•  BERNARD Nicolas • Mercredi 18 février 2009 à 3h10

Interview - Pierre Soubelet quittera la préfecture de l’Ain le 21 février

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« J’aurai une vraie nostalgie. Et ce n’est pas feint »

Pierre Soubelet a récemment été nommé par le président de la République préfet de la Loire. Il quittera la préfecture de l’Ain le samedi 21 février prochain. Deux jours plus tard, le 23 février, à 17 h, il deviendra, après le dépôt de gerbe, officiellement préfet de la Loire. Il sera remplacé dans l’Ain par Régis Guyot, actuel préfet des Deux-Sèvres.

Voix de l’Ain : Depuis combien de temps étiez-vous dans l’Ain ?

Pierre Soubelet : « Vingt-huit mois, puisque je suis arrivé le 1er août 2006 »

La Loire, c’est un peu près 750 000 habitants, avec une grosse agglomération… Cette nomination est donc une promotion ?

« Oui, c’est une belle promotion et une belle progression de carrière. Je suis content de rejoindre ce département qui a amorcé depuis quelques années un virage économique et démographique important. J’ai déjà pris beaucoup de rendez-vous avec les principaux acteurs locaux. Mon agenda se remplit très vite. »

Vous n’arrivez pas en terre inconnue. Vous allez notamment retrouver Thierry Fandard, l’ancien directeur général des services départementaux…

« Effectivement, ainsi que Jean-Paul Vignoud, ex-inspecteur académique de l’Ain. Je vais encore revoir l’ancien sous- préfet de Dax, avec qui j’avais travaillé quand j’étais dans les Landes. Je considère que c’est une chance, car toutes ces personnes sont de valeur. »

Vous êtes un préfet apprécié. Peut-on parler d’un style Pierre Soubelet ?

« J’ai une forme de management calme, convivial et souriant. Je ne suis pas un caractériel et je ne pique pas de colère noire. C’est d’ailleurs une qualité que l’on demande au préfet. Et puis j’aime bien les gens, mes collaborateurs… L’Ain est un département agréable qui réserve un bon accueil aux nomades administratifs que nous sommes. C’est un département où il fait bon vivre. J’aurai une vraie nostalgie. Et ce n’est pas feint comme sentiment. »

Qu’allez-vous regretter de ce département en dehors du festival d’Ambronay, dont je vous sais grand amateur ?

« Depuis 2006, je suis allé vingt-six fois au concert d’Ambronay. Sur trois sessions, ce n’est pas mal. J’adore la musique baroque. Le festival va donc me manquer, c’est évident. Mais j’ai aussi aimé Brou et les paysages de l’Ain. La Dombes est très intéressante à parcourir. C’est unique, il ne doit y avoir qu’un seul autre lieu comparable en Europe. Je garde également un bon souvenir des relations de travail avec les Genevois. Mais j’ai un peu de sang suisse, alors…  »

Je croyais que vous étiez basque ?

« Oui ! Un Basque avec du sang suisse. Drôle de mélange (rire) ! D’ailleurs, si je devais trouver un défaut au département de l’Ain, c’est celui-là : il est trop loin du pays basque. »

ÉCONOMIE

Vous partez en pleine crise économique. Sur ce terrain, vous vous étiez fortement impliqué. Quel est l’état des lieux à ce jour ?

« Avec les banques, tout se passe bien. Il n’y a pas d’indicateurs qui nous montrent que le crédit auprès des particuliers ou des entreprises se soit raréfié. Les banques ont pris des engagements nationaux et nous vérifions tous les mois, en commission, à ce qu’ils soient tenus.

Maintenant, l’économie du département n’échappe pas à la crise. Nous avons quelques soucis avec le secteur de l’automobile et la plasturgie. Mais pas de catastrophisme dans l’Ain. Nous sommes passés de 4,7 à 4,8 % de chômage, ce qui demeure faible. Nous ne sommes pas pour autant dans la sérénité, car nous ne savons pas si ce cap pourra être conservé en 2009.

Partir au milieu d’une crise, n’est-ce pas mauvais pour la confiance des acteurs économiques locaux ?

