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• Vendredi 25 janvier 2013 à 12h00

Parité : l’heure des femmes serait-elle (enfin) arrivée ?

Michèle Vianès, présidente de Regards de femmes.

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    Michèle Vianès, présidente de Regards de femmes.

A l’heure où les députés vont débattre du projet de loi visant à instaurer la parité dans les assemblées départementales, l’association Regards de Femmes, épaulée par le Conseil général, invite les femmes à une série de réunions interactives.

Objectif : les former et les informer sur le fonctionnement des collectivités et promouvoir leur accession à des fonctions politiques. A commencer par les conseils municipaux et les conseils généraux.

« Il s’agit de montrer aux femmes qu’elles aussi peuvent s’engager (…) Les deux freins qu’elles évoquent le plus sont la peur de ne pas être capable et la peur de manquer de temps », explique Michèle Vianès, présidente de Regards de Femmes.

« Une des finalités de ces réunions, c’est montrer que les femmes sont tout aussi capables que les hommes et donner des bases méthodologiques pour gérer son temps, pour connaître le fonctionnement des collectivités, les contraintes d’une fonction publique… Des choses indispensables à une élue : savoir dire non, savoir se présenter, répondre aux médias, faire accepter son engagement par son entourage… »



Le poids de la culture


Des obstacles beaucoup moins lourds que le poids d’une culture de domination masculine ancestrale, alimentée par l’éducation, la religion, le « modèle » familial…

« Cette action répond modestement à notre volonté de débloquer des stéréotypes très profonds, à intégrer l’universalité des femmes, qui représentent la moitié de l’humanité dans notre façon de penser. De ce point de vue, il nous apparaît évident que les femmes doivent être représentées dans toutes les structures et à tous les échelons de la société. »


La parité imposée par la loi ne peut-être que transitoire. « Nous ne défendons pas la notion de quotas. Mais si la parité s’avère la meilleure façon de faire évoluer notre culture, alors elle est nécessaire. »


Besoin d’être vues

Plus les femmes seront visibles, plus leurs absences seront remarquées. « Dans conseils municipaux des villes, ou elles sont généralement plus représentées, les gens se sont habitués à les voir. A force, cela ne choque plus personne de leur confier des responsabilités (…) » affirme cette élue de Caluire.

L’important, c’est « qu’on arrive à ce chacun fasse selon sa volonté et non pas en fonction de son sexe », renchérit notre militante.

Et de préciser, en guise de conclusion : « Nous évaluerons l’impact de cette action. D’abord d’après la fréquentation lors de ces réunions. Ensuite en fonction de la proportion qui se présentera aux prochains scrutins, le nombre d’élues et la part de celle qui accéderont à des fonctions exécutives ».

Et si demain, la femme devenait enfin un homme comme les autres ?


Etienne Grosjean


En pratique

Cinq réunions gratuites au choix :

-          2 février à Baneins

-          16 février à Saint-Nizier-le-Bouchoux

-          23 mars à Cerdon

-          6 avril à Civrieux-en-Dombes

-          13 avril à Lélex

Inscriptions : contact@regardsdefemmes.com ou 06 10 39 94 87.

Plus d’infos sur le site du Conseil général sur : www.ain .fr



Des partenaires

Regard de femmes bénéficie pour conduire son action, du soutien du Conseil général de l’Ain, qui assure la communication et la logistique, de l’association des maires ruraux de l’Ain et de la Délégation aux droits des femmes de l’Ain.



Une association internationale reconnue par l’ONU

Vous vous souvenez du slogan : mini Mire, mini prix mais il fait le maximum… La formule semble taillée sur mesure pour cette association qui, forte de moins de 150 adhérentes dans toute la France (une centaine en Rhône-Alpes), a obtenu en 2009 la reconnaissance en tant qu’ONG avec statut spécial au Conseil Economique et Social de l’ONU.

Ce qui signifie que ces intervenantes sont appelées à intervenir dans le monde entier pour défendre la cause des femmes. « Nous sommes une association de plaidoyer. No interventions portent toujours sur les problèmes rencontrée par les femmes, sachant qu’on retrouve plus de constantes qu’il n’y paraît d’un coin à l’autre de la planète (…) Nous servons aussi d’intermédiaires et de porte-parole pour d’autres associations. Le but, c’est montrer que les progrès sont possibles pour qu’hommes et femmes soient égaux en droits, en devoirs et en dignité ».

Finalité : « faire changer les lois ».

Contact et rens : www.regardsdefemmes.com.



 

Femmes et politique : un précédent encourageant

Regards de femme a déjà mené une opération pour que les femmes s’investissent en politique avant les dernières municipales dans le Rhône. Avec des résultats encourageants puisque 90% des participantes se sont ensuite présentées et plusieurs ont été élues maires.



