•  AAuteur inconnu Anatole • Dimanche 8 août 2010 à 0h00

"Modèle en échec", le regard de Bernard Bienvenu

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Nicolas Sarkozy est le premier Président de la République à faire officiellement le lien entre « immigration insuffisamment régulée » et délinquance. Le rubicon du politiquement correct est franchi, lequel n’était jusqu’ici traversé que par les outrances de Jean-Marie Le Pen… Bien des commentateurs et journalistes condamnent ces propos présidentiels mais le Parti Socialiste lui-même se garde d’en rajouter trop. Peut-être parce qu’il est en vacances. Plus sûrement parce qu’il craint de se retrouver à contre-courant de l’opinion publique ! Car ne nous y trompons pas. La population est exaspérée par tous ces actes de violences graves. Et quand les policiers eux-mêmes se sentent menacés ou sont attaqués avec des armes de guerre, nos concitoyens n’ont pas besoin d’habiter des cités « chaudes » pour être saisis de peur et réclamer le retour de l’ordre.Les déclarations de Nicolas Sarkozy sur une possible déchéance de l’identité nationale des auteurs de violences sur représentants de l’autorité publique, ne doivent donc rien au hasard. Il prend en compte la réalité objective d’une actualité tragique qu’il veut sincèrement combattre. Et il se sait mieux placé que beaucoup pour reconquérir l’opinion avec le thème de l’insécurité. Il en a fait depuis 2002 sa marque de fabrique.

Pour autant, et le véritable risque de dérapage est là, peut-on dire ou laisser penser que les immigrés seraient par définition, nature et tempérament, plus enclin à la délinquance ? La réponse est non, mille fois non. Aucune statistique n’apportera jamais la preuve qu’il y a un lien entre immigration et violence. Pas parce que c’est faux, mais parce qu’il est interdit en France de faire des recensements par origine, race ou culture ! On se contente donc d’a priori, de on-dit et de ressentis que corrobore hélas le témoignage de ceux qui fréquentent les prisons… Aussi, ne pourrait-on pas reconnaître unanimement enfin, que le modèle d’intégration que nous avons choisi depuis des décennies est un échec ? Y a-t-il sacrilège à dire que l’assistanat généralisé et la victimisation systématique des jeunes issus de l’immigration ont conduit une minorité d’entre eux, à la ghettoïsation et à l’extrémisme ? Le témoignage d’un ancien directeur d’une maison des jeunes et de la culture de Grenoble, disponible sur le site internet de l’hebdomadaire Marianne, est de ce point de vue édifiant.

L’écrivain, philosophe et académicien Jean-François Revel en son temps ou le journaliste Éric Zemmour aujourd’hui n’ont pas été les derniers à fustiger la pensée unique. À leurs dépens souvent.

Sur une question aussi essentielle pour notre société, ce n’est pas d’une guerre idéologique droite gauche dont nous avons besoin mais de réponses adaptées à la réalité. Des mesures qui ne soient prises ni dans la précipitation et l’écume d’une actualité brûlante ni dans le déni de la réalité sous la pression de l’idéologie dominante.

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