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• Lundi 16 mai 2016 à 2h41

Rugby Fédérale 1 - Greg Garnier tire sa révérence (Vidéo)

Le guerrier Garnier va ranger casque et crampon. © Jeff Basset

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    Le guerrier Garnier va ranger casque et crampon. © Jeff Basset

Après des années de fidélité à l’US Bressane, Grégory Garnier raccroche. Dimanche 15 mai au stade Chanzy à l’occasion du match Soyaux-Angoulême – US Bressane, le 2e ligne burgien a jeté ses dernières forces dans la bataille. Une défaite (22 – 19) et une élimination au compteur aux portes d’une accession en Pro D2 (voir ICI). Et puis l’émotion de tourner la page d’une carrière aussi, au coup de sifflet final.




Vidéo Kevin Michaud



A cette occasion, relisez l’article sur lui paru dans le Mensuel rugby de Voix de l’Ain de Mars 2016 :



Grégory Garnier, l’ultime défi


Un grand gaillard d’un 1,90 m les yeux rougis, tenant d’une main son casque et restant prostré dans le couloir menant aux vestiaires. C’était le 19 avril 2015 et l’US Bressane venait de recevoir une claque par Vannes en 8e de finale de Fédérale 1 (24 – 47). Gregory Garnier, figure historique de l’US Bressane se demandait sûrement s’il venait de jouer son dernier match à Verchère. Mais lui qui porte le maillot violet depuis 2006 ne pouvait pas sortir tête basse après un tel fiasco. L’un des pires moments de sa carrière. « Tu es en phases finales, tu es l’un des favoris et tu échoues dans pas mal de domaines, rage-t-il encore. En plus, notre capitaine Manu Cassin arrêtait sa carrière et on lui a offert une « sortie de merde ». Alors moi, je ne pouvais pas arrêter. Stopper ma carrière sur un tel échec, non je ne pouvais vraiment pas ».


Un profil de guerrier


Du coup, à 34 ans Grégory Garnier a fait les efforts pour rempiler une saison. Pour la cinquième année consécutive, « l’ancien » évolue au poste de 2e ligne. Dans l’ombre. Au poste où un observateur  non initié a le plus de mal à voir si le joueur a fait un bon match ou non. En 2011, il y avait une pénurie de 2e ligne. « Les coachs ont demandé qui voulait bien passer à ce poste, se souvient Gregory Garnier. Mon jeu correspondait un peu au jeu de 2e ligne même si je touchais beaucoup de ballon à l’époque. Je suis passé à un poste de travailleur de l’ombre ». Rugbyman très coureur et offensif, il a endossé un nouveau rôle. « Avant, je marquais beaucoup plus d’essais, sourit le Burgien. Et puis, je n’ai pas un profil de 2 m et 120 kilos (« seulement »1,92 m et 103 kg) comme les profils que l’on voit en Top 14. Du coup, cela me demande plus d’énergie, je suis obligé de m’y envoyer deux fois plus ». Le Bressan compense par sa hargne et sa combativité. « Ma volonté et mon mental m’ont aidé à combler cela, confirme-t-il. En mêlée, je ne recule pas plus que les autres même si je ne fais que 100 « plombes » face à des 2e lignes qui en font 120-125. En Pro D2, j’étais passé en 2e ligne droit (celui qui pousse le plus ndlr) et cela ne nous avait pas empêché d’enfoncer une mêlée ». A part une parenthèse en 2e ligne – déjà – en cadet, Grégory Garnier a fait toute sa carrière en 3e ligne jusqu’en 2011. Avant donc d’avancer d’un cran, de toucher moins de ballons et de chercher du plaisir ailleurs. « Le côté combat, j’aime bien, avance Greg Garnier. J’ai été formé à l’ancienne méthode. Avec les anciens, il fallait aller au combat, tu n’avais pas le droit de louper cela. Aujourd’hui, je me dis que si je récupère un ballon dans un ruck où j’ai embrouillé tout le monde et que nous avons marqué derrière, je suis content. Maintenant, je prends du plaisir à avancer en mêlée par exemple ».



