Pas de légende pour cette photo
Les tubes de Cat Stevens, qui ont bercé les slows des années 70, diffusés durant le sempiternel quart d’heure bressan en attendant l’ouverture du forum « Bourg 2020 », incitaient à la nostalgie. C’est pourtant vers le futur que cet événement souhaitait se tourner, avec une première mise en bouche, mercredi 16 juin à la salle des fêtes. Initiative originale de la municipalité, « Bourg 2020 » s’est défini un objectif : « imaginer ensemble la ville de demain ». Pour ce faire, le maire Jean-François Debat et les élus ont décidé de se tourner vers les principaux concernés, à savoir les habitants.
Inédit
« Ce genre d’actions n’a jamais été tenté auparavant », glissait le maire après la présentation.
« Solliciter l’avis des citoyens pour des réalisations en cours, on l’a déjà vu, mais le faire à la source, avant même de réaliser quoi que ce soit, c’est inédit », avouait l’édile. Bien sûr, on peut trouver des similitudes avec des exemples antiques, comme celui de la démocratie athénienne. Une analogie que ne renie pas Jean-François Debat. À la question de savoir si cette nouvelle tribune de parole peut être comparée à l’ecclesia, assemblée de citoyens grecs, il répond dans un sourire : « je n’y avais pas pensé, mais peut-être bien, oui ».
État des lieux
Il n’était pas encore question de projets, mercredi dernier, mais d’un premier « diagnostic », un état des lieux des besoins de la ville. Toute une panoplie de statistiques a été présentée à l’assemblée dans un cadre qui se voulait résolument familial, décontracté, un peu comme si l’équipe municipale était dans son salon. Une stratégie de communication qui visait probablement à augmenter la sensation de proximité avec le public.
Jean-François Debat notait dans son discours d’introduction que la population de Bourg, avoisinant les 40 000 habitants, n’a pas évolué depuis trente ans. Pourtant, pendant ce temps, la population de L’agglo, elle, a augmenté. Donc statistiquement, la totalité de la population arrivée dans L’agglo s’est installée ailleurs qu’à Bourg. Cette donnée doit interpeller, selon le maire. Les gens fuient-ils Bourg ? L’autre chiffre parlant concerne le vieillissement de la population burgienne, qui fait écho à une tendance nationale. À Bourg, pour la première fois depuis 1982, les plus de 60 ans sont plus nombreux que les moins de 20 ans. L’image du couple « type » est également fortement ébranlée. Finis les foyers avec deux parents et deux enfants ; place aux familles monoparentales. Et qui dit familles décomposées, dit plus de logements. La ville se doit de prendre en compte ces nouveaux facteurs avant d’établir une ligne de conduite.
Premières tendances
Pour dégager quelques tendances de la forme que pourrait prendre le chef-lieu départemental, sachez qu’un accent tout particulier sera mis sur le développement durable. « Le terme fait un peu tarte à la crème », estime l’édile, « mais on ne peut plus fermer les yeux sur ces questions ». Les prospectus verts remis aux personnes présentes pour annoncer le programme de « Bourg 2020 », étaient-ils annonciateurs de la nouvelle tendance « écolo » de la ville de demain ? Il y a des chances, surtout que d’ici à 2020, Bourg devra diminuer ses émissions de carbone de 25 %. Autant dire que vélos et transports publics devront se parer de leurs plus beaux atouts pour convaincre des Burgiens pour qui la voiture, c’est comme une seconde nature. Après cette soirée d’introduction, les activités de « Bourg 2020 » débuteront au mois de septembre avec quatre ateliers thématiques organisés les mercredis 8, 15, 22 et 29*. Dès le début d’année 2011, des premières orientations, tirées de ces discussions, pourront être livrées. La présentation des projets, quant à elle, n’interviendra pas avant l’automne 2011. D’ici là, il y a du boulot.
Lucas Lallemand,
correspondant local
* Dans l’ordre chronologique : « Habiter à Bourg-en-Bresse » ; « Vivre et se déplacer à Bourg » ; « Quelle qualité de vie pour demain ? » et « Travailler et vivre ensemble ».