Pas de légende pour cette photo
Il y a un peu moins d’un an, les conservateurs du musée de Brou découvraient les ravages dus aux insectes xylophages qui dévorent le bois. Ces « bébêtes » menaçaient le patrimoine de destructions importantes. Le personnel de l’établissement a alors fait appel à Alain Renard, restaurateur d’œuvres d’art et spécialiste des questions d’anoxie.
Il utilise en effet cette technique, assez récente, puisque c’est seulement depuis une dizaine d’années que des organismes de recherche anglo-saxons l’ont utilisée et validée. Elle consiste à priver d’oxygène un contenant sous forme de poche, plus ou moins grande selon le nombre d’œuvres d’art qu’il s’agit de désinsectiser. On remplace l’oxygène par de l’azote, matériau neutre qui respecte les principes déontologiques de toute collection patrimoniale. Il faut maintenir l’intégrité de l’œuvre.
Les adversaires les plus fréquents qu’il s’agit de tuer par privation d’oxygène sont les xylophages et les kératophages qui mangent la laine, les plumes. Ce sont les larves qui font le plus de dégâts, se développant sur quelques mois à quelques années, selon que le matériau est riche en substances nutritives, selon la chaleur et l’hygrométrie. Une fois adulte, l’insecte ne peut plus faire de dégâts sur les œuvres. À Brou, c’est seulement quand l’insecte adulte sort du bois et émet de la sciure qu’on a pu le détecter. Il a été décidé de traiter l’ensemble de la collection après qu’on eut repéré de la sciure entre la toile et le châssis des œuvres. Le traitement dure un mois, soit vingt et un jours plus le temps de résorption. Certains insectes sont si résistants qu’ils peuvent survivre un mois avec moins de 0,5 pour cent d’oxygène alors que les humains meurent dès que l’oxygène est inférieur à quinze pour cent.
Catherine Lescuyer,
correspondante locale