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• Jeudi 23 juin 2016 à 18h45

Bébés congelés : la mère jugée en appel

Audrey Chabot est jugée en ce moment à la Cour d'assises de Lyon.

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    Audrey Chabot est jugée en ce moment à la Cour d'assises de Lyon.


Lundi 24 juin et pendant toute la semaine, la cour d’assises d’appel de Lyon jugera Audrey Chabot, originaire d’Ambérieu-en-Bugey, une femme de 36 ans, pour le meurtre de deux nourrissons. Par deux fois, en octobre 2011, puis en novembre 2012, elle avait accouché au terme d’une grossesse cachée, puis avait noyé ses bébés.



En mars 2015, la mère infanticide avait été condamnée à 23 ans de réclusion criminelle et à 5 ans de suivi socio-judiciaire par la cour d’assises de l’Ain. L’avocat de la défense et le Parquet avaient fait appel (voir ci-contre). « Ce n’est pas un crime ordinaire. C’est un crime qui repose sur la tristesse, sur une image dévalorisée de soi. Ces femmes-là sont au fin fond du désespoir. Elle a l’impression d’être une mauvaise mère. Ce sont des mécanismes psychologiques particuliers. Il y a de l’amour dans ce passage à l’acte », un message difficile à expliquer, précise Jean-François Canis, avocat de la défense.


Lors du précédent procès, certains experts avaient évoqué un déni de grossesse. D’autres avaient refusé cette idée, concédant un déni partiel, une « conscience confuse », et une altération du discernement au moment des faits, liée à l’accouchement. Si le nourrisson né en 2011 avait vécu une semaine, le deuxième avait été tué juste après l’accouchement. Idem pour les tout premiers faits commis en mars 2002. Elle venait de donner naissance à son bébé lorsqu’elle avait demandé à sa mère de le tuer pour elle, ce que cette dernière avait fait sans opposer la moindre résistance.



« Une réflexion profonde sur ces faits »

 


Les deux derniers nourrissons, elle les avait emmaillotés et conservés au congélateur. « Je n’ai pas pu m’en séparer tellement je les aimais », avait-elle expliqué devant le tribunal en 2015. Elle avait aussi raconté ouvrir fréquemment la porte du congélateur pour toucher ses enfants et leur parler. L’enjeu pour l’avocat de la défense, parvenir à faire entendre la particularité de cette affaire. Une particularité liée « au déni de grossesse, au vécu de cette femme et notamment aux conditions particulières de la première affaire ». Et à son rapport avec cette mère capable de tuer son petit-enfant, mais qui n’a pas fait preuve de beaucoup d’affection et d’empathie par rapport à sa propre fille. Me Canis s’emploiera à démontrer le chemin parcouru par sa cliente. Elle qui a reconnu les faits depuis qu’ils ont été découverts, bénéficie aujourd’hui d’un suivi psychologique et psychiatrique « très sérieux » en prison. Elle a choisi de subir une ligature des trompes. « Elle regrette profondément les faits qui lui sont reprochés. Elle est dans une réflexion profonde sur ces faits », insiste son avocat.


Me Canis évoquera certainement l’amour de cette femme pour son fils, aujourd’hui âgé de 16 ans. Un fils qui a accepté récemment de renouer avec elle. Pour ce fils aussi, dont on ne sait pas encore s’il sera présent au procès mais qui est représenté par Me Audineau, ce procès sera un moment difficile et douloureux. « Il aurait préféré que tout cela soit terminé », explique son avocate. Lui se pose des questions par rapport aux actes commis par sa mère. « Il exprime toujours une certaine colère et il se pose toujours la question : pourquoi suis-je le survivant ? » Pour l’ex-compagnon de l’accusée le premier procès avait abouti « à un certain apaisement », selon son avocat Me Pilloud. « Les explications des experts psychologues et psychiatres par rapport à ces grossesses cachées l’ont libéré d’une charge vis-à-vis de sa propre responsabilité et du regard des autres », a expliqué Me Pilloud.


Les spécialistes avaient mis en exergue le fait que, si ce dernier ne s’était pas aperçu des grossesses, d’autres personnes qui côtoyaient l’accusée – et notamment les services sociaux – n’avaient rien vu non plus. Le père des deux nourrissons avait, lors du premier procès, raconté avoir du mal à se situer par rapport à eux. « Il a conscience que ce sont des enfants, mais il a des difficultés à se situer par rapport à ces nouveau-nés », précise Me Pilloud. Ce nouveau procès est envisagé comme une épreuve par celui qui est décrit par son avocat comme une victime.



Caroline Guérin


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