•  GARAY Corinne • Jeudi 18 novembre 2010 à 0h00

Les véhicules sans permis ont fait d’énormes progrès

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Le « teuf teuf teuf » des voitures sans permis est à mettre au rayon des souvenirs. Certes, ces voiturettes sont encore un peu plus bruyantes que les automobiles classiques.

Mais les énormes progrès qui ont été accomplis depuis leur apparition ont généré une nouvelle clientèle. « Lorsque nous avons débuté cette activité, se souvient M. Vivant, concessionnaire de véhicules sans permis sur Bourg-en-Bresse, nous vendions essentiellement à des personnes retraitées qui roulaient auparavant en cyclo. Grâce aux voitures sans permis, ils pouvaient rouler à deux, à l’abri des intempéries et pouvaient ramener les achats du marché. »

« Ce n’était pas vraiment un achat-plaisir », reconnaît-il. « Si le volume des ventes reste stable depuis deux ans, s’accordent à dire tant M. Vivant du garage éponyme que M. Johann-Howa, codirecteur de Bonnefond Automobiles, de nouveaux acquéreurs font le pas. Et cette clientèle nouvelle est assez inattendue. »

Clientèle rajeunie

« La nouvelle tranche d’âge, précise M. Johann-Howa, est principalement celle des 30-45 ans, et ce sont surtout des femmes. Bien souvent, elles n’ont pas essayé de passer le permis ». L’usage principal qu’elles font de leur engin est d’aller, par exemple, de chez elle à la gare, pour aller travailler, et chercher les enfants à l’école.

Autre clientèle : les parents qui ne souhaitent pas voir leur progéniture sur deux-roues.

Il s’agit de personnes qui habitent généralement en périphérie des agglomérations. Et assez aisées pour payer entre 9 000 et 14 900 € en neuf.

Mais l’investissement est rentabilisé dès lors que la voiturette passe de main en main. « La voiture suit la famille », remarque M. Johann-Howa.

La clientèle s’est rajeunie au fur et à mesure que les constructeurs parvenaient à réaliser des progrès techniques.

« Nos véhicules n’ont plus rien à envier aux traditionnels ; tant en ce qui concerne les équipements (lève-vitres électriques, climatisation, radar de recul, etc. Les structures tout alu et matériaux composites permettent de passer avec succès les « crash-tests ». Une véritable gageure, pour des « poids plume » de moins de 350 kg. »

« Il faut que les constructeurs soient hyper performants !  », s’enthousiasme le PDG du garage Vivant, qui commercialise la marque « Aixam », leader du marché et dont les usines sont en France à Aix-les-Bains.

Les jeunes n’hésitent pas, eux, à se rendre à Montpellier, par exemple, pour un week-end ou des vacances.

Ils descendent par les nationales, sur la rive droite du Rhône, afin d’éviter autoroute et voies rapides. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les retraits de permis ne génèrent que très peu d’achats. « Ce marché est dévolu à la location », déclare M. Vivant. Autre fait inattendu ; certains acquéreurs qui investissent en attendant d’avoir le carton rose se contentent ensuite de leur véhicule et ne passent pas l’examen.

Jean François Pan

Correspondant

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