ROMANS – Pendant le festival de folklore, les familles accueillent certains groupes étrangers.
Ça devient chaque année un rituel. Branle-bas de combat dans les couloirs d’Empi et Riaume, le festival de folklore approche à grand pas. Et qui dit festival, dit artistes, spectacles et hébergements. Si certains groupes sont hébergés en collectivités, d’autres le sont en familles. Elles sont romanaises, péageoises, goubétoises, génissoises, voire même valentinoises, et aiment accueillir ces artistes venus d’ailleurs. Elles étaient près de 70 l’an dernier. Parmi elles, Gisèle Ailloud et son mari ont hébergé des kanaks, deux habitants de l’île de Lifou (Nouvelle-Calédonie).
Et c’est un peu par hasard que l’aventure a commencé. Car oui, héberger des groupes, elle en avait envie depuis plusieurs années. Mais sa plus grande crainte était celle de pousser la porte d’Empi et Riaume. L’autre étant celle d’être rejetée pour ne pas avoir eu d’enfants. Les festivals passaient et elle n’hébergeait toujours pas. Et puis un jour, lors d’une soirée : Coup de bol ! Elle parla de cette envie à une personne. Ce qu’elle n’imaginait pas, c’est ce que celle-ci était la bénévole chargée des hébergements du festival. Numéros de téléphone échangés, le rendez-vous était pris. En juillet, elle savait désormais qu’elle hébergerait (enfin) des groupes venus d’ailleurs.
Finalement, elle ne le regrette pour rien au monde, même si cela lui paraissait dans les premiers temps quelque peu « folklorique », dans tous les sens du terme. On lui avait promis des Suisses, puis des Grecs. Au final, ce sont des enfants Français, qu’elle a vu débarqués. On lui avait dit 18-20 ans, puis 7-8 ans. Ils en avaient 14-15. Mais qu’importe ! Deux jeunes d’Épinal, Simon-Pierre et Pierre-Adrien. Au début, la peur de mal-faire était perceptible. Une peur qui petit à petit s’effaçait au profit d’expériences très enrichissantes et dépaysantes. Les années passent. Les images restent. On se souvient encore de tout, des petits moments, des petits frissons, des petits plats préparés (qu’on prend plaisir par la suite à recuisiner). Il y a eu Cuba et l’Ile de Lifou (Nouvelle-Calédonie). On ne donne pas grand-chose. Les cubains étaient stupéfaits de recevoir autant. Hôtes ou invités, tout le monde est gâté, et le moment venu, tous se séparent chargés de beaucoup d’affection. « Une semaine pour briser la routine et c’est bien agréable. »
Recevoir, un B-A-BA
Recevoir ? Le B-A-BA selon Gisèle. Lorsque l’on a une maison, on a des pièces, des lits. Accueillir : quoi de plus simple ? Certes, les horaires ne sont pas faciles mais ça ne dure qu’une semaine. Et accueillir des artistes de groupes étrangers, c’est en quelque sorte se sentir privilégiés. Il faut voir cela comme un échange. Beaucoup d’appréhension pour finalement beaucoup de bonheur. Une expérience très enrichissante qu’elle recommande aujourd’hui à ses amies. L’une d’entre elle, Pascale, hébergera dans quelques semaines les enfants du Chili. Gisèle, elle, ne pourra héberger cette année, travaillant de trop bonne heure la semaine. Déçue ? Oui. Elle aurait aimé hébergé des danseurs de la Guadeloupe. Elle hébergera le temps d’un week-end « Arcadanse ». « Ce n’est déjà pas si mal ».
Car cette année, quatre groupes seront logés en famille, à savoir le Chili (groupe d’enfants), du 3 au 13 juillet, la Guadeloupe (du 4 au 14 juillet), le Pérou (du 9 au 13 juillet) et le groupe Français « Arcadanse » de Saint-Marcel (71) les 4 et 5 juillet. Alors, si l’aventure vous tente, contactez « Empi et Riaume » au 04 75 02 30 52. Enfin, si certaines personnes ne peuvent héberger, sachez tout de même que le simple coup de main est possible.
AURÉLIEN TOURNIER
Article paru dans Drôme Hebdo – Édition du 08 mai 2009 et sur drome-hebdo.fr
http://www.drome-hebdo.fr/2009/05/14/pays-dauphinois-37/
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