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•  LAJUS Chantal • Jeudi 5 septembre 2013 à 0h00

Stéphanie Roussel : envol pour le Japon avec Points-Coeur

Stéphanie : "Je n’ai pas envie de me dire plus tard que je n’ai pas vécu"

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    Stéphanie : "Je n’ai pas envie de me dire plus tard que je n’ai pas vécu"

Diplôme d’école de commerce (IDRAC Lyon) et CAP de tailleur de pierre en poche, Stéphanie Roussel, 25 ans, a fait le choix d’offrir 18 mois aux « Points-Cœur ». Direction le Japon.


Qu’est ce qui incite une jeune fille diplômée à mettre entre parenthèses 1 an 1/2 de sa vie là où d’autres se précipitent sur le marché de l’emploi ?

J’ai la chance de vivre dans un pays riche, d’avoir fait des études, d’avoir de l’eau au robinet etc. 18 mois ce n’est rien pour moi… mais si je peux les donner, pour d’autres c’est beaucoup ! Si tout le monde le faisait, chacun se porterait mieux ! J’ai la conviction qu’en apportant aux autres, on reçoit.

Moi, je n’ai pas envie de me dire plus tard que je n’ai pas vécu, que j’aurais pu… J’aime mon métier, j’ai fait l’expérience d’un travail en alternance… mais je veux prendre le temps de me poser cette question : de quelle vie ai-je envie, quelles sont mes priorités ? Est-ce que je veux une vie toute simple, ou autre chose de plus extraordinaire ? Je suis la dernière de trois enfants, j’ai une sœur qui est mariée et qui va être maman. J’ai des amis globe-trotters. Si je ne prends pas ce temps maintenant, après ce sera plus compliqué ! C’est le moment le plus opportun pour faire cette expérience dans l’humanitaire.


Pourquoi au Japon ?

J’ai passé une semaine au Japon il y a 7 ans. C’est un pays qui m’a séduite par ses contrastes. On y vit à 200 à l’heure et en même temps il y a un taux de suicides très élevé. Il y a un profond respect des traditions et aussi une ouverture à la nouveauté… J’ai appris les bases du japonais au cours de mes études. J’ai cherché sans en trouver des missions humanitaires, puis j’ai envisagé de partir un an avec un visa « vacances travail ». Et il se trouve que mes grands-parents ont appris l’ouverture récente d’un « Point-coeur » à Sendai, dans la zone dévastée par le tsunami. Quinze jours plus tard, je participais à un week-end de formation : la décision s’est très vite prise.


Qu’est-ce qui a emporté ta décision de partir avec « Points-cœur »

J’avais une préférence pour une association catholique qui véhicule des valeurs fortes auxquelles j’adhère. Dans l’humanitaire, on propose souvent du travail dans des écoles, des travaux d’irrigation… à Points-Cœur, l’important c’est d’être, avant de faire. On est là pour restaurer la dignité humaine, accueillir les personnes avec leur culture, leur passé, sans a priori. On est une présence qui écoute simplement parce que chacun a besoin d’être aimé. Il nous est demandé une abnégation totale qui n’est possible que parce qu’elle est soutenue par une vie intense de prière : laudes, complies, vêpres quotidiennes. Je fais implicitement, pendant 18 mois, vœu de pauvreté, de chasteté, d’obéissance ! J’ai rassuré mes amis : je n’ai pas l’intention de rentrer dans les ordres !


Qu’est-ce qui t’attend là-bas ?

Points-Cœur répond toujours à une demande de pays. La maison ouverte il y a un an accueille 5 volontaires qui vivent en communauté auprès des familles dans un esprit de compassion et d’amitié. Nous serons 4 Français et une Polonaise. Je reprends l’apostolat de cette dernière. Cela consiste à faire le repas pour les SDF 4 fois par mois, à visiter les « kasetsu » ces maisons provisoires dans lesquelles ont été relogées les familles victimes du tsunami.


Être volontaire, cela a un coût : comment cela se passe-t-il ?

Je finance mon billet d’avion et mon visa à hauteur de 1 100 euros. Ensuite le principe est le même pour tous à Points-Cœur : le coût moyen d’un volontaire est de 450 euros/mois. Chaque volontaire est pris en charge pendant la durée de son engagement par l’association, mais il doit trouver des parrains qui le soutiennent financièrement ou spirituellement. J’ai calculé : il faut que je trouve 8 100 euros sinon à mon retour je dois rembourser Points-Cœur. J’ai actuellement réuni la moitié ! Le don est nominatif, déductible des impôts et moi je m’engage à envoyer régulièrement des nouvelles.


N’as-tu pas des craintes sur les risques de radioactivité persistante ?

Non. Nous sommes à 300 km de Tokyo, 150 de Fukushima. Il n’y a pas de risque de radioactivité. Par contre la zone a été ravagée par le tsunami et la population a souvent tout perdu.

Propos recueillis par Chantal Lajus

Pour en savoir plus : www.pointscoeur.fr

Contact : roussel. stephanie@live.fr


Repères

Points-Cœur est une association catholique créée en 1990 par le père Thierry de Roucy. Elle intervient dans les pays riches comme dans les pays pauvres auprès de ceux qui souffrent de solitude ou d’exclusion, auprès des personnes les plus délaissées, particulièrement des enfants. L’association compte plus de 1 300 volontaires de 38 nationalités, présents dans plus de 20 pays.

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