•  AAuteur inconnu Anatole • Dimanche 26 juillet 2009 à 11h37

ALBARINE- Médecins et chirurgiens d’un autre siècle

Saint-Rambert-en-bugey

En consultant les archives, il est possible de découvrir la façon originale et désinvolte, à partir de quelles connaissances et expériences, les praticiens des XVIIe et XVIIIe siècles étaient chargés de pourvoir à la santé publique.

Nous trouvons établi à St-Rambert, en 1652, François Geneviève, docteur en médecine, il est syndic en 1666.

La situation des médecins est considérée. Philibert Bonnier, docteur en médecine, marie sa fille Bertrande le 18 janvier 1661 à Pierre Cottin, avocat au Parlement, fils de Me Gaspard Cottin, juge au grenier à sel de Lagnieu. Outre la constitution principale de dot, demoiselle Bonnier reçoit de son père la somme de 100 livres pour l’achat d’une robe et le futur s’engage à lui fournir de bons et suffisants joyaux, suivant leur condition.

Hugues Chabot, également docteur, exerce la médecine en 1697. Les médecins occupent avec les avocats, les charges les plus honorables et les plus importantes dans le conseil de la communauté.

Épidémies fréquentes

Joseph Philippe Grumet, d’abord établi à Ambérieu, vient se fixer comme médecin à St-Rambert. Il est syndic en 1741. Il eut à intervenir dans un différend survenu entre le curé Bruiset et les religieux de l’abbaye. Il était d’usage que le clergé de la paroisse, la veille du 13 juin, date de la fête de St-Rambert, se rende jusque vers la croix de la Malacherie, au-devant des religieux qui apportaient processionnellement les reliques du saint à l’église paroissiale. Cet usage n’avait pas été suivi en 1741. Au mois de juillet de la même année, le docteur Grumet demande que l’affaire soit portée devant le lieutenant général de Belley.

À cette époque, les épidémies étaient assez fréquentes. En 1722, on fut menacé de la peste. Le conte de Tavannes, commandant pour Sa Majesté en Bourgogne, Bresse, Bugey et Valromey, commande d’établir des gardes de santé. Il s’agit d’empêcher la propagation de la peste par des personnes ou transports de marchandises venant des pays infestés ou suspects. Il ordonne qu’on établisse un corps de garde dans l’Hôtel de Ville, composé d’un commandant et de quatre hommes pour faire des rondes de toute la ville, faubourgs, logis et cabarets, pour noter les mendiants, étrangers et gens suspects, vérifier leurs certificats de santé, comme aussi pour reconnaître s’il y a quelques dépôts de marchandises suspectes dans les logis et cabarets, pour s’il s’en trouve sans les attestations requises, être déballées, parfumées ou brûlées, en présence des magistrats, suivant l’exigence des cas.

En tout cas, une épidémie terrible sévit à St-Rambert en 1729 et 1730. Dans le mois de janvier 1730, décédèrent le curé Aimé Guichard, ses deux vicaires Joseph Gros et Nicolas Maillet et aussi le religieux qui les avait assistés. Après Joseph Philippe Grumet, St-Rambert semble avoir manqué de médecins. Comme il faut un médecin à tout prix et que sans doute la situation au point de vue des honoraires ne paraît pas très avantageuse aux jeunes docteurs qui désiraient s’établir, les mairies, syndics et conseillers sont disposés à faire des sacrifices. Ils votent une somme de cent livres pour indemniser le sieur Lempereur pour ses frais de déplacement.

En 1671, nous trouvons le sieur Nicolas Respy, maître chirurgien établi à St-Rambert. Non seulement, il tient cabinet, mais il dirige et forme des apprentis. L’art et le métier s’apprenaient en deux ans. Le 22 juin 1671, Gaspard Buynand, receveur au grenier à sel de Nantua, demeurant à St-Rambert, passe un contrat avec le sieur Respy, pour apprentissage de la chirurgie à son fils Pierre Buynand.

Celui-ci, son apprentissage terminé, se fixe à St-Rambert, il fait concurrence à son ancien maître. Les fonctions de barbier et de chirurgien des grands prieurs et religieux du monastère étaient recherchées, à cause de la demi-prébende affectée à cette charge. Dès 1681, le sieur Pierre Buynand en avait les fonctions, en vertu des provisions que Messire Claude Preudhomme, seigneur et abbé commanditaire de l’abbaye de St-Rambert, lui avait accordées à cette date. Nicolas Respy, sans doute pour se venger de la concurrence que lui faisait Pierre Buynand, cherche à l’exclure de l’abbaye et à prendre sa place. En 1686, il obtient de Claude Preudhomme des lettres de provisions, datées de Paris, du 10 avril, lui donnant la charge de barbier et chirurgien à l’abbaye. Il les fait signifier aux religieux le 11 mai. Ce fut un grand émoi. Le lendemain, les sieurs grand prieur et religieux de l’abbaye s’assemblent capitulairement. Ils déclarent qu’ils sont satisfaits des services de Pierre Buynand. Ils décident unanimement que l’abbé sera très humblement prié de continuer ses fonctions de barbier et de chirurgien. Le chirurgien Respy ne put entrer dans la place. En 1687, un nouveau chirurgien vient s’établir à St-Rambert. C’est Joseph Chabot, fils d’Hugues Chabot, docteur en médecine. Il arrive du service de Sa Majesté, au mois de décembre. Ce service ne paraît pas l’avoir enrichi.

Enfin, Raymond Martin est maître chirurgien en 1777. Il est élu syndic pour deux ans. Les archives sont muettes en ce qui concerne les procédés des chirurgiens et rhabilleurs de l’époque.

Les chirurgiens étaient considérablement gênés par la concurrence que leur faisaient les rhabilleurs, dans la province du Bugey. Ils demandèrent au Parlement de leur interdire la chirurgie, de leur faire payer un droit. Il nous reste à dire un mot des apothicaires et des sages-femmes. Les apothicaires ne sont pas nommés dans les archives de St-Rambert. Un seul est mentionné comme témoin dans un acte, c’est le sieur Antoine Carron. Quant aux accoucheuses, il en est parlé une seule fois. En 1762, le 30 mai, sur les instances de M. Bouillet, subdélégué de l’intendant, les syndics et conseillers décident d’envoyer à Belley, Marianne Burion-Guillet, pour apprendre le métier d’accoucheuse chez Mme Ducoudray, moyennant 12 sols de rétribution, chaque jour.

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