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•  GUERIN Caroline • Lundi 6 février 2012 à 0h00

Il vole un ordinateur pour sa fille

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Un homme de 40 ans a été condamné à un an de prison ferme. Il avait été pris en train de voler un ordinateur portable dans une grande surface et avait déjà un casier judiciaire bien chargé.


« Quelle drôle d’idée, Monsieur ! Vous croyez que c’est la meilleure chose à faire pour vous rapprocher de votre fille, que d’y aller avec un ordinateur volé ?  » Dans le box des accusés, lundi 30 janvier, en comparution immédiate, un homme de 40 ans, visiblement ému, qui raconte onze ans sans voir ses deux filles. La plus jeune des deux a repris contact avec lui récemment. Samedi 28 janvier, il se rendait dans une grande surface à Oyonnax pour y acheter des bières. En passant devant le rayon informatique il s’est dit qu’un ordinateur portable ce serait un beau cadeau pour cette fille qu’il n’avait pas revue depuis plus de dix ans. Il a ôté l’emballage de l’appareil, l’a glissé sous ses vêtements et est passé en caisse. « C’est vrai que c’est absurde. C’est n’importe quoi !  », a-t-il reconnu devant le tribunal. Interrogé par la police, il a avoué sans problème les faits. Il a expliqué consommer environ 30 bières par jour. Une addiction qui en remplace une autre, a souligné Me Benbouzid. L’avocat a raconté une longue addiction à l’héroïne qui explique en grande partie le casier judiciaire relativement chargé de son client. « C’est très respectable d’être heureux de voir votre fille, sauf que vous faites tout pour ne pas la revoir !  », s’est étonné le président Vincent.


« Petite flamme »

Le procureur a mis en avant la récidive et les onze condamnations figurant au casier du prévenu, la gravité des faits liée notamment au prix du matériel volé, le fait que le prévenu ne semble pas respecter les obligations qui lui ont été formulées dans le cadre du sursis mise à l’épreuve et des garanties de réinsertion plutôt faibles qu’il présente. François Blanc a requis un an d’emprisonnement, la révocation du sursis mise à l’épreuve d’un an et le maintien en détention. La révocation du sursis avait été sollicitée par le juge d’application des peines. « Il a de l’or dans les mains. En tant que compagnon du Tour de France, il n’aura pas de mal à trouver du travail », a plaidé Me Benbouzid. Il a ajouté que le fait que sa fille souhaite le revoir sera certainement un facteur de stabilité pour cet homme qui visiblement n’avait pas la force de s’en sortir, « il se sentait seul et vide !  » L’avocat a demandé que le sursis ne soit pas révoqué et que la peine soit inférieure à un an, estimant qu’un vol sans dégradation et sans violence, ne présentait pas une gravité nécessitant l’application de la peine plancher. L’alcoolisme de son client ? « 90 % des héroïnomanes qui sont sous produit de substitution remplacent ce stupéfiant par l’alcool ou le cannabis ». Et d’ajouter que depuis sa sortie de prison, son client s’est rendu au centre d’alcoologie et a rencontré régulièrement le médecin qui le suit. « Il a respecté les obligations du sursis mise à l’épreuve », même s’il n’a pas reçu un des courriers du service pénitentiaire d’insertion et de probation. « Aujourd’hui, une petite lumière s’est allumée », a insisté Me Benbouzid, évoquant le contact avec sa fille. Le prévenu a été reconnu coupable et condamné à un an de prison, un mandat de dépôt a été prononcé. La révocation du sursis n’a pas été prononcée.

Caroline Guérin

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