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•  GARAY Corinne • Mardi 19 juin 2012 à 0h00

Chasses suisses du Rhône : 1,7 millions de m3 de sédiments en transit

450 m3 d’eau par seconde s’évacuent dans d’incroyables remous !

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    450 m3 d’eau par seconde s’évacuent dans d’incroyables remous !


Dans un vrombissement d’enfer, une eau couleur béton surgit à la vitesse spectaculaire de 12 mètres/seconde en aval du barrage de Génissiat. 450 m3 d’eau par seconde s’évacuent dans d’incroyables remous ! De part et d’autre de l’ouvrage soixantenaire, la vanne de demi-fond, rive gauche et la vanne de fond, rive droite puisent en amont les sédiments du Rhône. Cette opération exceptionnelle conduite pour la 19e fois sur le Haut-Rhône depuis 1945, n’a pas eu lieu depuis neuf ans. Son but est précisément d’accompagner les chasses suisses du Rhône que nos voisins helvètes conduisent jusqu’au 20 juin prochain.


Pour pallier les risques d’inondations des bas quartiers de Genève, la Suisse, via les services industriels de Genève, l’exploitant du barrage de Verbois a demandé en 2009 à la France de procéder à ces chasses du Haut-Rhône. Ceci fait, elle pourrait à son tour libérer les sédiments, limons et graviers accumulés dans la retenue et provenant de l’Arve qui coule du Mont-Blanc jusqu’à Genève.


40 points de contrôles le long du fleuve


Côté français, la Compagnie Nationale du Rhône, concessionnaire du fleuve, s’est donc inscrite dans cette démarche réglementaire mettant en branle États, collectivités territoriales, associations de pêche et d’environnement… Le « chantier » a démarré en douceur, le 4 juin dernier. La Compagnie Nationale du Rhône (CNR) a fait redescendre le niveau de l’eau trois jours durant en amont du barrage de Génissiat jusqu’à moins 19 mètres. Elle a assuré un contrôle des déversements pour mieux mesurer le taux de matière en suspension qui ne doit pas dépasser les 5 gr par litre d’eau en moyenne. En 40 points du fleuve jusqu’à Givors, les matières en suspension sont scannées, des cartographies de fonds sont établies, des contrôles d’oxygène dans l’eau et de toxicologie sont effectués. Ici d’ailleurs, les PCB présents à l’état de trace dans le Haut-Rhône ne permettent pas de parler de pollution.


Éviter l’asphyxie des poissons


Côté Ain, six aménagements hydroélectriques ont été impactés par l’opération : Génissiat, Pougny-Chancy plus en amont et Belley, Sault-Brénaz, Brégnier-Cordon et Seyssel plus en aval. Les résultats de la station de Seyssel sont régulièrement transmis à Génissiat au poste de pilotage pour mieux contrôler les vannes. Vendredi dernier, le cours du fleuve était à sa côte minimale. Ce vendredi, le niveau d’eau devait revenir à la normale sur le cours du fleuve. On estime à 1,7 million de m3, le total des sédiments qui transiteront. Ce sont essentiellement des matériaux minéraux de très petite taille…


Depuis la fin de la semaine dernière, les Suisses ont effectué à leur tour la vidange du fleuve à hauteur du barrage de Verbois à 10 km au sud de Genève. Peu à peu, à mesure que le cours du Rhône va remonter en aval, les sédiments vont rejoindre la partie française du Haut-Rhône libérée des sédiments évacués ces jours derniers.

A Génissiat, compte tenu de l’afflux de sédiments au taux de matière en suspension plus important qu’imaginé, il a fallu ce lundi ouvrir « le saut à ski », une rampe d’évacuation supplémentaire… et mardi encore.


Une opération si pointue qu’elle est « montée » depuis deux ans, surveillée par un PC opérationnel créé de toutes pièces au barrage de Génissiat, et qu’elle mobilise 400 personnes pendant une quinzaine de jours. Sur le qui-vive, ingénieurs et techniciens de la CNR contrôlent cette opération délicate. La sécurité des populations riveraines est en jeu, celle du milieu aquacole plus encore. À la CNR, on a tiré les leçons d’un fâcheux épisode en 1978 qui s’était soldé par un taux de sédiments de 110 gr par litre et une asphyxie exceptionnelle des poissons jusqu’à Lyon.

Les pilotes de l’opération ont bénéficié d’une météo particulière favorable : un temps pluvieux et des températures de nature à ne pas stresser davantage les poissons, déjà bien déboussolés par cette grande chasse d’eau !


Tous les acteurs institutionnels et environnementaux du fleuve sont journellement tenus informés de l’avancée de l’opération et de ces éventuels effets. Les APPMA ont aussi leurs observateurs, le long des deux rives et sur les dérivations du lit du « vieux Rhône ». Le transit sédimentaire va poursuivre son parcours jusqu’au delta du Rhône en Camargue.


Pendant une année encore, les incidences de ces chasses vont être contrôlées et mesurées pour limiter les impacts sur l’environnement de ce fleuve gigantesque et vital.

Corinne Garay

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