La troupe théâtrale locale “La Génissoise” a toujours habitué le public à du beau spectacle. Elle n’a pas failli. Et pourtant, ils n’étaient que 5 à être sur les planches (sans oublier les 3 autres en coulisse). Durant les deux jours, ils ont fait salle comble, et les applaudissements et encouragements ont été fort nombreux. Un public quelque peu surpris, non par ces amateurs et leurs talents d’acteur mais par la pièce, suite de scènes cocasses et d’une vulgarité certaine.
L’histoire commence dans un salon, autour du petit-déjeuner. François, riche industriel ayant fait fortune dans le boulon, se met en tête d’épouser Marie, son cœur étant “atteint”. Mais Marie ne l’entend pas de cette oreille. Oh oui qu’elle l’aime! Mais François est divorcé, et elle aussi. Pourquoi risquait un nouvel échec ? A l’intrigue se mêle l’ex compagnon,Bruno, qui a gardé une clé de l’appartement. Même s’il n’y habite plus, il aime prendre le petit-déjeuner ou débarquer à n’importe moment, quand il le faut… ou pas. Lui aussi est têtu, car à l’écoute de cette déclaration d’amour, il décide de reconquérir son amour de toujours. Amour avec qui il a eu une fille, Marie, euh non, Julie! Qui sort avec Olivier, un jeune homme beau, gentil, intelligent. Au seul détail près qu’il est inspecteur des impôts. Et derrière la porte, l’ouvrier repeignant la porte des toilettes écoute et commente, tel un journaliste sportif. Fouineur même. Et puis, quand on s’y attend le moins, Muriel, l’ex-femme de François apparaît et y met son grain de sel. Il vaut mieux suivre pour comprendre…
Mais au final, entre remises en question, disputes en tout genre, baffe, conseils avisés, vocabulaire déplacé, véritable match de grossièreté, tout rentre dans l’ordre.
Certes, la pièce était signée Nicole de Buron. Cependant, son interprétation l’était par “la Génissoise”. Ainsi, quelques mots s’égaraient parfois à l’intention d’un certain public. Se marier ? “Seul la mairie est un moment désagréable à passer”. Cette phrase, l’auteur l’avait inscrite dans son scénario. Mais elle prend toute une autre tournure lorsqu’elle est prononcée par un acteur, à l’intention du maire de la commune, spectateur. “Sortir avec sa futur femme et son ex-mari, qui lui-même est le futur mari de son ex-femme, il n’y a vraiment qu’à Paris que l’on peut faire cela. A Génissieux, certainement pas.”
Vivement une nouvelle pièce!
AURÉLIEN TOURNIER
Article paru dans Drôme Hebdo – Edition du 13 mars 2009
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