Pas de légende pour cette photo
Qui se souvient de ce qu’il faisait en 1979, il y a 33 ans ? Jean Michel Delorme, le pilier droit du RC Dombes, s’en rappelle comme si c’était hier. Il avait 9 ans, et il signait sa 1re licence de rugby aux PTT Lyon. Depuis, Delorme et l’ovalie ont franchi un bout de chemin en commun. Et malgré les « révolutions » censées faire évoluer son sport favori, il y est resté fidèle toujours avec la même passion. « J’ai dû rater 2 saisons depuis cette date, dit-il. La première pour passer mon CAP de pâtissier. Mon père ne m’avait guère laissé le choix. Et en 2009 pour une intervention chirurgicale ». En un mot, il jubile, le gaillard de 42 ans, « c’est que du bonheur ! ». Il éprouve comme tout le groupe dombiste une sorte de plénitude, qui se traduit par un parcours sans accroc, symbolisée par un bilan de 11 victoires en 11 matchs. La dernière en date, dimanche 22 janvier, pour la reprise, à Villefranche (9-17), pourtant « une des meilleures équipes de la poule », avance le doyen. Cela vient confirmer la solidité et l’ambition des Villardois. « On a sans doute le potentiel pour aller voir plus haut, mais attention, la Fédérale 2 de 2012, c’est un autre monde. Les difficultés de Bellegarde, un club historique à ce niveau, le démontrent ».
Passé par Bastia
La Fédérale 2 justement, Delorme y a déjà goûté, en 2006-2007, à une époque où sa devise était « Forza Bastia ». « Oui, j’ai vécu une épopée mémorable dans le club à la tête de Maures. J’y avais signé suite à une mutation professionnelle. Il y avait plusieurs Toulonnais qui avaient rejoint le club. On perd en ¼ de finale de championnat de France mais ça nous autorisait à monter en Fédérale 1. Malheureusement, le club avait dû refuser l’accession, faute de garanties financières suffisantes ». Mais Delorme n’est pas du genre à ressasser les regrets, il va de l’avant. « C’est essentiel à mon poste ». Justement, quel regard porte-t-il sur l’évolution de la mêlée, sur le poste de pilier ? « Mes vis-à-vis sont… très jeunes et très mobiles ». Mais avec 104 kg sur la balance pour 1,80 m, il a su faire évoluer son jeu, lui, le 3e ligne centre de formation. « Bien sûr que je regrette les mêlées d’antan où ça poussait dur et fort, mais la sécurité ça reste important ». Oui, d’autant que le quarantenaire était aussi sur le flanc il y a 3 saisons ? « Oui, une double hernie cervicale et discale. Mais elles n’étaient pas forcément liées à la pratique de mon sport. Je fais beaucoup de route pour mon boulot de commercial et ça compte aussi ».
Solide comme un roc
Mais le gaillard s’en est relevé, solide comme un roc. « Je me suis remis en forme avec les Old Ducks, dont de nombreux joueurs étaient mes partenaires à mon arrivée au club en 1998, on avait fait une ½ finale de championnat de France Honneur ! » Et du coup, il est reparti au combat, prêt à relever de nouveaux défis, au sein de ce groupe qu’il décrit comme « super sain avec des éléments de grand talent au potentiel énorme ». Depuis, il partage le difficile poste de pilier droit avec un jeune du cru, Vivaldi, 22 ans. Un joueur d’avenir à coup sûr pour le club du président Duval. Un avenir à moyen terme que le pilier prépare aussi en entraînant les U13 du club, au sein desquels, on retrouve son fils de 12 ans, Théo. Forcément en plus de 30 ans de carrière, Jean-Michel Delorme a croisé des joueurs qui l’ont marqué. Il en cite 3 : « Jean-Pierre Di Stéphano qui m’a énormément appris sur le poste de pilier, Gérard Ludolph, demi de mêlée des PTT Lyon dans les années 75-80 lorsque le club jouait en 2e division et enfin Nicolas Larrue, maître à jouer bastiais passé par Toulon »… Et tant d’autres encore, rigole-t-il. Oui, il jubile Jean-Michel Delorme, mais il n’a pas dit que cette saison constituerait son jubilé ! « On verra ça en temps voulu ». Alors en attendant de faire des balades à vélo entrecoupées de « bonnes bouffes (sic), il a encore quelques combats à mener d’abord en Fédérale 3, et pourquoi pas en Fédérale 2 ? »
Lilian Daujat,
correspondant local