette même pêche et le même plaisir à les faire bouger.
On dit de la tarentelle que c’est une danse favorisant l’état de transe. Autrefois, on prétextait une piqûre de tarentule pour appeler un musicien et danser, danser… jusqu’à en tomber. La fièvre était bien là mais ce n’était pas la même. La fiève du samedi soir. Que dis-je?! La fièvre du Carnaval… Les comportements se déchaînent, les identités se démultiplient, l’ambiance est survoltée. On ne sait pas forcément la danser mais on y parvient quand même.


Dans cette ambiance presque familiale, on s’intéresse à l’autre, on discute. C’est clair et limpide à présent. Le carnaval, ce n’est pas seulement le personnage de Caramantran. C’est aussi lui l’échassier, elle la marionnette, lui le plasticien, elle aussi la petite fille déguisée. Ce n’est pas un mais plusieurs. C’est tout ça : un véritable et joyeux bordel. Oui, le carnaval de Romans. Tout a commencé là.
Une belle édition, menée de main de maître par la Cie Caramantran et la Ville de Romans. Mesdames et Messieurs, la fête est terminée. « Un jour de bonheur mais différent. » Oubliez ces ambiances survoltées, rangez vos  strass, masques et cotillons. Retour au train-train quotidien… et attendant vivement le délire de l’an prochain.

AURÉLIEN TOURNIER

Note de l’auteur : Dans notre édition du 25 février dernier, le journaliste Cyril Lehembre a fait un clin d’oeil au film de René Clément « Paris brûle-t-il? » tourné en 1966, dans son article « Caramantran brûlera-t-il? ». Vous avez donc sans doute remarqué ici le clin d’oeil au film « L’auberge espagnole », de Cédric Klapisch tourné en 2002 « Après tout si, c’est une question de décollage… Tout a commencé là ».

Carnaval avant l’heure au quartier des Balmes

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L’ambiance caliente du Brésil s’est une nouvelle fois emparée du quartier des Balmes en préambule du prochain Carnaval. Samedi dès 15h, les enfants de l’école accompagnés de leurs parents ont occupé les routes du quartier, au risque parfois de couper à travers champs (avec l’aimable permission des propriétaires). Lors de l’année scolaire, chacun a consacré 5 heures de son emploi du temps à l’apprentissage des danses et chants traditionnels. Et ce, entraînés par Patricia de la compagnie Zé Pereira. Tous habillés de costumes de planteurs de bananes et de couleurs colorées, ils ont donc exécuté les danses des carnavals des bananeraies. Ceux-ci se font sous forme de questions/réponses. Qui leur donnait donc la réplique? Tribalatam et ses percussions.

Ça faisait tout de même du bien aux oreilles lorsque les percussions ont cessé de raisonner dans ce quartier de l’Ouest Romanais, d’habitude si discret. Mais les 150 personnes présentes ont véritablement apprécié cette répétition générale. Ainsi que la barraque à frites (euh, à gaufres!) installée par l’association des parents d’élèves. Toutes les bonnes choses ont une fin. Mais c’est avec grand plaisir que nous les retrouverons ce samedi, cette fois-ci dans le centre-ville, lors de la grande parade.

Aurélien Tournier

Article paru dans Drôme Hebdo – édition du jeudi 25 février 2010

Et retrouvez dès lundi un article complet sur le carnaval 2010 avec photographies et vidéos sur drome-hebdo.fr et bien entendu jeudi aussi dans votre hebdo…

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