Un souffle nouveau envahit le festival Cuivres en Dombes pour cette 14e édition. La manifestation connaît de nouvelles orientations. Éric Varion, professeur de tuba au Conservatoire de Saint-Étienne (42) et chef d’orchestre, succède à Philippe Constant, fondateur et directeur artistique du festival. S’il souhaite poursuivre sur la voie engagée, promouvoir les cuivres et mettre en valeur le patrimoine en Dombes, il affiche une volonté de renouveau. Éric Varion souhaite impulser des projets différents, proposer une ouverture plus large vers des styles musicaux très variés, du classique au rap en passant par le jazz, le funk… « Nous allons chercher les Cuivres partout où ils se trouvent », souligne le directeur artistique. Ainsi, pendant La nuit des cuivres, l’ambiance sera chaude et festive. Dépaysement garanti avec La belle image (musiques sud-américaines) et le Rollin’s band orchestra qui rendront un hommage à Bill Chase (funk).Concerts uniquesLes spectateurs des toutes premières heures pourront toujours apprécier les virtuoses classiques. Le Quintette magnifica qui tourne depuis 25 ans, et la soprano taïwanaise Li-Chin Huang, se partageront la scène en l’église de Villars-les-Dombes. Ils interpréteront des airs baroques ou classiques. Le trompettiste allemand Reinhold Friedrich (trompette solo de l’Orchestre du Festival de Lucerne) et Eriko Takezawa (piano), investiront eux l’église de Pérouges. Un nouveau lieu pour deux artistes de talent. Le festival s’étire cette année du 23 au 31 juillet pour profiter de deux week-ends et essayer d’attirer ainsi un public plus casanier en semaine. Et deux dates supplémentaires en ont profité pour se glisser dans la programmation. Une programmation qui s’enorgueillit d’avoir plusieurs grands noms. Le budget est donc un peu plus important que celui de l’an dernier. Le German Brass, « ensemble de cuivres le plus connu au monde », qui compte vingt albums à son actif, réclamé depuis plusieurs années par le public, a enfin trouvé le temps de venir fouler les terres dombistes pour une soirée particulièrement attendue. Ces onze musiciens, tous solistes des orchestres de Berlin, Munich… et très demandés, se font rares sur les scènes françaises. Ils feront l’ouverture de ce 14e festival. Ibrahim Maalouf, trompettiste franco-libanais qui a travaillé avec Sting, Vanessa Paradis, M. et bien d’autres, mélange avec beaucoup de bonheur des styles très variés, musique classique et arabe, pop, électro, blues. Avec son quintet, ils joueront sur les remparts du Vieux Château de Châtillon-sur-Chalaronne. Renommée en France et dans le monde, la Batterie-fanfare de la Police nationale et ses 40 musiciens, viendront au Château de l’Abergement-Clémenciat. Musiques militaires au programme, bien sûr, mais pas seulement, ces musiciens abordant de nombreux styles.Autre changement, la structure évolue. Elle devient productrice. « Nous aimerions avoir un ensemble de cuivres pendant tout le festival et accueillir des artistes pour des concerts uniques ». L’association pourrait ainsi faire venir des artistes en résidence, créer des projets variés. Cette année, l’ensemble de cuivres du festival qui compte 16 solistes se produira avec Cali. L’artiste prépare actuellement un nouvel album. Il n’interprétera pas ses titres, mais ceux de Ferré, Brel, Higelin, Thiéfaine, et quelques titres anglo-saxons des années 80. Une prochaine fois, confie Éric Varion, « on peut imaginer autre chose, de la danse… ». Le nouveau directeur artistique souhaiterait monter des tournées, faire venir des artistes de plus loin… Comme chaque fois, des concerts gratuits sont proposés, pendant toute la durée du festival, avec La ruée vers les cuivres et Les zapéros concerts.Caroline Guérin