Politique

•  GROS Ghislain • Mercredi 1 décembre 2010 à 0h00

Damien Abad au centre de toutes les discussions

Le député européen a acheté un appartement à Ambérieu-en-Bugey

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    Le député européen a acheté un appartement à Ambérieu-en-Bugey

« Parachuté » tête de liste pour la majorité présidentielle lors des dernières élections régionales, Damien Abad avait promis à ses détracteurs et surtout à ses électeurs que son implantation dans l’Ain serait durable. Huit mois après, le nouveau porte-parole adjoint du Nouveau centre confirme son engagement.


Il achète un appartement à Ambérieu


Après avoir installé sa permanence de député européen à Bourg, Damien Abad vient d’acheter un appartement à Ambérieu. « Mon implantation est durable. Je compte faire ma vie ici. On va donc me voir souvent », sourit-il. Et peut-être trop souvent au goût de certains. Depuis son élection en tant que conseiller régional, des élus cherchent en effet discrètement à l’évincer lors des cérémonies officielles. Ce fut le cas notamment lors de l’inauguration du Salon de l’auto à Oyonnax ou à Ambérieu. Sa présence ferait d’ailleurs régulièrement tousser le président du conseil général Rachel Mazuir. « Ce qui est marrant, c’est que les mêmes qui reprochaient mon parachutage lors des régionales en disant que je partirai aussitôt l’élection terminée me reprochent aujourd’hui d’être trop présent dans les manifestations. Je dérange ? Mais j’ai une logique et je m’y tiens. La moindre des choses quand on est élu dans un département vis-à-vis des électeurs est de s’y impliquer et de s’y implanter ».


Peur ?


La fougue, la jeunesse, le talent et l’ambition de Damien Abad feraient-ils peur ? Sandrine Castellano, ancienne adjointe aux finances d’Ambérieu, conseillère municipale d’opposition, le croit. « Dans un environnement politique un peu figé, l’action de Damien Abad détonne. Est-ce que l’on aurait perdu l’habitude d’avoir des femmes ou des hommes politiques présents sur le terrain et qui s’investissent ? Cela a tendance à étonner voire énerver ceux qui n’ont pas l’habitude d’en faire autant. Mais entre élus de la République, boycotter quelqu’un c’est lamentable. Personnellement j’ai toujours dit que j’étais prête à l’aider étant de la même famille politique que lui. Si jamais Damien décide d’aller aux législatives je le soutiendrai. Pour les municipales ? C’est à voir, nous sommes plus loin de l’échéance mais je serais ravie de faire liste commune avec lui à Ambérieu ».

Damien Abad assure ne pas « être un homme de polémique, de division ou de confusion ». Il veut « tendre la main » et travailler sur un territoire au-delà des étiquettes politiques. Et pour rassurer il explique ne pas être dans une logique d’élection mais d’implantation. « Je veux travailler avec mes mandats à donner une visibilité à ce département. Je ne concours pas à telle ou telle élection. Je verrai bien le moment venu comment les choses se présentent. Je ne ferme pas la porte mais je ne l’ouvre pas non plus. Le travail de député est quelque chose que je connais bien pour avoir travaillé pendant 5 ans à l’Assemblée nationale à la commission des budgets. Le plus important aujourd’hui est de fédérer. Mon programme pour l’année prochaine n’est pas un programme de campagne mais d’organiser des rencontres thématiques sur le bois, le tourisme, le développement économique de manière à rassembler des acteurs, des compétences au-delà des approches partisanes pour porter l’Ain en avant comme nous l’avons fait sur le dossier de la fibre optique ».


Fibre optique


Un dossier où l’Ain, via le syndicat Intercommunal d’énergie et de e-communication, a obtenu les 7 millions d’euros du fonds européen (FEDER). Damien Abad espère que l’Ain sera retenu par l’État comme l’un des cinq départements pilotes en France sur la fibre optique. Pour cela il multiplie les démarches auprès des ministres Mercier puis Besson. « Je n’ai pas de réserve parlementaire mais j’ai un bon réseau et je connais bien les membres du gouvernement ». Proche de l’ancien ministre de la Défense, Hervé Morin mais également de Jean-Louis Borloo, Damien Abad ne désespère d’ailleurs pas de les réunir sous une même bannière. Celle d’une grande maison commune rassemblant Nouveau centre, radicaux, Modem… « La famille centriste est aujourd’hui éclatée. Nous n’avons pas su reconstruire la famille UDF. Et sans un centre fort et autonome, la droite perd les élections territoriales. Mon objectif n’est pas de mettre un homme représentant un clan et de faire un fan-club derrière pour la présidentielle mais surtout de construire une force politique. La rencontre entre Morin et Borloo est une chose positive. Ils ont plus de choses à faire en commun que chacun séparément ». À 18 mois des prochaines échéances électorales, Damien Abad ne manque pas de chantiers : reconstruire un groupe politique, terminer son implantation dans l’Ain et songer à une éventuelle candidature… Un sacré programme !

Ghislain Gros

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