•  GUERIN Caroline • Dimanche 28 février 2010 à 0h00

Leonardo García Alarcón : « l’un des plus doués de sa génération »

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La première fois qu’il est venu au festival d’Ambronay, en juillet 1997, Leonardo García Alarcó
arrivait tout juste d’Argentine pour étudier en Europe. « Je suis venu avec Gabriel Garrido pour un concert et pour enregistrer un disque. Cela m’a permis de connaître toute l’équipe et la magnifique acoustique du lieu. Ce n’est pas un hasard s’il se passe quelque chose ici : c’est dû à Alain Brunet qui est un très bon communiquant, et au lieu ». Le jeune chef se réjouit que le Centre culturel de rencontres d’Ambronay le suive depuis ses tout débuts. « Même si je travaille ailleurs en Europe, revenir ici signifie me rappeler mes rêves d’adolescent ». Cela lui permet aussi de mesurer le chemin parcouru et de constater la confiance que lui accordent aujourd’hui tous ceux qui travaillent avec lui.

Des disques, des stages, des concerts

Un chemin particulièrement rapide. En 2000, il participe à l’Académie baroque européenne avec Gabriel Garrido. Dès 2003, il est professeur de basse continue pour les stages organisés dans le cadre du festival d’Ambronay. En 2006, il commence à travailler de manière plus régulière pour Ambronay avec la Capella mediterranea, ensemble qu’il a fondé en 1999 et qu’il dirige. Depuis le 1er janvier de cette année, il est en résidence au Centre culturel de rencontre pour trois ans. Plusieurs projets sont donc prévus, qui toucheront les différents domaines d’action du Centre culturel de rencontres. Premier chapitre de cette résidence, la sortie du disque Judas Maccabaeus, de Haendel, par le Chœur de chambre de Namur et l’ensemble Les Agrémens. Un disque enregistré en concert à l’Abbatiale au cours de la dernière édition du festival. Cette pièce était l’une des préférées du compositeur selon le chef. Très populaire au XVIIe siècle, elle a été peu à peu oubliée. Elle nécessite un orchestre complet et au moins vingt chanteurs. La difficulté technique de cette musique explique également qu’elle ne soit pas jouée souvent. « Les membres du chœur doivent chanter comme des solistes », insiste l’artiste qui évoque des coloratures très délicats. Et l’artiste explique que Judas Maccabeus a été beaucoup utilisée pendant la 2nde guerre mondiale comme objet de propagande tant de la part des Anglais que des Nazis. Ce qui est peut-être une autre raison de cet oubli. Lui est heureux d’avoir pu donner vie à nouveau à un oratorio qui le touche par la « qualité de la composition. Je voulais montrer au public que c’est une pièce vivante, et redonner à cet oratorio la fraîcheur voulue par Haendel ».

Stage en juillet

L’artiste proposera un stage en juillet sur Bach et l’Italie, puis la création d’un oratorio trouvé en Sicile, Il Deluvio universale de Michelangelo Falvetti qui sera joué par le Chœur de chambre de Namur et des musiciens d’Afrique du Nord, pour le festival 2010 et sortira en disque en 2011. De cette pièce, le chef passionné et volubile dit qu’elle est le Didon et Enée italien. Elle met en scène un chœur, un orchestre, « elle dure une heure, est d’une grande intensité, dans un temps réduit ».
Plusieurs disques sont en projet, « un luxe absolu », souligne Leonardo García Alarcón, ce produit n’étant pas un objet très rentable. Lui qui voyage beaucoup et retourne régulièrement en Amérique latine raconte combien le festival et le Centre culturel sont connus là-bas comme ailleurs dans le monde. « Grâce à l’Académie baroque européenne, les élèves des conservatoires du monde entier connaissent Ambronay ». Et cette résidence permet au chef-musicien de se bâtir une renommée. Les membres du centre le suivent même dans ses idées « les plus folles » comme de confronter la musique de Piazzola et Monteverdi, concert qui a été filmé par Arte et qui tourne bien. En dehors du Centre culturel de rencontre, l’artiste a d’autres projets. Il est directeur artistique et chef principal du Chœur de chambre de Namur, chef à l’opéra de Monte Carlo, il est depuis 2008, organiste honoraire à vie des temples d’Anières et Vésenaz à Genève… Alain Brunet, directeur du festival, explique cette envie d’accueillir Leonardo García Alarcó par la volonté de « soutenir les jeunes artistes ». Et celui-ci devrait avoir selon lui un avenir très prometteur. « Il est l’un des plus doués de sa génération (les 30-35 ans) ! Il a une culture musicale extraordinaire. Il a toutes les qualités pour être un grand de la musique ». Et Alain Brunet se dit enchanté de cette vision, de ce nouvel élan qu’il peut insuffler à la musique ancienne.
Caroline Guérin

Judas Maccabaeus – George Frideric Handel (1685-1759). Chœur de chambre de Namur, Les Agrémens, direction Leonardo García Alarcón. Éditions Ambronay. Sortie le 25 mars.

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