•  GROS Ghislain • Jeudi 1 juillet 2010 à 0h00

Déchets ménagers : les mauvais trieurs devront payer

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Monique Duthu, présidente d’Organom, syndicat de traitement des déchets dans l’Ain, a tiré à Ambérieu un premier bilan du programme local de prévention et de réduction des déchets et évoqué la redevance incitative.

- Quelles sont les communautés de communes qui trient le mieux au sein d’Organom ?
- Il n’y a pas de bons ou de mauvais élèves. Il y a des communautés de communes qui ont des résultats à un moment donné compte tenu de leur histoire, de la configuration de leur territoire et de leurs moyens. Je ne souhaite pas établir un palmarès mais celles qui obtiennent les meilleurs résultats tournent à environ 180-200 kg par an et par habitant d’ordures ménagères et encombrants contre 390 kg par an/habitant à celles qui trient moins.

- Comment expliquez-vous les différences de résultats ?
- Il n’y a pas une recette meilleure qu’une autre. Par exemple : parmi celles qui ont obtenu les meilleurs résultats, l’une est passée en redevance participative et l’autre non. Cette dernière a mis en place un programme de communication important et de refus de collecte. En clair, les poubelles, non triées, ne sont pas ramassées (les agents vérifient le contenu et la présence de verre ou de plastique).

- Comment fonctionne le système de redevance incitative ?
- C’est un système de facturation du service de collecte des déchets ménagers. Il est différent de la taxe sur les ordures ménagères qui est le système le plus courant actuellement. Cette redevance a pour objectif de facturer à l’usager le coût de la collecte au plus juste de ce qu’il produit. Ce système est incitatif dans la mesure où il invite les usagers à réduire leur production et donc à mieux trier. Il les incite aussi à faire attention à ce qu’ils consomment et notamment à faire la chasse au suremballage.

- Comment est calculée cette taxe ?
- Il y a plusieurs moyens. Les poubelles sont identifiées par des puces électroniques. On peut enregistrer le poids de la poubelle lors du ramassage ou facturer à la levée. Dans cette seconde hypothèse, c’est à l’usager de s’arranger pour ne sortir sa poubelle que quand celle-ci est entièrement pleine.

- Ne risque-t-on pas de créer des disparités sur un même territoire entre ceux qui habitent en maison individuelle et ceux en collectif ?
- Les disparités existent déjà sans pour autant être connues dans la mesure où les gens paient une taxe de prélèvement des ordures ménagères qui est un impôt aveugle aux efforts faits par les usagers et non liés à la production d’ordures ménagères. Il n’existe pas de systèmes justes mais certains sont plus incitatifs que d’autres. Notre objectif est de faire prendre conscience aux gens qu’il est vital de réduire ses déchets et de les valoriser.

Propos recueillis par Ghislain Gros

Organom : le syndicat mixte de traitement des déchets ménagers et assimilés a été créé en 2002 pour gérer les déchets produits par plus de 300 000 habitants sur 18 intercommunalités membres.

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