De la 3e à la 2e ligne


Heureusement pour le côté joueur du Burgien, le profil du poste a bien changé. « Il y a une quinzaine d’années, j’ai fait une saison à Valence, se souvient Greg Garnier. Comme je jouais 3e ligne, les anciens en 2e ligne m’ont dit : « toi tu cours, nous on s’occupe des rucks et du reste » C’était magique, je touchais tous les ballons et eux zéro. Cela a bien évolué.  Dans le rugby actuel, le projet de jeu oblige les 2e lignes à circuler. Nous voyons des 2e lignes qui courent de partout. Ils n’interviennent pas sur les premiers temps de jeu car ils sortent de touche ou de mêlée mais ensuite on les voit dans le mouvement. En équipe de France, il y a des 2e lignes qui touchent autant de ballons que les 3e lignes ». Avec une carrière commencée au début des années 2000 à Bourgoin, Grégory Garnier voit le rugby se transformer. « Le jeu a évolué pour tout le cinq de devant. Et je trouve cela assez intéressant d’avoir connu les deux styles. Il faut être moins cantonné à l’action besogneuse. Il y a dix ans en arrière, le 2e ligne servait surtout à mettre des coups de casque dans les rucks ». A par quelques exceptions. « Un Pelous était un précurseur dans l’évolution du poste, explique le Burgien. C’était un pousseur mais il se déplaçait vachement et il touchait des ballons ».


Un emploi du temps de ministre


En dehors du pré aussi, Gregory Garnier a su évoluer. Depuis 2013, le Berjallien de naissance est un joueur pluriactif. Les après-midi, il met le cap vers Chaveyriat où il travaille au sein de l’entreprise de Travaux Public Guillermin. « J’ai la chance d’être chez quelqu’un de tolérant qui me laisse faire ma passion du rugby », glisse le joueur. A mi-temps, le Bressan vit mieux sa carrière sportive. « Travailler me permet de couper, explique-t-il. Du coup, je viens m’entraîner avec plaisir alors qu’avant je pensais rugby en permanence ». En 2013-2014, il était l’un des rares joueurs de Pro D2 à mener une carrière hors rugby en parallèle. « Cette année-là, cela m’a aussi permis d’accrocher pendant une période où j’étais blessé et où on ne savait pas trop ce que j’avais. Chez moi, j’aurai ruminé, là j’allais travailler ». Du coup, il insiste auprès de ses coéquipiers sur l’importance de mener un double projet. Son expérience, il la partage en entraînant l’équipe réserve,  trois fois par semaine. « J’espère encore entraîner cette équipe l’année prochaine. Les joueurs me trouvent durs mais j’ai été formé comme cela. Il faut se battre, comme dans la vie. Et leur faire entendre l’importance d’avoir un double projet ». L’une de ses nombreuses casquettes au milieu de son agenda de ministre. « Le peu de temps qu’il reste, je le consacre à ma famille » glisse-t-il.



« J’arrive à la fin alors je profite de tout »


Lorsque Grégory Garnier est interrogé sur le temps qu’il lui reste à jouer en tant que rugbyman de haut-niveau, il sourit et glisse un : « pas longtemps ». En fin de saison, il y a de fortes probabilités qu’il raccroche. « J’arrive à la fin alors je profite de tout. J’ai un temps de jeu pourri mais je suis tellement content d’être là que ce n’est pas un souci. Bien sûr je garde mon tempérament de gagneur et je suis déçu à chaque annonce de ne pas être titulaire mais j’essaie de faire mieux pour la prochaine fois ». Compétiteur, il va pousser pour évoluer un maximum avec l’équipe jusqu’au bout de la saison. « Je dis à tout le monde qu’en fin de saison je raccrocherai sur un titre de champion avec l’équipe réserve et une montée en Pro D2 avec la première, sourit Grégory Garnier. Et à force que je leur dise, tout le monde commence à me croire ». On retrouverait alors sûrement le grand gaillard traînant dans le couloir qui mène aux vestiaires. Les yeux rougis encore. Mais avec le sourire aussi.


Julien Veyre



Un souvenir : la première montée

« Le meilleur moment de ma carrière, c’est la première montée avec Bourg en 2008, estime Grégory Garnier. Le club attendait ce moment depuis longtemps. C’était un truc de fou avec un énorme public qui nous suivait. Il y avait du monde sur les murs du stade, cela tremblait de partout. J’ai encore le DVD et il me met toujours des frissons quand je le regarde. C’est aussi l’un des pires moments car nous avions tellement fêté la montée que nous avons gâché notre finale pour décrocher le titre à Istres la semaine suivante. La plupart des joueurs avaient arrêté de faire la fête le jeudi quand certains ont continué la fête jusqu’au samedi ». Cette expérience aura d’ailleurs servi au groupe pour la finale suivante à Gerland face à Bourgoin en 2013. Aboutissant à un titre de champion de France.


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1 commentaire

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Vos commentaires

  • JULLIEN

    Grégory Garnier, un grand serviteur de l’USBPA, un très sympathique garçon qui avait toujours des grosses larmes aux yeux quand les joueurs passaient devant la tribune CGT à chaque match !Un grand Merci Grégory et au plaisir de te revoir.
    Signé:Patrick Jullien dit le Marseillais…

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