•  TRONCHE Laurent • Jeudi 1 juillet 2010 à 0h00

MONTLUEL - Le retrait de délégation à une adjointe va laisser des traces

Voici une question mise à l’ordre du jour du conseil municipal dont le maire de Montluel se serait bien passé : demander à son équipe de voter le retrait de ses fonctions d’adjointe à leur colistière Nadia Tahir.Proposée et élue 8e adjointe voici 30 mois à l’issue des élections municipales, Nadia Tahir avait été chargée de la politique de la ville et de la jeunesse.

Puis la « politique de la ville » avait été confiée à Claude Raisson dans le cadre de l’Agenda 21.

Le 10 juin, de par ses pouvoirs de maire, Jacky Bernard retirait à N. Tahir sa délégation de fonction et, de fait, son indemnité. Mais, N. Tahir n’avait pas l’intention de démissionner de son poste d’adjointe. Il convenait donc au conseil municipal de voter le maintien ou non de leur collègue dans ses fonctions.

Un vote constatant un échec ?

En préambule, le maire expliqua qu’il avait pris cette décision avec regret : « Je souhaite qu’elle reste au conseil. La charge des tâches était trop lourde pour Nadia et je proposerai lors de la réunion du conseil de juillet une réorganisation des missions des adjoints. »

En réponse, Nadia Tahir déclara ne pas comprendre ce retrait de délégation et regretta que la question n’ait jamais été discutée devant le conseil municipal. « On parle de charge lourde, mais je n’ai pas été épaulée. »

Au nom des élus minoritaires, Pierre Cormorèche constata que « c’est un échec pour l’équipe municipale. » Considérant que la question ne les concernait pas, ils décidèrent de ne pas participer au vote. Cette analyse fut également reprise par l’intéressée : « C’est un échec car beaucoup de gens étaient derrière moi ». Sur les 21 votants à bulletin secret, 4 élus votèrent blancs, deux pour son maintien, N. Tahir possédait un pouvoir, et 15 pour le retrait.

Une décision qui pourrait peser lourd

À l’issue de la réunion, la parole fut donnée au public composé d’une quinzaine de personnes. Une jeune fille interpella le maire en demandant « dans quelle mesure Nadia a été soutenue par l’équipe. Nadia représente quelque chose. Les gens qui ont voté pour ta liste, Jacky, se sentent exclus. Cette exclusion sonne comme un échec, le quartier de la Maladière n’a pas compris. »

Elle rappela qu’aux dernières élections municipales « 47 voix ont séparé ta liste de celle de ton concurrent. En la choisissant, tu mesurais la charge de travail que cela nécessitait. » Le maire reconnut que, du fait de ses fonctions de 1er vice-président au Conseil général, il n’avait pas eu assez de temps à consacrer à N. Tahir.

Mais les discussions se poursuivirent sur le parvis de la mairie. Pour le conseiller municipal d’opposition Romain Daubier « J. Bernard est un mauvais recruteur, qui choisit mal ses colistiers. C’est aussi un échec en politique de la ville car rien n’a été fait pendant 30 mois pour les jeunes…  »

Des voix en moins ?

Pour un jeune membre de la commission « jeunesse », le sentiment est entre tristesse et révolte : « Jacky Bernard s’est servi de l’image de Nadia pour avoir les voix nécessaires lors des élections. Nous avons fait du porte-à-porte, incité les gens du quartier qui ne votaient jamais à aller voter pour Jacky. Les 3 projets que nous avons proposés au nom de la commission ont été refusés et nous n’avions aucun budget. Sans budget et sans projet, Nadia ne pouvait rien faire. »

Quant à l’intéressée, elle n’entendait pas en rester là, évoquant la diffusion d’une pétition.

Une nouvelle opposition est-elle en train de naître au sein du conseil municipal ? Le choix du remplaçant de N. Tahir devra être mûrement réfléchi.

Laurent Tronche,

correspondant

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