Actualités

• Dimanche 7 août 2016 à 12h00

Patrice Chocholski : « Plus que jamais nous avons besoin de dialogue interreligieux »

Patrice Chocholski, lors d’une rencontre interreligieuse à Ars.

  • Illustration actu Grande illustration actu

    Patrice Chocholski, lors d’une rencontre interreligieuse à Ars.


Au lendemain de l’assassinat, revendiqué par Daech, du prêtre Jacques Hamel, 86 ans, égorgé dans son église à Saint-Etienne-du-Rouvray en Normandie, le père Patrice Chocholski, recteur du sanctuaire d’Ars, en appelle à la miséricorde et au dialogue interreligieux.



Comment avez-vous vécu ces événements ?


On est horrifié par cet événement. Et pas seulement la communauté chrétienne, j’ai beaucoup d’amis musulmans qui m’ont écrit immédiatement, ils étaient bouleversés.



Les catholiques et plus particulièrement les prêtres ont-ils peur aujourd’hui ?


Non, les chrétiens ne vivent pas dans la peur mais dans l’audace de l’amour et de la miséricorde. Même si nous avons besoin de nous ressourcer, les réactions spontanées ne sont pas toujours les bonnes.

Mais on a décidé de vivre dans le don de soi. Même si ce n’est pas toujours facile, le sens de notre vie est de tout donner.

Quand j’ai entendu que ce prêtre avait été égorgé lors de la célébration de l’eucharistie, cela m’a rappelé une messe que j’avais célébrée à San Salvador il y a quelques années, sur l’autel près duquel Monseigneur Romero avait été assassiné d’une balle, pendant qu’il célébrait l’eucharistie lui aussi. Et il ne s’agissait pas de musulmans. Il était en train de dire la parole de Dieu « ceci est mon corps, ceci est mon sang ». L’assassinat du père Jacques Hamel m’a beaucoup touché, car lui aussi a accompli dans son corps ce qu’il a célébré. Avec Jésus, il a donné sa vie.

D’une certaine manière, cela a permis à l’Église, quand je vois les réactions d’hier et aujourd’hui, de s’exprimer de manière plus claire sur ce qu’est sa mission, c’est-à-dire apprendre à aimer comme le Christ, le premier à donner sa vie sur une croix.




Quel message avez-vous envie de donner à la communauté chrétienne ?


Ce que je demande aujourd’hui, c’est qu’on soit dans la prière et l’écoute de la parole de Dieu pour trouver la force de répondre à la haine par l’amour inconditionnel et la miséricorde.

Ces derniers temps, tous les jours, on voit des jeunes venus de pays différents faire une halte à Ars avant de rejoindre les Journées Mondiales de la Jeunesse de Cracovie. Le pape François a appelé le monde entier, quelles que soient les religions, à converger vers Cracovie pour trouver des chemins de paix et construire une civilisation de la Miséricorde. Il poursuit ce qui a été lancé par Jean-Paul II au lendemain des attentats du 11 septembre. Il faut construire quelque chose de nouveau.

Ce concours de dates et d’événements m’interpelle. Tout nous oriente à aller voir ce qu’il se passe à Cracovie…

Christian de Chergé, prieur de Tibhirine, disait  : « Le monde serait moins désert si nous pouvions nous reconnaître une vocation commune, celle de multiplier au passage les fontaines de Miséricorde. »

La miséricorde n’a pas de couleur confessionnelle. Nous devons nous ressourcer à cette source commune. il y a un vrai enjeu.




Le dialogue interreligieux doit-il davantage s’engager ?


Plus que jamais nous avons besoin de dialogue interreligieux. On a peur quand on ne se connaît pas. Quand on se rencontre les peurs tombent et on trouve le chemin de fraternité.



Ces attentats ne semblent pas toujours favoriser ce dialogue, beaucoup de clichés sur la religion musulmane sont véhiculés…


En tant que prêtre et catholique, je suis toujours assez blessé quand nous sommes victimes de clichés. Je me mets à la place de mes amis musulmans, on ne doit pas faire à l’autre ce qu’on ne veut pas qu’on nous fasse.

Il faut entendre et écouter le musulman nous dire sa foi. Elle a un sens, on ne peut pas les enfermer dans des clichés. Nous devons nous mettre dans une écoute profonde pour nous connaître. Les relations interreligieuses sont importantes.




Que répondre aux réticents ?


Être chrétien, c’est devenir de plus en plus semblable à Jésus.

Et l’attitude de Jésus envers ceux qui lui ont fait du mal a été de donner sa vie pour eux.





Le 25 septembre, rencontre interreligieuse au sanctuaire d’Ars, présidée par le cardinal Barbarin avec Nassim Malka, rabbin, Azzedine Gaci, ancien responsable régional du culte musulman, et Mgr Henri Teissier, ancien archevêque d’Alger.




VN:F [1.8.4_1055]

Notez cet article

Partagez

... échangez, publiez cet article sur les sites où vous avez un compte personnel.

Le commentaires sont fermés.

  • Carnet

    Mon carnet du jour - Décès, naissances, mariages et publications

  • La Boutique

    La boutique Voix de l'Ain
  • Annonces de matchs USB

  • Seniors

  • Stage oenologie

    Stage oenologie
  • Maison Rêvée 2016

    Maisons rêvée 2016
  • Places JL Bourg

  • L’Aindex

    L'Aindex
  • Blog VA

    Les blogs Voix de l'Ain
  • Blog Nicolas Bernard

    Blog de Nicolas Bernard
  • Facebook

    Facebook Voix de l'Ain
  • Twitter

    Twitter Voix de l'Ain
  • Nos partenaires