« Je ne serais pas venu s’il n’y avait pas eu de maison médicale », affirme le Dr Évrard, nouveau médecin généraliste de Tossiat. Cette commune de 1 390 habitants s’apprête à accueillir une maison médicale dès mars 2013. Les travaux devraient commencer en mars 2012. La maison médicale regroupera plusieurs activités. Trois médecins, une infirmière, une kinésithérapeute, une diététicienne suivront chaque patient. Ils aborderont chacun un aspect de leur pathologie.
Ce projet a séduit le Docteur Évrard. Pour lui, le travail en groupe, autour d’un même patient, permettra un suivi de meilleure qualité. De plus, la présence de divers secteurs de soins allégera leurs horaires de travail. Enfin, la proximité de la ville de Bourg est un atout majeur. L’hôpital Fleyriat et la clinique Convert sont à moins de 15 kilomètres du village. Toutes les communes rurales n’ont pas ces atouts. « C’est du suicide de travailler seul à la campagne pour un médecin généraliste. Le manque de matériel et la charge de travail sont ingérables ». Pour lui, la ville n’est pas non plus le meilleur endroit pour exercer sa profession. Il emploie le terme de « médecin jetable » pour qualifier le médecin de ville. « En ville, nous manquons de considération. Un patient change facilement de thérapeute, selon son humeur. La prise en charge du malade n’est pas optimisée ».
Néanmoins, le milieu urbain ne connaît pas les mêmes difficultés que le milieu rural pour renouveler son corps médical. C’est ce qui ressort d’une étude faite par la MSA (Mutualité Sociale Agricole). C’est aussi la principale raison qui a poussé Alain Perdrix, maire de Tossiat, à lancer ce projet. Interrogé sur le sujet, il s’exprime sur les motivations de cette entreprise. « Nous pensons que ce projet de maison de santé sera en adéquation avec les souhaits des professionnels de santé et les besoins de la population de notre bassin de vie ». Encore une fois, le travail pluridisciplinaire est le centre du sujet. Le maire de Tossiat pense que les différents professionnels de la santé aborderont mieux ensemble le suivi du patient. Sandrine Chatelet, infirmière libérale à Tossiat depuis 2009, développe plus en détail cette idée. « Prenons l’exemple d’un patient diabétique. Le médecin généraliste lui prescrira un traitement et suivra son taux de sucre dans le sang. L’infirmière lui apprendra à surveiller sa glycémie et à faire ses injections d’insuline. La diététicienne fera le point sur son hygiène alimentaire. Elle lui indiquera ce qui est autorisé et déconseillé dans le cadre de son alimentation. La kinésithérapeute surveillera son activité physique ». Elle ajoute : « C’est la coordination de nos travaux qui permettra le bon fonctionnement de cette maison médicale ». Le projet est ambitieux et l’équipe médicale est motivée. « Nous sommes une équipe plutôt jeune ayant les mêmes objectifs professionnels. J’ai vraiment hâte de commencer cette aventure », affirme la jeune infirmière. Tossiat prend soin de lui pour mieux prendre soin de ses habitants.
Corentin Porcheron