•  GROSJEAN Etienne • Mardi 31 janvier 2012 à 0h00

Courses aux signatures : ils rament, ils rament les petits

Une promesse ne veut pas dire à coup sûr une signature.

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    Une promesse ne veut pas dire à coup sûr une signature.

Ils sont 47 000 élus français, maires, conseillers généraux, régionaux ou parlementaires à pouvoir accorder, dans la perspective de la présidentielle, leur précieuse signature à l’un des postulants au poste. Il en faut 500, réparties dans au moins 30 départements, pour pouvoir prétendre à la fonction suprême. Un jeu d’enfant ? Pas vraiment quand le nombre de postulants à l’Élysée avoisine la vingtaine (voir par ailleurs) ! D’autant que cette année plus encore qu’en 2007, la consigne des grands appareils est de tout faire pour limiter la dispersion de l’électorat.


Dans l’Ain, les « encartés » jouent très largement le jeu. Les socialistes et les radicaux apporteront leur griffe à François Hollande, les adhérents UMP au plus que probable Nicolas Sarkozy… Ces deux-là n’ont guère de soucis à se faire. A contrario, les « petits partis » travaillent depuis déjà plusieurs semaines à récolter des promesses, avant le fatidique 16 mars, date limite de dépôt des 500 parrainages nécessaires.


« Pour le moment, on cherche à accumuler des promesses de parrainage, sachant qu’il y a toujours une marge d’erreur », explique Jean-François Mortel, vieux briscard local du NPA, déjà fort aguerri à ces précampagnes. Et de tirer les conséquences des précédentes batailles : « En 1981, Alain Krivine devait se présenter. Nous avions récolté 600 promesses… Au final, nous n’avons obtenu que 480 signatures fermes. Il n’a pas pu se présenter. »


Aujourd’hui, « le NPA tourne autour de 360 promesses », affirme l’increvable Mortel « et aucune dans l’Ain, ou on en obtenait habituellement 6 à 10. » Alors, ils sont une dizaine à sillonner le département à la rencontre des élus. « On prépare des parcours, la documentation et on va frapper à la porte des mairies pendant les permanences. Le plupart du temps, on y est habitué, on essuie un refus. Soit parce que le maire a peur que son conseil lui en tienne rigueur, soit parce qu’il craint que ce soit considéré comme un soutien… mais globalement, ils sont plutôt accueillants et nous disent qu’on a du mérite. »


Presque tous. « Cette année, le maire de Coligny nous a fait un grand numéro, genre « vous avez 30 secondes top chrono », mais c’est l’exception ».


Je la donne au FN, « pour emmerder les autres »

Même son de cloche du côté du FN où on assure, toute précaution gardée, que Marine Le Pen n’aurait pour l’heure « que » 350 promesses. Le parti nationaliste peut déjà compter sur les suffrages de ses quelque 200 élus. Mais, pour les autres, les temps sont à la débrouille à en croire deux des candidats aux législatives, Gaëtan Noblet (5e) et Patrick Sokolovsky (2e).


« On se déplace, on prend des rendez-vous, on téléphone, on envoie des mails. Tous les moyens sont bons ». Deux élus du département auraient donné leur promesse. La maire de Champagne-en-Valromey (que nous n’avons pas réussi à joindre) et celui d’Évosges Michel Thiébaut, qui en avait fait de même lors des deux derniers scrutins. Pourquoi ? L’intéressé répond sans ambages « pour les emmerder ». Qui ? « Le PS, l’UMP… et vous les journalistes, je suis sûr que ça vous fait chier. ». L’édile d’Évosges, qui, comme le Génie des Alpages (1), ne cache pas son ancrage à droite, assure qu’il « aurait aussi pu donner sa signature à Mélanchon. » Comme un écho dissonant à une vieille boutade de l’ère mitterrandienne… L’emmerdant, c’est l’Évosges !

Étienne Grosjean

(1) : bande dessinée de F’Murr.


Les candidats de l’ombre

La plupart postulent pour défendre un thème unique. Ils ont officiellement annoncé leur candidature… les connaissez-vous ?

- Le professeur Victor Izraël (lutte conte le cancer)

- François Asselineau (Union Populaire Républicaine – UPR) (retrait de l’Europe, renationalisation d’entreprises…)

- Jacques Borie : Europe et Liberté. Il s’était déjà présenté. Cheval de bataille : l’Espéranto comme langue européenne.

- Patrick Bourson : Ensemble, redressons la France. Déjà candidat en 1995. « Pour que les gens du privé dirigent le pays, les fonctionnaires n’ayant de cesse de dilapider…  ».

- Stéphane Guyot : Parti du vote blanc. Tout est dans le titre. Promesse : « si je gagne, je serai aussitôt démissionnaire ».

- Patrick de Villenoisy : Alliance Royale. « Si je suis élu, j’appellerai le roi ».

- Clément Wittman, candidat écologiste, pacifiste et objecteur de croissance. « Rompre avec l’oligarchie et sa dérive en fascisme économique ».

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