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À son nom, ils accourent du monde entier. Il faut dire que la carrière du maestro de la clarinette et du professeur émérite de conservatoire, Guy Dangain, a de quoi susciter l’envie des plus jeunes d’apprendre à ses côtés. C’est d’ailleurs tout l’intérêt de l’académie internationale de musique de Nantua qui se déroulera du 7 au 15 août dans la commune haut-bugiste. Une académie où les plus talentueux confrontent leur pratique à celle de leurs aînés dans un cadre différent des conservatoires et écoles prestigieuses dont ils sont souvent issus.
Guy Dangain, 76 ans, épaulé par trois autres professeurs de talent, Daniel Paloyan, François Sauzeau, Bertrand Hainaud, veillera sur les 25 jeunes artistes comme sur un trésor. Il faut dire qu’à l’instar des élèves de sa classe de conservatoire à Paris, il accueille des prodiges. Seront là, dix clarinettistes chinoises et taïwanaises, des jeunes formées souvent par d’anciens élèves de même origine qu’il a lui-même formés au conservatoire, et qui espèrent intégrer les plus prestigieux conservatoires français. De jeunes français et étrangers travailleront ainsi de concert pendant une semaine.
La pianiste et les deux virtuoses
L’académie n’est pas un espace clos sur lui-même. Guy Dangain y veille jalousement. Son credo, ici comme pour la promotion des orchestres à l’école, -un autre cheval de bataille-, est de rendre la musique classique accessible au plus grand nombre. C’est pourquoi depuis la disparition du festival de musique du Haut-Bugey, il a maintenu autour de cette académie deux grands rendez-vous musicaux. Le premier ouvre la semaine et là encore, il fait place aux prodiges.
La Japonaise Shoko Gamo, 27 ans, lauréate cette année du concours international de Yokohama et de Kobé et ancienne accompagnatrice de Guy Dangain- que l’on avait entendue déjà l’an dernier, revient épauler les élèves. Dimanche 8 août, elle sera aux côtés de deux virtuoses en herbe.
À l’évocation du talent de Chloé Dufossez, flûtiste et de sa sœur Julie, clarinettiste, l’honorable musicien s’émerveille. Il s’étonne encore du programme que les deux sœurs ont choisi : « les variations sur Carmen » de Sarasate, une pièce extrêmement difficile. À 15 ans, Julie, son aînée n’a rien à lui envier.
Le talent de ces deux jeunes franco-chinoises est de ceux que recherche Guy pour étonner le public de l’abbatiale. Dimanche 8 août à 17 heures, il donne à entendre gratuitement ces trois artistes hors pair. Saint-Saëns, Rossini, Chostakovitch seront aussi dans leurs cordes. L’an prochain, Guy rêverait d’accueillir le jeune trompettiste, récompensé aux victoires de la musique classique : Romain Leleu, un autre talent précoce.
Strauss et Mozart
C’est en clôture d’académie, dimanche 15 à 17 heures dans l’abbatiale, que le second rendez-vous est donné au public.
Là, c’est du talent des 25 stagiaires que les spectateurs pourront juger. En une semaine de travail acharné, ils auront appris quelques pièces de Mozart à Strauss, du menuet à la valse. Un joli tourbillon musical parrainé par le grand chef d’orchestre Georges Prêtre dans une abbatiale qui célèbre cette année le 400e anniversaire de l’abbaye de Cluny.
Corinne Garay