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La délinquance est en recul sur le département. Les chiffres du premier trimestre de l’année sont dans l’ensemble bons, se réjouissent le préfet de l’Ain, le procureur de la République, et les commandants de la gendarmerie et de la police. « Le travail et la coordination de tous les services paient », observe Marie-Christine Tarrare, la représentante du ministère public. Sur les trois premiers mois de 2011, 4 265 crimes et délits ont été constatés, un chiffre en recul de 5,3 % par rapport à la même période en 2010. Part prépondérante de la délinquance, les atteintes aux biens régressent d’environ 12 %, pour atteindre 2 947 faits. La diminution est très sensible (-28 %) sur les vols et dégradations d’automobiles, et sur les vols avec effraction chez les particuliers (-20 %). Les vols avec effraction dans les locaux industriels, financiers ou commerciaux, connaissent aussi une décrue. La préfet Philippe Galli voit dans ces bons résultats la conséquence, « de la constitution d’une cellule de lutte contre les cambriolages, de groupes d’enquêtes mixtes (police et gendarmerie), et d’une sensibilisation permanente de la population ». Les forces de l’ordre occupent le terrain et cela se voit : depuis le début de l’année, le procureur de la République a signé plus de 400 réquisitions autorisant des contrôles d’identité, des fouilles de coffres d’automobiles, etc.
Escrocs sur Internet
Même courbe descendante pour les statistiques des violences contre les personnes. Les forces de l’ordre ont enregistré 44 faits en moins qu’au premier trimestre 2010. Sur les routes, la tendance va dans le bon sens, même si elle est moins marquée. Il y a eu une très légère baisse du nombre d’accidents corporels (-1), nettement moins de blessés (-22) et un peu moins de tués (-2). La pression sera maintenue sur les automobilistes. Le préfet entend du reste utiliser les nouvelles mesures permises par la loi, comme la confiscation obligatoire du véhicule en cas de conduite sans permis ou de récidive de conduite sous l’emprise d’alcool et/ou de stupéfiant. « Ça peut cogner très dur », avertit-il.
Seul bémol dans ce bouquet de bons résultats : les escroqueries et infractions économiques et financières connaissent une progression préoccupante, avec 203 faits en plus enregistrés sur un an. Le mode opératoire reste vieux comme le monde : abuser de la naïveté d’autrui, en faisant croire à la possibilité d’un enrichissement immédiat sur un simple clic. La justice reconnaît être déroutée par cette délinquance sans frontière, incarnée par des escrocs opérant aussi bien depuis l’Inde, l’Afrique, que l’Europe ou l’Amérique. Même le procureur reçoit sur son ordinateur ces messages volontairement trompeurs… « Il faut être vigilant », recommande Marie-Christine Tarrare.
Philippe Cornaton