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• Samedi 6 août 2016 à 8h00

Portrait de l'été - Pierre Neyra, le maître des tatamis de l’Ain

Le maître des tatamis dans son dojo de Saint-Denis-les-Bourg.

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    Le maître des tatamis dans son dojo de Saint-Denis-les-Bourg.



« Quand j’avais 10 ans, j’étais maigrichon. Je subissais les agressions classiques à l’école. Ma mère m’a alors proposé de faire du judo, j’ai essayé, ça m’a plu. Aujourd’hui, j’ai 41 ans de licence. Et voilà la bestiole. » Pierre Neyra en plaisante aujourd’hui. Mais avec son physique impressionnant et sa ceinture noire (4 e dan*), pas sûr que ses ex-camarades d’école ne l’embête encore.


Alors qu’il a passé sa jeunesse à Lyon, Pierre arrive dans l’Ain dans les années 90, « pour le boulot ». En fil rouge de sa vie, le judo. « J’ai même fait l’armée dans le judo, se souvient-il. Depuis que j’ai débuté, je n’ai jamais lâché le kimono. » En 1995, il passe une formation pour être encadrant sportif au niveau départemental. Huit ans plus tard, il obtient un diplôme qui lui permet d’être cadre technique. De là, il organise les manifestations dans l’Ain. C’est le Monsieur judo du département.


Toujours la même année, en 2003, il créé le club de Saint-Denis-les-Bourg (club qui existait autrefois, mais qui était rattaché à celui de Bourg). « Aujourd’hui, nous avons entre 200 et 250 licenciés, avance-t-il. Nous sommes une des cinq premières associations du département. Nous avons de très bons jeunes, du championnat de France à la médaille de bronze aux championnats d’Europe, en passant par une championne suisse. »


Comment la mayonnaise a-t-elle pris ? Pierre Neyra aime l’originalité. Il encadre les jeunes dès l’âge de deux ans. « Je suis peut-être le seul au monde à le faire, le bébé-chuteur ! Ce n’est pas un cours à part entière. La seule obligation c’est qu’il y ait un membre de la famille présent. Car moi, je montre ce qu’il faut faire, mais c’est ensuite les parents qui prennent le relais. » Autre cours original, créé par Pierre, le jiujifit. « Ce cours est fait seulement pour les femmes, explique le judoka. Aujourd’hui, il n’existe pas grand-chose pour que les femmes puissent s’exprimer, bouger, se faire plaisir dans les clubs d’arts martiaux. Nous nous sommes donc rapprochés de la plateforme Sport Santé afin de développer ces activités. On travaille tout à part la chute et le combat. » En plus de ça, Pierre propose d’autres cours : le Taiso (gym issue des arts martiaux), le Newaza (judo au sol), je jujitsu (art de défendre, désarmer sans faire mal) et le jiujitsu brésilien (seulement au sol).


Entre ces cours et son travail de cadre fédéral, Pierre vit pour le judo. Sa famille l’accompagne également. « Ma femme n’est absolument pas sportive, mais elle est secrétaire au club. Mes deux filles sont ceintures noires (1 er et 2e dan). L’une des deux, qui est maintenant institutrice, donne même certains cours de judo désormais (possible à partir du 2 e dan). » La relève est déjà assurée.


Si le judoka n’a jamais gagné beaucoup de compétitions auparavant (3 e au championnat de France militaire), il a quand même participé à la préparation olympique de 1984, où il rencontra Angelo Parisi. « C’était ma référence à l’époque. Il avait un judo assez agréable. Mais il ne faut pas se cacher derrière un champion. » En effet, quand on lui demande son avis sur David Douillet, il reste assez perplexe. « J’ai bien connu David, nous sommes de la même génération. Je l’ai beaucoup admiré lorsqu’il combattait. Mais ce que je regrette aujourd’hui, c’est qu’il ne rend pas au judo ce que le judo lui a donné. Il ne lui donne pas une image de marque alors qu’il l’a rendu célèbre. » Au grand regret de Pierre, son sport n’est pas assez médiatisé. « Nous avons onze champions olympiques, les judokas ne les connaissent pas tous, regrette-t-il. Dans les médias, on ne parle de nous que tous les quatre ans, pour les JO, car souvent on ouvre le compteur des médailles. » Peut-être un espoir, à court terme, Teddy Riner sera le porte-drapeau de la France à Rio. « On ne parle que de lui, Decosse par exemple, n’est presque pas mis à l’honneur. »



En tout cas, à son niveau, l’original Pierre Neyra œuvre littéralement pour son sport, et n’est pas prêt de s’arrêter. Même si ça ne déplairait pas à celui qui sort d’un bac électrotechnique d’ouvrir un jour son propre food truck …



Florent Regnault


*En judo, les classements se font par ceinture, la plus connue étant la noire. Arrivé à ce stade, les judokas obtiennent des « dans », de 1 à 10 voire 12. Ils s’acquièrent en passant des examens mettant à l’épreuve la technique, mais surtout l’expérience du judoka. En comparaison, Teddy Riner est 5 e dan, David Douillet 7 e dan et Vladimir Poutine … 8 e dan.





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