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Sur l’ancien site de la SEITA à Mâcon viendront bientôt s’installer quatre entreprises en devenir, autour de SUPINFO, école d’ingénieurs dont les étudiants ont d’ailleurs un fort potentiel de création de leur propre entreprise : « c’est aussi un moyen de conserver ces talents dans la région », affirme Jérôme Tavernier, président de SUPINFO Grand Est.
La double particularité de ces sociétés : être spécialisées dans les Technologies de l’Information et de la Communication et être en phase préalable à leur création réelle. Elles se nomment : Wegatt, éditeur d’une plate-forme de fidélité multicommerces (le concept de carte « Fid’Bag » a déjà séduit des commerçants mâconnais) ; Magelia, éditeur de logiciel e-commerce ; BS4U, intégrateur et distributeur de la solution Microsoft Dynamics ; Tetrane, éditeur de logiciel spécialisé dans l’analyse des applications informatiques, afin d’en détecter les failles de sécurité.
Un incubateur d’entreprises
Avant que ces jeunes pousses ne s’épanouissent en pépinière, elles sont en maturation au sein d’un incubateur, qui se nommera à Mâcon INOBIZ. On doit ce pôle de compétence à la municipalité de Mâcon, à SUPINFO, et à ITELIOS, société de services en ingénierie informatique, experte dans l’e-commerce et les technologies innovantes.
L’incubateur a un rôle d’ancrage : il s’agit d’accompagner les porteurs de projet afin qu’ils puissent devenir créateurs de structures viables. Ces projets sont détectés par la Chambre de Commerce et d’Industrie ou OSEO, organisme officiel qui soutient l’innovation et la croissance des PME.
La principale difficulté pour ces jeunes entrepreneurs est de tenir après cet amorçage. Il ne suffit pas d’avoir une idée géniale. Comme le précise Stéphan Marrocq, codirigeant d’ITELIOS, « il est difficile de trouver des investisseurs-relais. Or, à ce degré de maturité, il n’est pas possible de fixer un objectif de chiffre d’affaires, comme pourraient le demander les investisseurs bancaires, notamment. Exiger cela ferait sourire les Américains », souligne S. Marrocq, qui sourit lui-même en ajoutant : « Il faut casser cela si l’on veut être ambitieux. La rentabilité ne doit pas importer à ce niveau. »
En attendant la cité de l’entreprise
Les quatre dirigeants et leurs équipes sont impatients de s’installer dans la nouvelle Cité de l’Entreprise. Le cadre de vie et la situation géographique de la ville sont soulignés par tous. Patrice Dacquin de BS4U insiste sur le potentiel attractif d’une cité si proche de la capitale mais aussi de la montagne ou de la mer. « C’est important de permettre à de jeunes salariés une telle qualité de vie. Pour leur propre bien-être mais aussi pour éviter le turn-over : ici, il y aura moins de sollicitations pour aller voir ailleurs. »
Pascal Lecellier (Wegatt) voit dans cette implantation une possibilité de « rompre l’individualisme. Il faut cesser de considérer l’autre comme seulement un concurrent ». Frédéric Marmond, dirigeant de Tetrane, renchérit sur le partage d’expérience, l’échange entre professionnels un jour confrontés à des problèmes semblables. « Actuellement, nous sommes 3 salariés ; les prévisions pour 2012 sont de recruter 8 à 9 personnes. Il sera plus facile de recruter dans un environnement riche, de mutualiser les infrastructures. »
À l’incubateur et à la pépinière d’entreprises s’ajoute la proposition d’un hôtel d’entreprises qui permettra un hébergement temporaire jusqu’à 4 ou 5 ans. Selon Christine Robin, 1re adjointe du maire de Mâcon : « l’important est d’accompagner les projets sur la durée pour éviter l’échec. »