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Deux degrés en ce jeudi soir du 1er avril. Le froid est saisissant. C’est le troisième débrayage de la journée sur le site UP3, injection de chez Mécaplast. Un débrayage relativement bien suivi par les trois équipes qui se sont relayées sur cette journée. Après les deux équipes de jour, c’est l’équipe de nuit qui bloque la production pour deux heures (non payées). Pour les salariés et pour les deux syndicats présents, ce débrayage reflète d’un « coup de gueule », « un ras-le-bol ».
« Hier, le 31 mars, c’était le départ de nos derniers collègues licenciés, on pensait pouvoir respirer un peu, se sentir en sécurité avec la reprise de l’atelier de peinture par Vernicolor, mais non, ça ne suffit pas (…), la vague continue et cette fois c’est pour nous. On s’acharne sur Izernore, resubir une délocalisation (…), déshabiller Paul pour habiller Pierre, c’est nous renvoyer une image dégradante d’une incapacité à rendre un produit impec’. On n’est pas plus bêtes que les Strasbourgeois ! », expriment avec colère, désarroi, inquiétude et amertume les salariés et leurs deux représentants, Christophe Bourillon (CFDT) et Hervé Gouilloux (CFTC).
Devant cette incertitude, les salariés veulent inquiéter la direction et le siège de Monaco. 179 postes tournent sur cet atelier injection de l’équipementier automobile. Et plus aucune le week-end
« Si une vague s’acharne encore sur nous, ce sera catastrophique, et en conséquence aussi pour la commune d’Izernore », affirme Hervé Gouilloux. « De plus, ajoute Christophe Bourillon, le centre technique ne peut pas rester isolé ici… ». Des promesses non tenues sont à l’origine de toutes ces réactions. En janvier, un marché de 1,4 M € n’a jamais vu le jour. Puis en mars, d’un projet à 800 000 €, on arrive à un de 400 000 €. C’est réellement insuffisant pour faire tourner toutes les équipes et toutes les presses. Deux presses en UP3 et 16 en UP2 seraient délocalisées. Izernore serait trop mal situé géographiquement !
Ils ont 32 ans, 34 ans, 29 ans, 20 ans et 17 ans d’ancienneté dans l’entreprise à Izernore, sur ces sites, même s’ils ont changé de noms, pour certains d’entre eux et elles (800 salariés en 1995 !). L’amertume les gagne. Le 20 avril prochain, une négociation annuelle obligatoire (NAO) est programmée. Juin sera décisif.
À suivre car l’équipementier aurait des contrats avec Peugeot pour cette année ; avec Citroën pour 2011 et Renault-Trucks pour 2012. Une façon pour la direction d’apporter de la sérénité… mais pour les salariés l’inquiétude demeure… et la colère monte.
Florence Comtet