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Questions à… Jérôme Bobillet, président des Jeunes agriculteurs de l’Ain
« Un rassemblement convivial pour mieux faire connaître la profession »
Les Jeunes agriculteurs (JA) de l’Ain organisent la fête de l’agriculture les 30 et 31 août à l’Abergement-Clémenciat, dans le canton de Châtillon-sur-Chalaronne. Rencontre avec Jérôme Bobillet, président des JA, sur le départ.
- Les Jeunes agriculteurs de l’Ain organisent la fête de l’agriculture fin août. En quoi consiste-t-elle ?
« C’est une façon de montrer le dynamisme agricole du département. Nous comptons 300 adhérents JA répartis dans 22 cantons. Cette année, ce sont les Jeunes agriculteurs du canton de Châtillon-sur-Chalaronne qui organisent la fête, avec le renfort des autres JA de l’Ain. Le canton est l’un des plus importants en termes d’adhérents (27) et il y a beaucoup de jeunes d’une vingtaine d’années.
La finale départementale de labour se déroulera le samedi. Trente concurrents sur les 200 à 220 jeunes qui se sont affrontés dans les concours cantonaux seront en compétition. Ils se disputeront le titre en toute convivialité, avec l’envie de se frotter à ceux qui sont considérés comme l’élite départementale, pour le concours catégorie en planche et celui du labour à plat traditionnel. Nous accueillerons aussi la finale régionale le dimanche 31 août. Une quinzaine de concurrents s’affronteront. Les meilleurs participeront ensuite à la finale nationale du 12 au 14 septembre dans le Maine-et-Loire. Les jeunes du département se classent très souvent sur les deux premières marches du podium au niveau national. Aurélie Maure, de Dompierre-sur-Veyle, a même été la première femme à remporter le championnat de France de labours, catégorie « labour planches », en 2007.
Michel Barnier, ministre de l’Agriculture, devrait venir dimanche midi. Nous attendons 10 000 à 12 000 personnes pendant le week-end si la météo est favorable.
De nombreuses animations sont proposées pour les enfants et les adultes. C’est le rendez-vous de l’agriculture départementale avec la présence des organisations professionnelles, mais aussi de tous ceux qui veulent mieux connaître notre profession qui n’a pas toujours une bonne image. »
Vous voulez parler des questions environnementales ?
« Oui. Nous voulons montrer que nous savons travailler. L’environnement est notre outil de travail. Nous avons tout intérêt à préserver le milieu que nous exploitons. On a trop tendance parfois à opposer les différents types d’agriculture. Les exploitants ne changent pas deux ou trois fois de métier dans leur vie. Ils doivent investir des sommes très importantes lorsqu’ils s’installent. Ils n’ont aucun intérêt à détruire ce qui les fait vivre. »
Pour l’heure, quelles sont les principales préoccupations de la profession ?
« C’est bien sûr la fièvre catarrhale bovine (FCO) qui se développe à grande vitesse dans l’Ain. Pour l’instant, il n’y a pas eu de cas détectés dans les troupeaux qui ont été vaccinés, même si certains l’ont peut-être été tardivement.
Autre point pour le début de l’année 2009 : le nouveau parcours d’installation des jeunes agriculteurs sur lequel nous travaillons avec les organisations professionnelles. Il permettra aux jeunes diplômés qui ont suivi le cursus classique d’aller plus vite vers l’installation, de personnaliser les parcours en consolidant les connaissances pour mener leur entreprise. La nouvelle réglementation permettra aussi d’être plus vigilant sur ceux qui s’installent et d’éviter que n’importe qui ait le titre d’exploitant. Les JA ont fait des propositions. Toutes n’ont pas été reprises. Mais c’est la première fois que je constate une telle réactivité de la part d’un gouvernement.
L’actualité, enfin, c’est aussi la négociation de l’OMC qui a échoué, et c’est tant mieux. Il faut sortir l’agriculture des négociations globales et traiter notre secteur d’activité à part. Nous ne sommes pas des entreprises classiques. Nous avons aussi une fonction de gestion des territoires par exemple, qu’il faut prendre en compte. »
Propos recueillis par Antoine Colliat