Les restos du coeur fonctionnent comme une petite entreprise.
Les restos du coeur fonctionnent comme une petite entreprise.
« Sans lui ça n’existerait pas, sans vous ça n’existerait plus ». La petite phrase avec le portrait toujours goguenard de Coluche barre la couverture du bilan d’activités de la campagne 2010-2011 des Restos du Cœur. « Nous sommes tous des petites fourmis », reconnaît Josiane Fion, la présidente départementale. « Mais quand on est plein de petites fourmis on peut finir pas faire quelque chose d’intéressant ». Ces petites fourmis actives, ce sont les bénévoles, une centaine sur le centre de Bourg plus de sept cents à l’échelon de l’Ain qui, comme disait Coluche il y a plus d’un quart de siècle, « trouvent insupportable qu’on puisse crever de faim au pays de la bouffe ».
« Comme une véritable entreprise »
De fait, ce jour-là dans les locaux du centre de Bourg, prêtés par la Ville rue des Blanchisseries, le centre a tout d’une fourmilière. On s’agite de toutes parts pour nettoyer, ranger, débarquer les marchandises, remplir les banques réfrigérées, préparer les étals. « On fonctionne comme une véritable entreprise » indique Josiane Fion. « C’est seulement comme ça qu’on peut fonctionner efficacement ». Une entreprise qui assure une aide alimentaire mais crée aussi du lien social. Ce qui fait sa force. Car même si cette plongée directe dans la réalité des conséquences de la crise incite rarement à se réjouir, l’ambiance est rarement morose aux Restos. « On mange tous ensemble, c’est rarement triste », témoigne un bénévole. Chacun sait parfaitement pourquoi il est là : se rendre utile en intégrant la fameuse petite phrase de Coluche : « je suis la manivelle des pauvres, je leur remonte le moral ». Dans le contexte actuel, l’entreprise est salutaire mais pas toujours aisée.
Des pics de fréquentation à Bourg et Oyonnax
Une récente réunion à l’échelon départemental a révélé une augmentation de la fréquentation des Restos de 3 à 4 %, mais surtout des pics inquiétants à Oyonnax (+30 %) ou à Bourg (+20 %). Ce qui n’est pas sans poser des problèmes au niveau de l’approvisionnement. Un constat qui renvoie à l’appel récent du président national qui évoque un besoin supplémentaire de cinq millions de repas d’ici la fin de la campagne d’hiver. « Car partout, on constate beaucoup plus de fins d’intérim et de fins des droits aux allocations chômage », constate Josiane Fion. Plus que jamais les Restos du Cœur justifient leur raison d’être en accueillant un nombre accru de femmes seules avec des enfants et aussi de plus en plus de retraités. Des gens qui vivent avec les minima sociaux. « Nous fournissons six repas par semaine et par personne, c’est une aide alimentaire, ce n’est pas une nourriture complète », précise au passage la présidente à l’égard de mauvais esprits qui prétendent qu’on remplirait trop complaisamment les frigos. « Qui peut prétendre se nourrir convenablement avec six repas par semaine ».
Des activités annexes qui créent du lien social
De nombreux services sont proposés : ateliers cuisine, points d’accueil bébé, accompagnement scolaire et lutte contre l’illettrisme, sortie théâtre, ciné vacances famille, microcrédit social, atelier coiffure ou couture et comme à Bourg une bibliothèque récemment redynamisée grâce à un bénévole.
Lisez la totalité de l’article dans Voix de l’Ain en kiosque vendredi 27 janvier.