•  BERNARD Nicolas • Mercredi 9 novembre 2011 à 0h00

Transport sanitaire : l’Ain en pointe mais peut encore faire mieux

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Créée fin 2007, Régul’action, société basée à Saint-Denis-lès-Bourg, prend en charge le secrétariat de l’ATSU 01 (Association des transports sanitaires urgents) et se positionne comme l’interface de régulation des urgences pré-hospitalières.



Ainsi, elle centralise les demandes d’intervention du Samu (le 15) et mandate les sociétés ambulancières (33 dans le département) sur l’ensemble du territoire, grâce à un système informatisé et à la géolocalisation des véhicules. Ce système informatique, complètement autofinancé par l’ATSU, a été développé dans l’Ain, par une entreprise d’Hauteville. Il permet de mailler le secours sur le territoire, d’assurer une équité d’interventions entre les entreprises et surtout d’être réactif face à l’urgence. À la réception d’un appel, la réactivité moyenne pour l’attribution d’une mission à un transporteur est de cinq minutes.


Fort de ses efforts et d’une organisation efficace, l’Ain compte aujourd’hui parmi les départements de France les plus en pointe : « Notre système d’organisation des transports sanitaires est performant, mais il pourrait être davantage développé », lance Christophe Frendo, ambulancier et président de l’ATSU 01, à l’adresse du député Xavier Breton. « Avec un million d’euros de plus dans notre budget annuel, nous pourrions mettre en place un système de garde de journée ». La demande peut paraître « salée », mais force est de constater que trois ans après, le système marche et est générateur d’économies. Et puis, n’est-ce pas en journée aussi que les pompiers manquent de volontaires ?


Une diminution de 5 % de la carence

« Lors d’une urgence Samu qui fait état de carence ambulancière, le centre 15 a recours au service du SDIS. Or l’intervention des pompiers est coûteuse en raison de l’armement des véhicules (trois ou quatre sapeurs contre deux ambulanciers). Ainsi, une intervention SDIS pour du secours à la personne est en moyenne facturée 400 €, alors que la facturation est de l’ordre de 200 à 250 € pour une intervention ambulancière », explique Christophe Frendo. Par ailleurs, la carence ambulancière enregistre, depuis la mise en place de cette régulation, une diminution de 5 %, soit une économie de 30 000 €. Un chiffre confirmé par le colonel des pompiers qui « se satisfait de ce système. Avec l’augmentation de l’activité, je crois qu’il y a assez de travail pour tous. Il faut donc poursuivre sur cette voie ».



Si le député Xavier Breton n’a pas donné de signal de moyen, il s’est montré particulièrement intéressé par ce système : « Il va falloir le stabiliser, car nous devons bien avoir à l’esprit qu’il va falloir répondre aux demandes de la société, souvent de plus en plus complexe, mais en économisant nos moyens. » Il a rappelé que ce système relevait au niveau national de l’ordre réglementaire et non de l’ordre législatif. Néanmoins, il a noté la volonté nationale de pousser plus loin ces dispositifs. « L’Ain étant en pointe et déjà opérationnel, ce serait bien que nous puissions bénéficier des développements ainsi que d’expérimentations futures », glisse Bernard Léger, secrétaire général de la Fédération nationale des transporteurs sanitaires. Le jeu se joue au ministère et à l’ARS…



Une meilleure prise en charge des secours, plus rapide, génératrice d’économies et soulageant l’activité des pompiers, voilà qui devrait aussi trouver grâce aux oreilles du président du SDIS et du conseil général. D’autant et c’est à noter, que l’association est aujourd’hui uniquement financée par l’adhésion des entreprises ambulancières.

Nicolas Bernard


Quelques chiffres

• 6 000, c’est le nombre de missions ambulancières faites l’an passé

• 200, c’est le nombre d’ambulances dans le département

• 33, c’est le nombre de sociétés ambulancières dans l’Ain

• 18-20 h, ce sont les heures où les ambulanciers manquent principalement de ressources. C’est aussi vrai tôt le matin.

• 11, le département est divisé en 11 secteurs d’intervention. Une sectorisation calquée sur la permanence des soins.

• 1 h 30, c’est le temps d’intervention minimum dans le pays de Gex ou à Bellegarde, car il faut évacuer les personnes vers Saint-Julien (Haute-Savoie). En moyenne, les trajets s’allongent. La réforme hospitalière privilégiant les grands plateaux techniques hospitaliers aux petits hôpitaux de proximité.

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