Sonnés par l’avis favorable à la déclaration d’utilité publique pour le tracé nord du contournement ferroviaire de l’agglomération lyonnaise (CFAL) rendu par la commission d’enquête, les opposants avaient donné rendez-vous vendredi 30 septembre à Dagneux, à l’occasion de l’assemblée générale de leur association (A3CFAL).
Devant de nombreux élus, acquis à leur cause, le président Rémy Gauthier a fait part de son incompréhension devant le travail rendu reprenant l’indignation des élus dont nous avons rendu compte dans nos derniers numéros. « C’est à n’y rien comprendre. Ce sont ceux qui espèrent éloigner 100 trains/jour dans leur gare, qui voudraient faire croire que nous voulons préserver des jardins en bordure d’autoroutes, de voies ferrées et sous les avions en décollage et atterrissage de l’aéroport St-Exupéry. Ils disent que nous vivons déjà dans un couloir de nuisance, mais se proposent de nous en ajouter une de plus ! », s’indigne Rémy Gauthier. Ce dernier n’a toujours pas compris la position des élus d’Ambérieu. « Ils ne proposent rien de moins que de revenir à ce qui a été étudié, puis refusé il y a 2 ans… chez leurs voisins d’Ambronay. Les élus ambarrois municipalité et région ont reconnu avoir découvert en avril 2011 grâce à l’une de nos réunions publiques ce à quoi leurs représentants du comité de pilotage avaient participé en avril 2009. Depuis cette date, nous crions que les TER vont être sacrifiés sur la ligne Lyon-Ambérieu. Nous l’avons annoncé dans nos réunions avec force presse locale et régionale qui ont relayé nos craintes. Où étiez-vous élus d’Ambérieu ? Et pour faire accepter le CFAL et son impact sur Ambérieu, il y a une « réserve » de la commission d’enquête qui conditionne le projet à des protections acoustiques qui ne serviront que 5 années jusqu’au raccordement final d’une hypothétique LGV Rhin-Rhône Branche Sud. Ce ne serait pas risible si le projet initial qui ne passait pas dans Ambérieu, n’avait pas été amputé à Leyment justement pour ne pas construire des infrastructures qui ne serviraient que 5 ans ».
Conjointement avec les élus, l’association envisage de porter l’affaire sur le terrain judiciaire. Des recours seront intentés contre plusieurs points du dossier. Le maire de Niévroz Patrick Battista a rappelé qu’il comptait aussi beaucoup sur la prochaine enquête publique sur l’eau pour faire plonger le dossier. D’autres solutions ont été proposées comme d’acheter des parcelles sur les terrains concernés afin de compliquer et d’allonger les délais de réalisation de l’ouvrage. Mais certains envisagent aussi la manière forte. Des actions dures et pas seulement symboliques comme la collecte des cartes d’électeur. « Cela commence à bien faire. On nous mène en bateau depuis le début. On nous promet à chaque fois de nous écouter mais personne ne prend en compte nos craintes. C’est un bel exemple de démocratie que l’on nous donne. Mais attention bon et bête cela commence par la même lettre… Et, croyez-nous, leur tracé ne passera pas sans casse », déclare un opposant traduisant bien la colère qui est montée d’un ton sur la Côtière. Et ce n’est que le début…<br /
Présente à l’assemblée générale d’A3CFAL, la conseillère générale Danielle Bouchard, exprime sa déception et sa colère suite à l’enquête publique.
« Cette enquête a été instruite comme un procureur. Rien de ce que les communes et les habitants ont remonté n’a été pris en compte. Désormais le dossier va être confié à nos avocats qui vont examiner les recours possibles. Il y a des choses ahurissantes comme l’exemple sur les nuisances sonores à Dagneux où pour respecter les normes ils ne disent pas qu’il faudra que les fenêtres soient fermées et disposer d’une bonne isolation phonique. On s’est moqué de nous, une fois de plus. Je comprends la colère des riverains dont les craintes n’ont jamais été prises en compte. Et puis le problème des TER que RFF a toujours botté en touche est bien réel puisque pendant au moins cinq ans on va faire cohabiter le trafic fret et celui des voyageurs. Et rien ne permet de croire que la LGV Rhin-Rhône sera un jour réalisée. Je suis choquée que la proposition de tracé alternatif (le tracé Berthou passant par le parc industriel de la plaine de l’Ain) n’ait pas été sérieusement étudiée. Il y a une demande pour que cela passe là-bas. Cela apporterait un plus économique au parc industriel. Et ces gens-là se fichent de notre figure en nous proposant de récupérer les 150 hectares de délaissés pour en faire des jardins ouvriers ! Enfin je veux comprendre pourquoi il y a une différence de traitement entre notre secteur et celui du sud ! Que faut-il faire pour être entendu ? ».