•  BIENVENU Bernard • Dimanche 29 août 2010 à 0h00

"Un débat qui dérange", le regard de Bernard Bienvenu

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Le débat actuel sur les Roms est malsain et caricatural. Malsain d’abord parce que la politique du chiffre est inappropriée quand il s’agit de populations en situation de dénuement extrême dont le comportement répréhensible de quelques-uns ne saurait être assimilé à une faute collective. Caricatural ensuite parce que les outrances verbales servent de paravents à l’absence de propositions alternatives concrètes. Comparer la politique des « retours volontaires avec indemnité » à l’extermination des juifs durant la seconde guerre mondiale est inacceptable alors qu’il s’agit de l’application d’une loi en vigueur depuis quelques années. Débat malsain et caricatural enfin parce que l’écume des vagues masque la proportionnalité de la situation. Combien sont-ils les Roms en situation illégale ? Combien des dix mille personnes renvoyées chaque année, reviennent ? Comment font les autres pays européens ? Que fait la Roumanie soutenue financièrement par l’Europe, pour les intégrer ?

Arrière-pensées politiques

Tout cela est évidemment marqué de toutes parts, d’arrière-pensées politiques. Sauf de la part du Pape qui lui, ne sera pas candidat en France en 2012 ! Mais qu’a donc dit Benoît XVI pour qu’il ait un tel succès médiatique ? En fait, rien de très nouveau. Il a simplement répété ce que l’Église dit depuis des siècles de la part de Jésus-Christ : « ce que vous faites au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous le faites… J’étais étranger et vous m’avez accueilli…  » L’Église est évidemment dans son rôle quand elle rappelle les valeurs de l’Évangile pour permettre un « vivre ensemble » dans le respect de chacun et notamment des plus petits. Ce sont toujours les mêmes valeurs qui la poussent non pas à donner des recettes pratiques mais à répéter les principes qui doivent guider les décisions. C’est vrai dans le domaine social, sur la question bioéthique, de l’avortement ou de l’euthanasie, débats dans lesquels l’Église est alors jugée illégitime parce que ça touche à des questions individuelles. Alors que là avec les Roms, c’est l’État, donc les autres mais pas moi ! Mais ils sont où ceux qui réclament l’installation d’aires de stationnement pour les gens du voyage à proximité de chez eux ou la régularisation de tous les Roms ?

Partage des richesses et de la solidarité

Oui, le démantèlement de camps illégaux de Roms, réfugiés chez nous parce que marginalisés chez eux, nous met mal à l’aise. On préférerait peut-être l’hypocrisie d’une ignorance silencieuse à l’examen d’une réalité objective. Dans deux semaines, quand on sera engagé dans la réforme des retraites, on sera sans doute bien content de passer à autre chose. Mais le sort de ces populations misérables et instrumentalisées ne sera pas réglé pour autant. Ni les problèmes sanitaires ou de sécurité qui se posent chez nous. Ni les conditions de leur intégration dans leur pays d’origine. Il est de notre responsabilité collective d’assumer la question du partage des richesses et de la solidarité. Et il appartient aux dirigeants de poser le débat dans des termes qui conviennent à nos valeurs.

J’étais étranger et vous m’avez accueilli

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1 commentaire

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Vos commentaires

  • citadelle

    A quoi cela sert-il d’expulser des personnes alors qu’on sait qu’elles reviendront ? J’avoue que je ne comprends pas la subtilité.

    Les camps démantelés, les caravanes confisquées ?Jj’avoue que là encore on est fort pour produire du traumatisme et de l’injustice.

    Des enfants de ces personnes sont nés sur le sol français il sont donc Français… Que fait-on d’eux. Sont-ils expulsés avec leurs parents, ou les séparent-on de leurs parents ?

    Je suis mal à l’aise non pas avec le dossier des Roms, mais et surtout avec cette politique qui s’abat sur une population sous prétexte qu’elle n’est pas insérée. A-t-on fait ce qu’il faut pour les insérer ? Nous les avons accueillis à une époque…

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