•  GROS Ghislain • Samedi 15 novembre 2008 à 6h26

La Bresse ne veut pas se sacrifier pour Bourg

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Train – La marche des riverains de la Bresse contre le projet de ligne TGV

À pied, à vélo ou en ski à roulettes. Depuis Bény, Marboz, Domsure ou encore Villemotier, ils sont près de 200 à avoir rallié Pirajoux dimanche 9 novembre pour la première marche contre la LGV. Des habitants qui refusent de voir leur territoire « sacrifié » pour le projet de branche Sud de ligne à grande vitesse Rhin-Rhône prévu à l’horizon 2030.

Un projet nuisible

« Oui contre tous les fuseaux et non à la LGV », a lancé en conclusion de la journée Olivier Adam le président d’Acost (Association de défense du cadre de vie de la population de Marboz et alentours). Un président déterminé et convaincu que Réseau ferré de France (RFF) finira par renoncer à un projet « nuisible à l’environnement, bruyant, gouffre financier et d’aucune utilité publique ». Moins rassurant le maire de Pirajoux (voir interview) redoute le pire. Son collègue de Bény, Georges Rodet, a souligné le simulacre de concertation organisé par RFF à Bourg le 17 octobre. « Ils nous ont sorti un nouveau fuseau du chapeau sans concertation. Je suis en colère et cela fait du bien de se sentir le soutien de la population ».

La contestation gronde

Un sentiment partagé par Olivier Adam : « Cette marche n’avait pas valeur de test. Mais c’est important que les habitants se mobilisent pour montrer qu’ils ne vont pas se laisser faire sans rien dire. Si cela peut aussi faire prendre conscience aux élus départementaux et burgiens favorables à ce projet (Le président du conseil général, le maire de Bourg et le président de L’agglo notamment défendent le développement économique de la ville chef-lieu) que la construction de cette nouvelle ligne LGV va faire de gros dégâts. On attend d’eux plus de soutien. À Marboz nous avons l’habitude des combats (L’association Acost est née il y a 10 ans contre un projet de stockage de déchets ultimes) et nous allons nous défendre ». L’union contre le projet c’est aussi ce que demande Thierry Grosjean le président de la Capen (confédération des associations de protection et d’environnement et de la nature en Saône-et-Loire). « Nous devons élaborer une stratégie commune entre nos trois départements (Ain, Jura et Saône-et-Loire) pour peser dans le débat avant le 1er décembre ». Car une fois les décisions prises, difficile d’arrêter le train. Les habitants et les élus du secteur de Montluel peuvent en témoigner ( contournement ferroviaire de l’agglomération lyonnaise).

Ghislain Gros

Quel enjeu pour la ligne LGV

À l’échelle européenne, RFF affirme que la branche Sud constitue un maillon manquant stratégique du réseau à grande vitesse entre l’Europe du Nord et l’arc méditerranéen, jusqu’en Espagne. À l’échelle de la France, elle offre d’après RFF des gains de temps de parcours importants entre le Grand Est de la France, et la région Rhône-Alpes. À titre d’exemple, le temps de trajet entre Strasbourg et Lyon devrait approcher 2 h 10, contre 5 heures aujourd’hui. Le projet prévoit aussi une mixité de la ligne pour répondre aux enjeux du transport de marchandises. Cette ligne doit passer entre Louhans et Lons-le-Saunier, en y prévoyant une gare nouvelle, desservir Dole et Bourg-en-Bresse, s’articuler au mieux avec la ligne du Haut-Bugey.

L’interview de 5 minutes l’essentiel : Noël Piroux le maire de Pirajoux, contre la LGV

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