Un homme de 35 ans a été condamné à un an de prison pour conduite en état d’ivresse sans permis et en récidive, et outrage à représentants de l’ordre public.
Un an ferme et maintien en détention. Le jugement est tombé ce lundi 30 janvier, à l’issue de l’audience de comparution immédiate. Et le président Vincent de mettre en garde le prévenu, étant donné son casier judiciaire, la sévérité des peines va aller crescendo. « Un jour, ces choses vont finir par être dangereuses. Pour vous et pour la société, il va falloir que les choses s’arrêtent ! »
“S’ils le disent, c’est vrai !”
Jeudi 26 janvier, les gendarmes de Bellegarde-sur-Valserine voient une voiture à cheval sur la chaussée et le bas-côté de la route. À l’intérieur, le prévenu, en état semi-comateux. Mais lorsque les militaires souhaitent contrôler son alcoolémie, il refuse, résiste, et leur donne de petits noms qui ne sont pas du tout à leur goût. Une fois passées les vapeurs de l’alcool, il répond sans détour. « Je ne me souviens pas. Mais je les connais bien ces gendarmes. S’ils disent que je les ai insultés, c’est vrai ! » Ce matin-là, comme chaque fois qu’il se rend sur la tombe de son père, le prévenu a commencé à boire. Et il a continué tout au long de la journée : boisson anisée, rosé, vin rouge. En fin d’après-midi, malgré le refus de sa compagne il lui a emprunté sa voiture pour aller boire chez des amis. C’est là qu’il a été cueilli par les militaires. « Vous n’avez jamais eu le permis ? Pourquoi conduire alors ! » « Ben, quand j’ai bu, je fais n’importe quoi ! » Un problème lié à l’alcool dont atteste d’ailleurs sa compagne. Le prévenu, débarrassé d’une dépendance à l’héroïne depuis 2006, explique qu’il souhaite aujourd’hui se soigner. « Mais ça vous pouvez l’entreprendre tout seul », a souligné le président Vincent.
“Prise de conscience”
Un taux d’alcoolémie ce jour-là visiblement très élevé, un casier judiciaire très chargé (14 mentions et 13 condamnations), le fait qu’il ait déjà bénéficié de sursis avec mise à l’épreuve, ont encouragé le procureur à demander un an de prison à l’encontre du prévenu. « L’enjeu, c’est qu’il vienne un jour ici avec un mort sur la conscience. Il démontre une incapacité à se prendre en mains. Il laisse penser que la seule mesure qui pourrait lui permettre de faire une rupture soudaine avec l’alcool serait une peine d’emprisonnement. » « Il a besoin d’une coupure », a approuvé Me Benbouzid. « La question est : de quelle durée ? » Il a insisté sur la situation personnelle et professionnelle de son client qui a une compagne et vient de monter une micro-entreprise. Il travaille également parfois en intérim. Prononcer une peine trop longue reviendrait pour lui à risquer de perdre cet équilibre. « Je vous demande de lui donner acte de sa prise de conscience et de sa bonne foi ».
CGu