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• Lundi 23 mai 2016 à 20h30

Divonne-les-Bains - Bards of wales et Stabat Mater à l'Esplanade du Lac

de g à dr les solistes Hélène Cajka McClellan, alto et Baidar Khalaf al Basri, orientale et le chef Jonathan Griffith

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    de g à dr les solistes Hélène Cajka McClellan, alto et Baidar Khalaf al Basri, orientale et le chef Jonathan Griffith

Voir s’installer les 220 ans musiciens et choristes amateurs et professionnels qui vont exécuter « Bards of Wales » et « Stabat Mater » de Karl Jenkins, un des compositeurs classiques contemporains les plus joués, est déjà un émoi. Trois chœurs sont présents : l’ensemble Jean-Philippe Rameau, le chœur de Saubraz (Suisse), le chœur de Dunaujvaros, en Hongrie et l’orchestre de chambre de Genève regroupant 30 nationalités.

Cette soirée à l’Esplanade du Lac de Divonne, préparée de longue date est présidée par MM Blanc et Dunand, maire de Divonne et de Gex. Assiste également au concert, M. Laszlo Irinyi, commanditaire de « Bards of Wales ». L’histoire de cette œuvre est celle d’une amitié et d’une gratitude qui a abouti à un des morceaux les plus originaux de la musique classique.


Un mécène au grand coeur


En effet, Laszlo Irinyi, organisateur de festival reçut un jour un chœur gallois venu participer à une de ces manifestations. Le chœur eut la gentillesse de s’exprimer en hongrois et Laszlo imagina leur faire plaisir en leur rendant la pareille. Sa mère trouva donc un poème en gallois à la bibliothèque que Laszlo lut, quelques temps après à ces personnes.


Voulant aller plus loin, il fit la connaissance du compositeur Karl Jenkins à qui il commanda une musique pour faire de ce poème, une œuvre chantée. C’est en la chantant à New York que l’ensemble Jean-Philippe Rameau et Laszlo Irinyi se rencontrèrent et décidèrent de mettre sur pied la soirée qui eut lieu il y a quelques jours..


Deux œuvres fondamentalement différentes


« Bards of Wales » débute avec une timbale entêtante. Le rôle du chœur est prépondérant parce que c’est lui qui chante la mélodie et narre l’histoire, à la manière des chœurs grecs. L’orchestre le soutient et l’omniprésence de la harpe crée une ambiance celte. Le chœur répond à la voix chaude d’Hélène Cajka McClellan, alto. Ils se portent mutuellement, en osmose.


C’est une œuvre exigeante pour les musiciens, difficile pour les voix sans arrêt sollicitées, mais jubilatoire pour le public. Sous la baguette magique de Jonathan Griffith, chef mondialement connu, la musique est colorée, évocatrice, habitée par les percussions, les violons traités de la même manière et les cuivres. Jenkins est un musicien qui n’a pas peur d’utiliser les instruments lourds.


Le ténor gallois Rhys Meirion raconte, non sans humour, qu’il s’applique à rendre son personnage, le roi cruel qui fit massacrer nombre de Gallois dont 500 bardes qui refusaient de chanter ses louanges, le plus désagréable possible. Pour cause, c’est son histoire, elle lui parle au cœur. Et l’effet est des plus réussis.


Cosmopolite et fraternelle


Si « Bards of Wales » est un morceau épique, le « Stabat Mater » est beaucoup plus grave, tout dans la douleur et l’introspection de la mère voyant son enfant mourir sur la croix. Chanté en latin, langue vocalique, pour la plus grande partie, il y a çà et là, des vers en araméen, en grec, langues d’origine des Evangiles, puis de l’anglais.


Il s’agit d’une œuvre chrétienne traitée à l’orientale : ajout de la flûte nay d’Iyad Haimour, de la darbouka, percussion de base de la musique orientale, la voix sublimissime, dramatique de Baidar Khalaf al Basri en arabe. Ces deux musiques s’expriment de manières totalement différentes et cette association à l’orchestre symphonique sur des gammes communes aux deux, est un pari osé et un défi relevé.


Une voix claire et une voix émouvante


La voix profonde, sensuelle, expressive de Baidar, sa générosité orientale font des lamentations de la mère un moment d’intense émotion. Elle contraste et s’accorde avec celle, chaude et délicate, d’Hélène, alto, qui enlace le chœur et les vocalises de Baidar. Les rythmes orientaux poignent, partageant un chagrin extrême.


Si le temps est la mesure de la musique, celui de l’auditoire s’est arrêté, samedi soir. On ne sort pas indemne de ce creuset. Le concordat des langues et des musiques rappelle que le Christ était un Sémite, que son histoire, contée en plusieurs langues, en ces temps de laïcité galvaudée, est universelle, que la musique sacrée figure parmi les plus beaux trésors culturels. Voilà le message répandu par toute la richesse qui émanait de cette communion.


C. F. Correspondante Web dans le Pays de Gex

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Vos commentaires

  • Malgorzata Digaud

    Merci infiniment pour ce très bel article qui reflète à 100% notre magnifique prestation, notre collaboration avec les artistes internationaux et avec l’Orchestre de Chambre de Genève. Ce texte met en lumière un message universel, dont nous avons voulu passer par l’intermédiaire de cette belle musique.
    Avec mes meilleures messages
    Malgorzata Digaud

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