•  CORNATON Philippe • Dimanche 7 mars 2010 à 0h00

Ainterexpo : le projet évolue, la facture renchérit

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Le 21 septembre 2009, dans un élan unanime, les délégués de la communauté d’agglomération avaient approuvé l’important chantier de modernisation d’Ainterexpo. L’opération devant engager l’équipement dans une nouvelle ère d’exploitation, consiste à restructurer les trois halls existants ainsi que le « noyau » central, et à construire une nouvelle salle multi-activités, pour les spectacles sportifs ou culturels. Coût estimatif de la facture : 32 millions d’euros hors taxes.

Plus de cinq mois après cette délibération « historique » – selon le qualificatif alors employé par le président Michel Fontaine – le conseil d’agglomération retouche son projet initial. Sans être à la marge, la modification n’est pas non plus une métamorphose complète du chantier. Lundi 1er mars, en séance plénière, l’exécutif a proposé de transférer la salle d’entraînement destinée au club résident (la JL Bourg Basket), dans le nouveau hall, le « D », abritant la salle multi-activités. Initialement, l’espace réservé aux entraînements des basketteurs professionnels, soit 1 200 m2, devait être aménagé dans le hall « C », et pouvait compléter les 2 000 autres m2 affectés aux congrès et autres foires expositions. L’hypothèse a été abandonnée, trop onéreuse en fonctionnement. Monter et démonter le parquet au gré des différents usages du hall auraient vite alourdi les frais de main-d’œuvre, ont reconnu tour à tour le président Fontaine, et Guillaume Lacroix, délégué communautaire burgien, par ailleurs président de la Sogepea, société d’économie mixte exploitant Ainterexpo. Le bâtiment « C » aura donc une vocation essentiellement commerciale.

 

Investir plus pour dépenser moins

Plus pratique, la nouvelle configuration n’en sera pas moins chère à réaliser. Si le coût de la restructuration du bâti existant diminue, passant de 15 à 13 M €, la construction du nouveau hall « D » augmente de 17 à 20 M €. Le déplacement de la salle d’entraînement renchérit donc la facture globale du chantier Ainterexpo, faisant passer l’addition de 32 à 33 M €. « Il vaut mieux investir un peu plus pour éviter les mauvaises surprises une fois l’équipement en service », pense Guillaume Lacroix. Mais cette fois, tous les délégués communautaires n’ont pas approuvé ce nouveau programme de travaux. Trois d’entre eux se sont abstenus, parmi lesquels Xavier Breton et Claude Laurent. Le conseiller minoritaire burgien et député UMP comme le premier adjoint au maire de Viriat, se sont montrés dubitatifs sur les arguments avancés concernant le fonctionnement. « Pourquoi avec la solution que vous nous proposez désormais, ça serait moins cher qu’auparavant. Vous ne nous présentez pas de chiffres comparatifs », a regretté le parlementaire. Même chez les délégués ayant approuvé la délibération modificative, des questions ont été soulevées. À l’image du Burgien Bernard Guillemaut, que le renchérissement du projet inquiète un peu : « je ne voudrais pas à avoir à regretter mon vote positif si la facture augmente de 1 M € tous les six mois !  ». Conscient qu’il va devoir surveiller ce chantier comme le lait sur le feu, MIchel Fontaine a cherché à rassurer : « on essaiera au maximum de rester dans l’enveloppe initiale de 32 M € ». À quelques mois du démarrage des travaux de restructuration – en septembre, le président de la communauté d’agglomération avait annoncé que ce chantier de la mandature débuterait cet été – le tour de table financier n’est toujours pas bouclé. Côté certitudes, Bourg-en-Bresse Agglomération s’engage à couvrir 50 % de l’investissement (soit entre 16 et 16,5 M € à ce jour), et le Conseil régional versera 6,380 M €. Mais on ignore toujours quel sera le montant de la participation du Conseil général. Certains membres de l’exécutif du conseil communautaire misent sur une somme égale à celle de la Région. « Le président du Parc des expositions n’est-il pas un vice-président du Département ?  », fait remarquer l’un d’eux. Certes, mais le président de cette collectivité territoriale en question, laisse plutôt entendre qu’il ne poussera pas au-delà de 2 à 3 M €… Avoir tous ses œufs dans le même panier politique n’évite pas forcément l’omelette.

Philippe Cornaton

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