Michèle Vianès : de la suite dans les idées

 

« Sacrée cliente » Michèle Vianès, comme on dit dans le jargon des journaleux. Passionnée, passionnante, limpide, brillante. Institutrice retraitée, elle partage depuis longtemps sa vie entre l’Ain (elle vit une partie de l’année à Savigneux) et Caluire (69) ou elle est notamment conseillère municipale. Le « féminisme », entendez la promotion du droit des femmes, elle l’a chevillé au corps depuis son enfance, en Tunisie. « J’y étais au moment de l’indépendance. J’ai vu Bourguiba considérablement élargir les droits accordées aux femmes (…) Cela doit expliquer que j’y suis aussi sensible”.

Essayiste (elle est notamment l’auteur D’un Voile sur la République), chantre infatigable de la laïcité, admiratrice de Simone de Beauvoir, elle s’est également vu remettre la Légion d’honneur des mains de Fadéla Amara en reconnaissance du soutien précoce apporté par Regards de Femmes à l’association Ni Putes ni Soumises.



Ce que pensent nos éluEs de la parité :



- FRANCOISE COURTINE, adjointe aux Finances à Bourg-en-Bresse.

« Dans de nombreux domaines, la parité homme-femme n’est pas naturelle. Dans le milieu politique, au bénéfice de l’obligation légale, la parité avance. Certes, il faut trouver des femmes pour constituer des listes paritaires et ce n’est pas simple, entend-t-on. J’ai la conviction que cette participation équilibrée des femmes, que ce soit au sein d’une équipe gouvernementale ou d’une équipe municipale incite nos consœurs à se mettre au service de la collectivité. Il ne faut pas s’imposer à soi-même un plafond de verre. L’exemple et l’enthousiasme sont contagieux. Osons, ai-je coutume de dire aux jeunes filles. Les femmes ont toute leur place en politique et ceci dans tous les domaines. Sans l’impulsion de la loi, je pense que la présence des femmes serait moindre. Dans mon cas personnel, toute nouvelle adhérente au PS, si au moment de constituer son équipe, le Maire ne m’avait pas proposé d’intégrer le conseil municipal, je ne serai sans doute pas son adjointe. L’arrivée des femmes en plus grand nombre en incite d’autres, Il faut dans tous les cas, une bonne dose de volonté et ne pas attendre que l’on vienne nous chercher. Il n’y a pas de domaine réservé ».


- SYLVIANE CHENE, vice-présidente de Bourg-en-Bresse.

« Bien évidemment en tant que femme élue locale, je ne peux que me féliciter de ce projet de loi qui devra permettre de réaliser la parité homme femme au sein des assemblées départementales. La représentation paritaire des femmes au sein des conseils municipaux depuis 2008  a été  un point positif  qui pourra ainsi conduire à une meilleure représentation des femmes dans d’autres instances de la vie publique.

Ce projet de loi proposé par le Gouvernement, est par conséquent, une étape important. Mon engagement dans la vie de la collectivité a d’abord été celui d’une citoyenne dont les valeurs sont basées sur celles de la démocratie et de la République, l’égalité et la justice en sont pour moi des fondements.

Après plus de quatre années d’expérience au sein du conseil municipal de Bourg-en-Bresse et également en  tant que vice-présidente de Bourg en Bresse Agglomération ou des femmes ont conduit des politiques aussi diverses que les finances, l’environnement, le développement durable, les travaux et pour ce qui me concerne les transports et déplacements, je constate que la parité même si elle doit être légiférée au départ, s’impose finalement de fait dans l’exercice concret des responsabilités locales. Globalement les femmes sont assez exigeantes sur les valeurs et attentives aux autres, deux qualités qui permettent de répondre aux attentes de nos concitoyens.

Cette évolution reflète à mon sens celle de la société ou les femmes investissent  aussi de nouveaux champs professionnels traditionnellement plutôt accessibles aux hommes. Toutefois, il perdure encore certains  obstacles à l’accès des femmes aux  mandats électifs : la compatibilité avec une activité professionnelle et la vie de famille n’est pas toujours un exercice facile et pose le problème du statut des élus.

D’autre part, le non cumul des mandats viendra je pense ouvrir aux femmes engagées de nouvelles voies vers la vie publique, locale ou nationale (…) »


Retrouvez aussi les avis de Christine Gonnu (vice-présidente du Conseil général), Pascal Guillon, Danielle Bouchard  (conseillères générales) et Monique Bruhiere (maire de Saint-Remy) dans la version papier du 25 janvier.

(1,5€ chez tous les marchands de journaux).






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