Déficit, plan d'austérité, Jean-Claude Mailly a donné, sans concession, la position de FO
Déficit, plan d'austérité, Jean-Claude Mailly a donné, sans concession, la position de FO
« Moi je n’ai pas d’actions en bourse et je n’en aurais jamais. » Jean Claude Mailly, secrétaire général de Force Ouvrière, invité mercredi à Bourg pour parler des déficits publics et des plans d’austérité, ne jouent pas son argent à la corbeille. Cela ne l’empêche pas d’être inquiet par la crise financière devenue crise économique et sociale qui touche le pays. Selon lui, la France glisse vers la récession. « Croissance à la baisse, chute de l’activité économique, baisse des carnets de commandes des entreprises, augmentation du chômage et diminution des recettes fiscales… personne ne peut affirmer aujourd’hui qu’il n’y aura pas de troisième plan de rigueur » estime le leader du FO qui dénonce « une austérité suicidaire puisqu’elle crée elle-même l’austérité ».
Face à cette situation, les bons résultats obtenus par FO lors de plusieurs récentes élections dans la Fonction publique (FO est désormais majoritaire) encouragent le syndicat à maintenir un discours cohérent sur ses revendications et les moyens d’action à mettre en place. Jean-Claude Mailly revient sur les manifs contre la réforme des retraites : «Nous avons toujours dit que les manifs ça ne suffisait pas. Nous avons proposé aux autres organisations un appel à une grève générale de 24 heures dans le public et le privé, mais on n’a pas été entendu. J’estime que c’est un peu du gâchis. Selon moi, la réforme de la retraite n’a jamais été une histoire d’espérance de vie. Elle a été faite pour satisfaire les marchés financiers ». Pour la prochaine journée de mobilisation du 13 décembre, Force Ouvrière a publié son propre tract et laisse les sections décider. « S’il y a une autre journée qui se prépare derrière et s’il n’y a pas la préparation concrète d’un appel commun à une journée de grève, ça sera sans nous… »
Pour les élections politiques de l’an prochain, comme toujours pas de consigne de vote donné par le syndicat. « La seule chose que j’ai envie de dire sur ce terrain politique c’est que le gouvernement en place joue avec le feu quand il tente d’opposer le public et le privé et quand il traite de fraudeurs les salariés en arrêt maladie. Il est en train de flatter le populisme le plus dangereux ».
A.L.