•  BERNARD Nicolas • Mardi 9 mars 2010 à 0h00

Crise oblige, le logement sera « très social »

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Fortement sollicités dans un contexte de crise, les bailleurs sociaux sont traversés par différents courants : diminution des aides de l’État, hausse de la demande, aggravation des impayés… Une mer agitée donc, mais qui n’effraie pas outre mesure Dynacité. Il faut dire que l’organisme d’habitat de l’Ain qui détient le premier parc social du département a 60 ans de navigation derrière lui. « Un vieux loup de mer » qui a toujours su garder une longueur d’avance.
« Nous sommes encore en période de crise ». Jean-Paul Rodet, président de Dynacité, rappelle un fait d’importance, puisque c’est autour de ce dernier que se ramifient les orientations 2010-2011 de Dynacité.

Conséquences de la crise

Pourquoi ? D’abord parce que ce fait a des conséquences concrètes : « Nous constatons une aggravation du taux des impayés et de plus en plus de recohabitation. Pour économiser, les familles ont tendance à se regrouper. Les jeunes retournent habiter chez leurs parents ». Ainsi si, paradoxalement, la crise accentue la demande de logements sociaux, elle conduit aussi à augmenter la vacance de ces logements. « Un phénomène particulièrement important à Oyonnax » détaille Jean-Paul Rodet.
Autre effet de bord : « Nous sommes fortement sollicités par les investisseurs privés qui ont du mal à boucler leurs opérations ». C’est ce qu’on appelle en termes « barbares », les VEFA (Vente en l’état de futur d’achèvement). Les promoteurs privés n’arrivant pas à vendre leurs programmes se tournent vers les bailleurs sociaux. « Nous allons être très vigilants quant à nos futurs investissements. Je ne souhaite pas que les VEFA deviennent une filière unique. Elles représentent 30 % de nos constructions neuves, c’est suffisant », souligne le directeur de Dynacité, Georges Bullion.

De cette crise, découlent aussi un cap et des choix. « Les aides à la pierre diminuent. L’État se désengage. Le conseil général va devoir territorialiser ses engagements, c’est-à-dire faire une sélection » déclare Denis Perron, vice-président du conseil général en charge du logement. À Bourg, par exemple, il y aurait un risque rapide de saturation de l’offre.
Et parce que la crise frappe plus fortement les personnes les plus fragilisées, Dynacité a décidé de se concentrer sur le « très social ». « Nous ne ferons pas en 2010 de logements en PLS (prêt locatif social) qui concerne des personnes avec des revenus au-dessus du seuil. Nous nous attacherons plutôt à faire du PLAI (prêt locatif aidé d’intégration », poursuit le directeur de Dynacité.

Parallèlement, Dynacité maintient son exigence environnementale dans ses programmes de construction et a demandé un diagnostic sur ses engagements en matière de responsabilité sociale. Les conclusions de ce diagnostic seront ensuite intégrées dans le projet de l’entreprise.

Nicolas Bernard

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