Pas de légende pour cette photo
En 2009, Gérald Thevenon avait initié un projet de formation aéronautique en créant sa société Gémilis Aéro sur l’aérodrome Terre des Hommes à Jasseron.
Gémilis Aéro dispense une trentaine de formations de pilote chaque année. Pour 3 000 € et dès 15 ans, la société propose une formation au pilotage d’ULM. Le stage s’échelonne sur 25 heures de vols en moyenne. À ses débuts, Gérald Thevenon souhaitait également développer des activités de thermographie sur des projets de grande envergure. Il s’était positionné en 2010 sur un appel d’offres dans le département, en proposant une offre à 45 000 €. Son concurrent direct, une grosse société du sud de la France proposait un budget de 70 000 € au départ. « Mais en quelques jours, ils ont revu leur plan pour proposer 1 000 € de moins que moi et ont emporté le contrat », se souvient Gérald. Alors qu’il croyait fortement en cette technique, cet épisode malheureux l’a dégoûté. « J’avais la conviction de proposer un produit intéressant avec comme objectif de réduire les dépenses énergétiques et les émissions de gaz à effets de serre ».
Aujourd’hui Gérald continue de proposer un outil novateur et de qualité à faible coût pour que chaque commune, quelle que soit son importance démographique, puisse en bénéficier pour mener des actions locales d’amélioration de l’habitat. « Nous travaillons sur la rivière d’Ain pour la surveillance des cours d’eau par exemple ». Gémilis Aéro a été choisie par la ville de Bourg-en-Bresse pour assurer la gestion et le développement de l’aérodrome Terre des Hommes.
Développer l’activité hydraulique
La société organise environ 300 baptêmes de l’air par an et souhaite développer l’activité hydraulique. « Les demandes d’autorisation sont en cours », assure Gérald qui maintient l’objectif de départ. « Nous souhaitons faire de l’aérodrome une base reconnue où l’on puisse exercer tout le panel de l’activité de loisir aérien ultraléger », rappelle-t-il. Nous proposons toute la chaîne, de la formation de pilote à la vente d’appareils ». Un hangar de 635 m² a été construit et inauguré l’an dernier. Après deux ans d’exercice Gérald tire un premier bilan de son activité. Si elle lui offre la possibilité d’exercer sa passion, il ne peut que constater la réalité du quotidien des petits chefs d’entreprises. « Les patrons français, ce n’est pas que le CAC 40 », insiste Gérald qui n’avait pas hésité à sacrifier une partie de son salaire pour pouvoir embaucher. « J’ai remarqué que plus vous vous développez et moins vous faites ce que vous aimez, regrette Gérald. Un chef d’entreprise doit être avocat, DRH, comptable et directeur marketing ». Les aides des administrations publiques sont souvent trop légères. « Quand j’ai voulu embaucher, Pôle emploi m’a envoyé des candidats dont le profil ne correspondait absolument pas à mes besoins et passer par des cabinets de recrutement était inenvisageable ». Mais son entreprise lui permet avant tout de faire ce qu’il aime et d’avoir un contact avec des personnes qui veulent apprendre ou au moins découvrir le pilotage aérien. « Piloter c’est aussi réussir à prendre de la hauteur et du recul. Quand vous êtes là-haut, les petits tracas du quotidien vous semblent tellement futiles. J’essaye de transmettre ça à mes élèves quand on est en vol, sans entrer dans de la psychanalyse de comptoir. Je peux vous assurer que beaucoup d’entre eux sont dans des dispositions différentes à la fin du stage. D’une certaine manière, piloter un avion vous transforme ».
Jonathan Hasdenteufel