Dans la Plaine de l'Ain, la centrale nucléaire du Bugey.
Dans la Plaine de l'Ain, la centrale nucléaire du Bugey.
L’Agence de sûreté nucléaire a rendu public mardi son rapport sur les évaluations complémentaires de sûreté menées à la suite de l’accident de Fukushima. Son président André-Claude Lacoste l’a remis au Premier ministre.
À l’issue des évaluations de sûreté des installations nucléaires prioritaires, l’ASN considère que les installations examinées présentent un niveau de sûreté suffisant pour qu’elle ne demande l’arrêt immédiat d’aucune d’entre elles. L’ASN considère que la poursuite de leur exploitation nécessite d’augmenter leur robustesse face à des situations extrêmes. Elle va donc imposer aux exploitants un ensemble de dispositions et renforcer les exigences de sûreté relatives à la prévention des risques naturels (séisme et inondation), à la prévention des risques liés aux autres activités industrielles, à la surveillance des sous-traitants et au traitement des non-conformités. L’ASN considère que les facteurs sociaux, organisationnels et humains sont un élément essentiel de la sûreté. Elle restera attentive au renouvellement des effectifs et des compétences des exploitants. En particulier, elle considère que la surveillance des sous-traitants intervenant dans les installations nucléaires ne doit pas être déléguée par l’exploitant. En outre, elle a préparé un projet d’arrêté fixant les règles générales relatives aux installations nucléaires de base qui apportera une contribution importante à l’amélioration de la sûreté. L’ASN recommande que cet arrêté soit signé au plus vite. André-Claude Lacoste a estimé que ” l’accident de Fukushima marque l’histoire du nucléaire comme ceux de Three Mile Island et Tchernobyl : il y aura un avant et un après Fukushima “
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L’addition des remises aux normes des centrales nucléaires va être lourde. « La France va devoir investir, en plus des quarante milliards d’euros déjà budgétés, environ dix milliards dans ses centrales nucléaires pour en améliorer la sûreté », estime t-on chez EDF.
L’ASN va imposer :
- la mise en place d’un « noyau dur » pour maîtriser les fonctions fondamentales de sûreté dans des situations extrêmes. Les exploitants devront proposer à l’ASN avant le 30 juin 2012 le contenu et les spécifications du « noyau dur » propre à chaque installation.
- la mise en place progressive de la « force d’action rapide nucléaire (FARN) » proposée par EDF, dispositif national d’urgence rassemblant des équipes spécialisées et des équipements permettant d’intervenir en moins de 24 h sur un site accidenté.
- la mise en place de dispositions renforcées visant à réduire les risques de « dénoyage » du combustible dans les piscines d’entreposage des différentes installations.
- la réalisation d’études de faisabilité de dispositifs supplémentaires de protection des eaux souterraines et superficielles en cas d’accident grave dans les centrales nucléaires ou les installations de La Hague.
Lisez dans Voix de l’Ain en kiosque depuis le vendredi 6 janvier ce qui est dit dans le rapport sur la centrale de St-Vulbas.