Pas de légende pour cette photo
Le 10 octobre 1999, naissait Passaros, fondée par Émilie Borgo. Une compagnie de danse contemporaine basée sur l’improvisation, dont l’objet était dès le départ de créer et diffuser des spectacles de danse, de mener des projets avec des gens d’ici, de France et de l’étranger. Et d’essayer d’approcher tous les publics.
Quinze spectacles, une cinquantaine d’artistes professionnels (sur les créations), une vingtaine d’amateurs et une centaine d’artistes invités, plus tard, Émilie Borgo a choisi de fêter cet anniversaire en se penchant sur le chemin parcouru par la compagnie. Samedi 6 mars, une rétrospective est donc proposée, avec un diaporama et une exposition de photographies. Et les artistes qui ont participé aux créations, ainsi que leurs réseaux, ont été invités. Une quarantaine d’artistes seront à la Maison des jeunes et de la culture de Bourg-en-Bresse. À la MJC, « car c’est le premier lieu qui nous a accueillis et avec qui nous avons eu plusieurs partenariats », raconte Émilie Borgo. Là, les artistes investiront tous les recoins du site pour présenter de manière simultanée des chorégraphies mettant en scène une à dix personnes. Après un apéritif dînatoire et une partie plus officielle (discours), le public pourra découvrir le spectacle de Lulla Chourlin, danseuse chorégraphe venue de Grenoble. Émilie Borgo a choisi d’inviter cette artiste-là car elle a eu une influence sur son propre parcours. Lulla Chourlin interprétera Un des sens avec Stéphane Angelier (graphiste) et Yves Petit (photographe). Puis le public est invité à un Bal des va-nu-pieds. Seule condition pour pénétrer sur la piste de danse, être pieds nus. Le lendemain, après une heure d’échauffement guidé, les artistes qui seront venus la veille et les personnes qui le souhaitent pourront danser.
Trouver un lieu
La préparation de cet événement a été l’occasion pour Émilie Borgo de se retourner sur les dix ans d’existence de la compagnie. Un parcours dont la fondatrice se dit fière et heureuse. La compagnie a conservé les mêmes objectifs qu’à l’origine, a réussi à se faire un nom. Travailler avec les partenaires dans l’Ain est aujourd’hui plus facile, même si l’équilibre est toujours fragile. Le bureau et le conseil d’administration comptent huit personnes et une comptable salariée à temps partiel, une trentaine d’artistes chaque année environ, et quelque soixante-dix adhérents par an. La compagnie mène régulièrement des projets avec les écoles, le musée de Brou, l’IUFM, les collèges, le Villa Joie à Saint-Just… Côté finances, rien n’est acquis non plus. Le Conseil général et la Ville ont récemment un peu réduit le montant de leur aide au fonctionnement. Le Conseil général, la Région, soutiennent encore des actions ponctuelles ou des axes de travail (Art et handicap)… La compagnie entretient de bonnes relations avec les lieux de diffusion du département mais aimerait faire partie d’une programmation officielle. Des avancées qui sont des « pas de fourmis » dans un département qui n’est, selon Émilie Borgo, pas très propice au développement de la danse.
Les souhaits de la danseuse chorégraphe et directrice de compagnie, « nous ne programmerons rien en 2010 pour pouvoir monter le festival Irrégulier (déjà créé il y a quelques années) en 2011. Et diffuser les créations en cours. Je suis associée à plusieurs projets en France », ajoute Émilie Borgo qui aimerait faire mieux connaître cette part de son travail. Elle voudrait aussi « créer une dynamique en termes de pratique amateur, à travers des stages et ateliers ». Pour que la compagnie continue d’exister et s’épanouisse, il lui faudrait un lieu. Un projet auquel la compagnie réfléchit avec les artistes de la compagnie Arnica (marionnettes). L’idée, trouver un endroit qui compte un studio pour la danse et un atelier pour la fabrication de marionnettes. Un lieu qui pourrait à terme accueillir d’autres structures et se trouverait à Bourg-en-Bresse ou ailleurs, tout dépend des opportunités qui se présenteront.
Caroline Guérin
Samedi 6 mars, à la MJC. De 18 h à 20 h, une quarantaine d’artistes interviendront dans les différentes salles de la MJC. 20 h, apéritif dînatoire, discours. 21 h, spectacle invité : Lulla Chourlin, danseuse chorégraphe de Besançon présentera Un des sens, trio avec un graphiste, Stéphane Angelier, et un photographe, Yves Petit. Puis Bal des va-nu-pieds : ouvert à tous. Dimanche 7 mars, de 10 h 30 à 14 h 30, invitation à danser ensemble pour tous les danseurs présents la veille. Ouvert à ceux qui le souhaitent. Le samedi 2 € dès 21 h, avant gratuit. Le lendemain, entrée gratuite. Cie Passaros http://passaros.online.fr – 09 71 48 22 24.