•  GROSJEAN Etienne • Mercredi 25 août 2010 à 0h00

Témoignage : "J’ai sauté à 3 000 mètres d’altitude !"

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« Rassurez-vous, ce n’est que de l’air, ça ne fait pas mal !  » Quand le moniteur de saut en parachute fait son briefing aux sauteurs d’un jour, les rires sont jaunes. Surtout le mien. Derrière l’assurance apparente, je cache mon appréhension. Pas facile d’envisager une descente à 200 kilomètres/heure quand on a une peur panique de la chute. Mais une occasion comme celle-ci ne se manque pas. Alors j’écoute Bernard Cétier, parachutiste professionnel, expliquer avant mon saut l’art de la chute libre au néophyte que je suis. Il décrit alors un saut classique : « Vingt minutes d’avion pour arriver à 3 000 mètres d’altitude, un saut de 1 500 mètres qui durera une trentaine de secondes, puis une descente en parachute de 6 ou 7 minutes. »

Un saut minuté

La sécurité avant tout : le déroulement du saut est minuté au détail près par les moniteurs. « Vous devrez garder pendant le saut une position cambrée, les mains en l’air, les pieds en arrière. C’est une position aérodynamique », explique un moniteur. J’ai trois autres compagnons de chute avec moi. Nous serons donc deux par montée. « David, tu seras dans le deuxième avion », me dit Bernard Cétier. Pas de bol. L’attente n’en sera que plus longue. Mon amie m’avait pourtant dit le matin même que « le parachute, c’était génial ». Mais à ce moment précis, je ne retiens que ces quelques mots de mon patron : « Vous avez le numéro de quelqu’un, juste au cas où…  »

Les deux premiers candidats à la chute montent dans l’avion. Leurs épouses dégainent les appareils photos pendant le décollage de l’avion. Le ciel est nuageux, nous perdons rapidement de vue l’avion. Après plusieurs minutes d’attente, l’une d’elles montre, juste au-dessus de l’aérodrome, l’avion. Un minuscule petit point en tombe. Une chute libre, ça donne donc ça, vu de la terre… Trente secondes plus tard, les parachutes se déploient, et nous les regardons lentement atterrir sur l’aérodrome.

Comme un pantin désarticulé

Puis vient mon tour. J’accroche une caméra à mon poignet, histoire d’immortaliser l’évènement, et monte dans l’avion. J’y répète avec Bernard les moyens de communication en vol : une tape sur la tête, « en position cambrée », sur l’oreille, « position de sécurité ». Le signe du téléphone avec le pouce et l’auriculaire, « prends du plaisir ».

La porte de l’avion s’ouvre. Tout se passe très vite. Une monitrice, la caméra au casque, saute. Puis Richard, mon camarade de vol. Il ne reste plus que moi, je me lance. Et me transforme en pantin désarticulé. Un petit looping, et je me stabilise. Je reprends la position voulue par Bernard, perdue dans ma panique. Le vent et la vitesse empêchent de respirer correctement, les sensations sont fortes. Quand le parachute s’ouvre, je me surprends à penser : « Déjà ?  ». Règne alors un silence total, comme il n’en existe pas sur terre. Le temps de faire quelques virages en parachute qu’il faut déjà penser à l’atterrissage. Jambes en équerre, nous atterrissons sur la piste gazonnée de l’aérodrome. Essoufflé, je rejoins les autres sauteurs. Les avis sont unanimes : un saut en appelle d’autres. La chute procure un grand plaisir, mais trop court. Il me reste maintenant le DVD monté par l’équipe de Bernard Cétier, et des souvenirs plein la tête.

David Leduc

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