Organom a mis en place un tarif incitatif. (photo d'archives)
Organom a mis en place un tarif incitatif. (photo d'archives)
Elle a été posée au mois d’octobre l’an passé. Une benne d’une contenance de 20 m3 est installée sur le site de la Tienne pour un usage spécifique. Elle reçoit les déchets de plâtre provenant des chantiers de construction. Après deux mois et demi de fonctionnement, quelque 14 tonnes de matériaux ont été collectées pour être ensuite recyclées dans une usine à Chambéry. Un démarrage timide. La démarche est expérimentale.
Expérience pour six mois
Organom, le syndicat mixte de gestion des ordures ménagères sur le grand bassin burgien, tente l’expérience sur une période de six mois avec l’appui des professionnels du bâtiment et des travaux publics (fédération départementale et syndicat CAPEB), des chambres consulaires (artisanat, commerce et industrie) de l’Ademe, et du Smictom Saône-Dombes (autre syndicat de gestion des ordures ménagères basé à Trévoux). « Ça fonctionne plutôt bien avec les petits artisans. L’apport moyen se situe entre 400 et 500 kg par dépôt », indique Elodie Chandelier, chargée de mission à Organom. Entreprise de plâtrerie-peinture basée sur la zone économique de Certines, Ardito-Jacquet a pris l’habitude d’évacuer ses surplus de plâtre à la Tienne. « Chez nous, on a une personne qui effectue chaque vendredi ce travail de tri des déchets et qui les évacue vers les sites de collectes. Outre le plâtre, on traite aussi les peintures, les ferrailles », explique Sylvain Jacquet, l’un des dirigeants. Cette attitude citoyenne a un coût : 60 000 euros par an environ, que l’entreprise ne répercute pas toujours sur ses clients. En contrepartie de son effort, la société Ardito-Jacquet peut se prévaloir du label « entreprise propre », notamment quand elle répond aux appels d’offres publics.
Tarif incitatif
Mais ce réflexe a encore du mal à se répandre dans la profession. La gestion des déchets demeure encore inorganisée sur la plupart des gros chantiers. Parfois, certains corps de métiers prévoient une benne pour évacuer leurs déchets. Mais elles récupèrent aussi les gravats des autres intervenants, et ça devient une poubelle fourre-tout. Car l’efficience du recyclage exige une collecte préalablement passée au tri. Pour le plâtre, les plaques avec du polystyrène, de la laine de verre, ou de la cellulose, ne sont pas acceptées à la Tienne (sauf quand elles sont collées). Pour discipliner les entreprises, Organom a mis en place un tarif incitatif : 93,91 € HT la tonne triée, contre 115,12 € la tonne non triée.
L’expérimentation sera évaluée en vue de pérenniser le dispositif. Organom espère plus d’engagement de la part des intéressés. De toute façon, ils y seront quasiment contraints. Le casier où sont enfouis les déchets de plâtre sera bientôt plein, et le site de la Tienne ne stockera plus dans le sous-sol par la suite. À l’avenir, les particuliers pourraient aussi se voir inciter à trier et déposer leurs plâtres dans les déchetteries. C’est à l’étude.
Philippe Cornaton