Pas de légende pour cette photo
« Un cauchemar », dont ils aimeraient pouvoir se réveiller. Voilà comment Ghislaine Michaud, maman d’Alexandre, 24 ans, définit ce qu’elle et sa famille sont en train de vivre. Le 5 septembre, le couple qui réside à Nurieux-Volognat dans l’Ain, apprenait que son fils avait disparu. Lundi 12 septembre après-midi, deux gendarmes et le maire de la commune venaient leur apprendre la terrible nouvelle. Le corps de leur fils avait été retrouvé par un promeneur, deux jours plus tôt, à Amiens, dans un affluent de la Somme. Un endroit marécageux, qu’il faut connaître et qui est relativement éloigné de l’endroit où résidait la victime. Le jeune a été tué de deux balles, l’une au thorax, l’autre à la tête. Une autopsie a été réalisée, dont les résultats n’ont pas encore été communiqués.
Il avait rejoint une copine
Le jeune homme – qui n’était pas connu des services de police – avait choisi de quitter le département de l’Ain pour Amiens. Il rejoignait là-bas une copine rencontrée sur Facebook. C’est d’ailleurs chez elle qu’il s’était installé. « La dernière image que j’ai de lui, c’est à la gare, il était content », témoigne sa maman. Le jeune homme avait trouvé du travail sur un chantier à l’hôpital, dans les travaux publics. « Il trouvait très facilement du travail ». Passionné par les sapeurs-pompiers et le foot, il était fan du PSG. Ce grand frère protecteur envers son frère de quatre ans plus jeune que lui et sa sœur de 17 ans, avait beaucoup d’amis, raconte sa maman. « Il avait un appétit féroce, était gourmand de tout. (…) Et il voulait toujours faire plaisir ».
« Attente insupportable »
Depuis huit jours, les parents ne dormaient plus. La maman d’Alexandre espérait qu’Alexandre était parti sur un coup de tête, mais s’inquiétait de ne pas recevoir d’appel de ce fils qu’elle avait au téléphone tous les soirs. Le dernier contact a d’ailleurs eu lieu samedi 3 septembre. Alexandre blessé au travail – il avait un bras cassé – lui avait confié avoir mal. Sa maman lui a conseillé d’aller aux urgences, ce qu’il avait fait le lendemain. Un ami l’avait conduit à l’hôpital et l’aurait ramené devant chez sa copine. Elle aurait été endormie et n’aurait pas su s’il était rentré ou non. Cette jeune fille n’est pas non plus connue des services de police. Après quelques semaines passées dans cette ville, la victime semblait ne pas connaître encore beaucoup de monde.
Au cours de leur dernière conversation téléphonique, la mère de famille n’avait perçu aucun signe laissant voir une inquiétude quelconque chez son fils. D’ailleurs, si cela avait été le cas, « nous lui aurions dit de rentrer, ou nous serions allés le chercher ».
La distance, mais aussi l’absence de réponse sur cette mort donnée à bout portant, pour des motifs pour le moment encore inexpliqués, sont des éléments qui ajoutent à la douleur de la famille et rendent les choses plus compliquées encore. Les parents ont fait appel à l’avocat Hubert Delarue, qui a défendu notamment Alain Marécaux dans l’affaire d’Outreau. C’est désormais lui qui les tient informés de l’avancée de l’enquête. Dès la découverte du corps, une instruction judiciaire a été ouverte au tribunal de grande instance d’Amiens, pour assassinat (meurtre avec préméditation) contre X.
Caroline Guérin