« L’économie m’a toujours plu et je me suis toujours impliqué dans les dossiers. Mais après, il ne faut pas en faire une histoire de personne. L’État continue. Le nouveau préfet va arriver et il se mettra sur mes talons. Dans les Deux-Sèvres, il s’est occupé de façon très personnelle du dossier de la Camif. Je ne pense donc pas que l’économie lui soit étrangère. Après, chacun son style…  »

Dans le plan de relance dévoilé par François Fillon, il y a un certain nombre de dossiers qui concernent l’Ain. Avez-vous une vue précise de ces projets, en termes de calendrier, de financements…

« Non, nous n’avons pas encore de précisions. Ce qu’il faut voir c’est que ce n’est pas du recyclage. On ne ressort pas des projets des tiroirs. On prend simplement des projets finalisés, aptes à démarrer en 2009, sachant que les crédits doivent être dépensés avant la fin de cette même année ».

RÉFORME

Autre gros dossier dont vous vous occupiez : la réorganisation des services de l’État dans l’Ain. Où en êtes-vous ?

« Je le laisse au milieu du gué. Nous avons terminé la rédaction des macro-organigrammes. Il y aura cinq directions resserrées : territoire, cohésion sociale, protection de la population, finance publique et éducation. Reste maintenant à faire les micro-organigrammes, c’est-à-dire un organigramme détaillé avec le mode de fonctionnement des futures directions. Trois préfigurateurs vont être nommés à cet effet. Toute l’année 2009 sera consacrée à cela. En 2010, un nouvel État départemental verra le jour. »

N’est-ce pas frustrant de ne pas conduire ce dossier au bout ?

« Dans ce métier, on termine rarement les dossiers que l’on commence. Au début c’est frustrant puis on s’y fait ».

Sous votre conduite, la préfecture est aussi devenue éco-responsable et certifiée. Ce n’est pas rien…

« Nous avons été la première préfecture de France certifiée et renouvelée au bout d’un an. Ce qui est important, car c’est un peu comme les étoiles Michelin : le plus dur, c’est de les garder. Mais la démarche qualitative était ancienne dans la maison. D’ailleurs, nous y sommes arrivés grâce aux efforts de tous. Comme pour les économies d’énergie. Nous avons démarré il y a 18 mois et depuis, tous les services jouent le jeu. »

Propos recueillis par Nicolas Bernard

Bio express

• 53 ans

• Né le 5 mai 1953 à Bayonne (Pyrénées-Atlantiques)

• Professeur de français (1977-1981)

• Sortie de l’ENA en 1984 (promotion Louise Michel)

• 2000, préfet de l’Ariège

• 2003, préfet des Landes

• 2006, préfet de l’Ain

• 2009, préfet de la Loire

• Particularité : a tourné un film sur la vie préfectorale avec Claude Guéant

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4 commentaires

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Vos commentaires

  • Si ce monsieur est bien né en mai 1953, il n’a pas 53 ans, mais va avoir 56 ans! un peu de rigeur, il s’agit d’un préfet!
    Cordialement.

  • tête haute

    très intelligent,cynique,calculateur, faussement bonhomme, très habile,poursuit sa carrière sans le moindre état d’âme avec comme seul horizon la préservation et la promotion de sa situation toute personnelle
    un préfet quoi…

  • CHESS KILLER

    Contrairement à ce qui est dit en commentaire sibylin et fielleux le Préfet Soubelet n’est ni cynique, ni faussement bonhomme. Il est pragmatique et très bien éduqué. Pour avoir modestement travaillé pour lui, ( tout petit fonctionnaire que je suis)quand il était Secrétaire Général de la Préfecture des Bouches-du-Rhône à Marseille, je peux vous affirmer que non seulement il était apprécié du personnel mais adulé par la plus part d’entre nous. Il reste encore à ce jour à mes yeux la référence absolue.

  • Tout à fait d’accord avec le commentaire précédent. J’ai également travaillé sous son autorité à la Préfecture des Bouches du Rhône et je peux certifier qu’il laisse dans les mémoires un excellent souvenir.Il est non seulement très compétent mais également très gentil et nous avions un grand plaisir à travailler avec lui !!C’est vrai qu’il est resté notre référence et nous ne l’oublieront pas!

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