•  GROS Ghislain • Mardi 15 février 2011 à 0h00

Ambérieu-en-Bugey - Le Dr Raimondo s’explique

"On m’a traité comme un truand local. J’ai trouvé cela injuste.", explique le Dr Raimondo.

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    "On m’a traité comme un truand local. J’ai trouvé cela injuste.", explique le Dr Raimondo.

Touché par les critiques, le Docteur Franck Raimondo s’explique après sa mise en examen pour fraudes à la Caisse primaire d’assurance maladie et rappelle qu’à aucun moment il n’a été interdit d’exercice.


- Depuis combien de temps travaillez-vous à Ambérieu ?

- Je suis thèsé depuis 1992 et j’ai commencé à travailler sur le SMUR d’Ambérieu en 1993 en remplacement des anesthésistes. J’ai ensuite été recruté pour mettre en place un service d’urgence sur l’ancien site de la clinique, ce que j’ai fait jusqu’à mi 1996. Pour des raisons organisationnelles, j’ai arrêté cette activité que j’ai reprise en mai 1997. Au démarrage de l’activité, nous étions à 8 000 premiers passages en urgence et 250 SMUR par an. Aujourd’hui nous avons près de 20 000 passages en urgence et 800 SMUR par an.


- Que vous reproche la Caisse primaire d’assurance maladie ?

- La Caisse a porté plainte suite à un contrôle effectué sur la période du 1er janvier au 30 juin 2006. C’est la période où nous avons changé notre structure et uniquement sur cette période-là. On nous reproche des irrégularités dans la facturation. Une enquête va être diligentée. Elle n’a pas encore démarré. Je viens de prendre connaissance des éléments mais je ne peux vous les commenter étant soumis au secret de l’instruction.


- Avez-vous été interdit d’exercer ?

- Je ne suis pas et je n’ai pas été interdit d’exercer. Je n’ai jamais eu d’interruption de mon activité professionnelle ni par l’ordre, ni par la justice. On m’a demandé de ne plus me rendre à la clinique pour ne pas interférer dans la bonne marche du déroulement de l’enquête. C’est tout. Mais j’ai le droit de travailler.


- Reprendrez-vous vos activités à la clinique ?

- J’ai décidé volontairement de mettre fin définitivement à ma collaboration avec la clinique. Depuis le 20 janvier j’ai transmis mon contrat d’exercice professionnel qui me liait à la clinique à l’un de mes associés le Docteur Paget. Je ne suis donc plus le coordinateur, responsable des urgences à la clinique. C’est un choix personnel, ni imposé, ni obligatoire. Il est temps pour moi de tourner la page pour retrouver les bases de mon métier.


- Qu’allez-vous faire ?

- Je suis médecin, inscrit à l’ordre, pouvant exercer mon métier comme je le souhaite. J’ai entrepris des démarches début janvier pour ouvrir un cabinet de médecine générale dans le centre-ville d’Ambérieu. Je change simplement de localisation. Je pourrai prendre les patients de façon plus complète, ce que je ne pouvais pas faire à la clinique du fait de mes contrats d’exercice. Et puis quand je regarde la démographie médicale dans l’Ain et à Ambérieu, je crois qu’il y a une vraie nécessité à installer des médecins généralistes.


- Pourquoi avez-vous décidé de parler ?

- J’ai été particulièrement touché par ce qui s’est dit et écrit sur moi. On m’a traité comme un truand local. J’ai trouvé cela injuste. J’ai été peiné pour les gens qui m’ont fait confiance toutes ces années, mes proches et mes patients. Je n’ai jamais été mis en cause depuis 20 ans pour les soins donnés et les gens n’ont pas reconnu le portrait qui était fait de moi. Pris par le secret de l’instruction, j’étais et je reste très limité dans mon expression. Je ne peux rien dire des éléments que je connais. Mais je voulais quand même rétablir certaines vérités.

Propos recueillis par Ghislain Gros


Poursuivi pour 6 642 euros

En octobre 2005, le Docteur Raimondo s’est associé avec six autres médecins en accord avec l’ordre mais il n’aurait obtenu des feuilles de soins pour chaque médecin qu’en mai 2006. L’ensemble des praticiens a continué à utiliser les feuilles de soins au nom du Docteur Raimondo. C’est sur la période du 1er au 30 juin 2006 que le contrôle a été effectué. « Les faits qui me sont reprochés, s’ils sont retenus, concernent la totalité de l’équipe et non pas ma seule personne. Parce que je vois mal comment j’aurais pu travailler tout le temps tout seul ». Enfin le montant du préjudice pour lequel la Caisse primaire a porté plainte est de 6 642 euros sur six mois pour les sept médecins.

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